V. 841-881. TRAGEDIE
Que j'endure l'affront? ô gouffres de Tenare [1.59]
Kauissez-moy plustost à vostre Prince auare:
43 le n'affecte le jour qu'a cause de l'honneur. Et ne sçaurois souffrir compagnon, ny Seigneur : Au surplus dessus luy il m'a ja donné prise,
46 Perdant l'Occasion d'vne haute entreprise, L'Occasion qui n'a des cheueux que deuant, Et glissée vue fois remplit les mains de vent;
49 Mais il la vouloit perdre octroyant vne tréue De trente jours aux si ens, en leur crainte plus griéue ; Bien pris d'auoir pendant son siège transporté,
52 Permis Rome reprendre en toute liberté Ses esprits, son courage, & de viure munie, Mocquer nostre imprudence a juste droict punie :
55 La foy d'yn traistre est njalle^. il n'y a point d'arrest, De faire à tous^Tênuesme tl sera tousiours prest, Amorcé du rappel de son banc, c'est sans doute,
58 Que des Volsques bien-tost nous oirons la déroute, Qu'auteur de ce dommage on viendra m'accuser, Me meurtrir dans mon lit, mes lares embraser, [160J
61 Déloyal! Haste toy, si tu en as l'enuie; <^ Car ie feray de prés examiner ta vie ; le te donneray tant d'espions désormais,
64 Et tes gestes seront de tant d'yeux enfermez, Que difficilement tu ourdiras de trame.
Qu'à ta confusion, qu'a ton sanglant diffame :
67 Sinon ie te prépare vn tel piège au retour, -^' Que tu perdras ensemble & la gloire & le jour.