SCÈNE X ET DERNIÈRE M'»e AMBOISEL, MANON, M. COQUINON et sa suite
M"*« AMBOISEL
Monsieur Goquinon, je voudrais bien vous dire deux mots en particulier.
M. COQUINON
Très volontiers. (Aux arcAers.) Retirez-vous, vous autres.
M™6 AMBOISEL
Oh çà, monsieur Goquinon, n'y aurait-il pas moyen de vous accommoder? Vous savez que je vous ai payé toujours exactement, excepté ce mois-ci ; mais, foi de femme d'honneur, voilà deux louis que je devais vous envoyer aujourd'hui.
M. COQUINON
Deux louis, dites-vous, où sont-ils ?
M™6 AMBOISEL
Les voilà en deux pièces.
M. COQUINON
Tout cela est fort bien; mais il m'en faut encore autant pour mes vacations et pour les frais du procès-verbal que j'aurais dû faire.
go THEATRE d' AMOUR AU XYIII^ SIÈCLE
M'n« AMBOISEL
p]ncore deux louis ! monsieur Coquinon, c'est traiter une pauvre femme avec bien de la rig-ueur; en vérité, je vous ai donné tout mon vaillant, et il ne me reste pas un sol.
M. COQUINON
Qu'est-ce que cette jeune enfant?
jime AMBOISEL
C'est ma nièce, qui arrive de la province.
M. COQUINON
Et vous lui faites payer ainsi sa bienvenue? Elle est aimable, cette petite ?
M^e AMBOISEL
Et bien à votre service, monsieur Coquinon.
M. COQUINON
Mais n'est-elle point endommagée? Cet homme qui vient de sortir?
M"i'î AMBOISEL
U n'a pas eu le temps, monsieur Coquinon ; en vérité, je VOUS le jure.
M. COQUINON
Eh bien, je reviendrai demain matin, et nous verrons. Adieu, madame Amboisel.
M"»® AMBOISEL, à part.
Adieu, loup-g"arou, que Lucifer te confonde. (A sa nièce.) Passez dans l'autre chambre, petite effrontée, et voyons un peu ce qui vous fait tant crier. Vous donnerez bien de la peine à votre tante et vous ne vaudrez jamais rien.
Léandre-rianelte
ou
lie double Qui-pPo«qao