‹ Le théâtre d'Alexandre HardyChapitre 114 sur 220 · SCENE L · texte numérisé non relu

SCENE L

ARSACOME, NEPHELIE.

ARSACOME.

MAistre des [nimortels, Paphien que redoute Celuy qui les Tytans reuoltés mit en route; o Amour qu'iiy -je commis d'illicite vers toy?

Esclaue qui iamais ne te manquay de foy [3001

Qui chaque iour t'erige vn Autel dans mon ame, 6 Qui la tienne sans plus des Deitez réclame, Helas! dequoy peux-tu coupable ni'acouser, Poursuiuy des rigueurs dont il te plaist m'vser? 9 Estranger, inconnu, voila qu'vne Orithie M'estraint plus que Borée oncques en ma Scythie, D'Ambassadeur qui vient vn tribut demander,

12 le désire celuy de mes vœux hazarder, A toy belle Masée, à toy chaste Princesse, Qui depuis vn festin me tortures sans cesse,

15 Où tes yeux m'élançoient certains dards enflammez, Qui rauirent les miens de merueilles charmez,^ Depuis ie n'ay d'object que le tien qui me plaise,

18 Mon cœur vit de souspirs dedans vn sein de braise; Depuis i'ay négligé l'ambassade entrepris, Ma vie & mon honneur me tombent à mépris,

21 Tous mes pensers réduits à vn seul qui me ronge,

Et dans l'horreur en fin du desespoir me plonge; [301] Car déplorable Amant ie voy déjà le jour,

24 Qui me priue à la fois de lumière & d'amour, Demain le Roy son père en publique assemblée Donne, ô auare loy d'injustice comblée!

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