SCENE I
POLISTRATE, DAIRE blessé a mort.
POLISTRATE.
Dieux, grans Dieux qui jamais, eût creu nôtre victoire, Auec si peu de peine emporter tant de gloire, Victoire sans combat & où les ennemis, D'eux-mêmes eff'royez, en fuite se sont mis, 97 Ce peu qui resistoit passe au fil de l'épée, Plutôt que Phœbus n'a parmy l'air dissipée. Quelque petite nuë à ses rais s'opposant, [60]
Et qui sert aux vaincœurs de spectacle plaisant. Ainsi que les bergers touchent parmy la plaine. Chacun séparément sa troupe porte-laine, 3 Vn seul de nos soldats chasse, emmeine captifs De gros scadrons entiers de Perses fugitifs, Tant le bon-heur du chef asseure son courage, 6 Tant ces panures vaincus appréhendent l'orage, Tant fortune désire vne vertu flater.
Qu'elle ne sçauroit plus en ruine éclater. 9 Mais vne ardante soif m'étouffe la parole, Et ce val écarté à son argille molle.
Aux palmiers verdoyans qui l'ombragent épois, 12 Sont les signes donnez du lieu propre où tu dois La source rencontrer qui ce tourment appaise: