‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 4)Chapitre 35 sur 242 · V. 1369—1407. TRAGEDIE · texte numérisé non relu

V. 1369—1407. TRAGEDIE

Vôtre clémence rare à celles adressée,

Que le sanj? & l'amour gardent en sa pensée, 71 Ne laisser impunis les auteurs de sa mort,

Veu que les plus grans Roys courent le même sort,

Sy quelque impunité ces crimes fauorise, 74 Ma dextre dans la sienne adonc de gage prise,

Ses yeux enueloppez d'vne éternelle nuit,

L'ame auec le sanglot qu'elle pousse s'enfuit, 77 Sire, voilà son cors qui mesure l'areine, [68]

Et vous donne du fait vne créance pleine.

Trop à ma volonté, qui ne souhaittoy pas 80 A ce Prince ennemy tel indigne trépas,

Qui ne puis que mon deuil ne setémoigne auxlarmes, Qui le couuriray mort de cette cotte d'armes, 83 Protestant immoler à ses mânes heureux.

Ce couple d'assassins qui fuit en vain, peureux, Pour qui n'a l'vniuers de retraite asseurée, 86 Vne peine exemplaire au forfait mesurée, Vn supplice inuenté qui s'égalle d'horreur, A sa plus que brutalle & damnable fureur. 89 Repose en cet espoir, vénérable Génie, Qui confirmes ma gloire en la tienne finie. Qui sçeus, comme le Ciel ne soutFre deux Soleils, 92 Ne même Empire aussi deux Monarques pareils. 0 grandeur périlleuse, ù marâtre fortune. Depuis que la vertu succombe à ta rancune, 95 Depuis que tu te plais à faire trébucher.

Ceux de qui le pouuoir semble aux Astres toucher. Plutôt que tes faneurs trompassent mon courage, 98 Me butine la parque en l'Auril de mon âge. Qr quelqu'vn de vous rende à la mère ce cors, Pours les derniers honneurs que désirent les mors, 1 Pour procurer (deuoir enjoint de la nature) A son fils trépassé, royale sépulture.

HEPHESTION. [69]

Sire, i'accompliray ce pieux mandement, 4 Qui la victoire acquise illustre grandement.

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