‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 54 sur 99 · SCÈNE X ET DERNIÈRE M'»e AMBOISEL, MANON, M. COQUINON et sa suite · texte numérisé non relu

SCÈNE X ET DERNIÈRE M'»e AMBOISEL, MANON, M. COQUINON et sa suite

M"*« AMBOISEL

Monsieur Goquinon, je voudrais bien vous dire deux mots en particulier.

M. COQUINON

Très volontiers. (Aux arcAers.) Retirez-vous, vous autres.

M™6 AMBOISEL

Oh çà, monsieur Goquinon, n'y aurait-il pas moyen de vous accommoder? Vous savez que je vous ai payé toujours exactement, excepté ce mois-ci ; mais, foi de femme d'honneur, voilà deux louis que je devais vous envoyer aujourd'hui.

M. COQUINON

Deux louis, dites-vous, où sont-ils ?

M™6 AMBOISEL

Les voilà en deux pièces.

M. COQUINON

Tout cela est fort bien; mais il m'en faut encore autant pour mes vacations et pour les frais du procès-verbal que j'aurais dû faire.

go THEATRE d' AMOUR AU XYIII^ SIÈCLE

M'n« AMBOISEL

p]ncore deux louis ! monsieur Coquinon, c'est traiter une pauvre femme avec bien de la rig-ueur; en vérité, je vous ai donné tout mon vaillant, et il ne me reste pas un sol.

M. COQUINON

Qu'est-ce que cette jeune enfant?

jime AMBOISEL

C'est ma nièce, qui arrive de la province.

M. COQUINON

Et vous lui faites payer ainsi sa bienvenue? Elle est aimable, cette petite ?

M^e AMBOISEL

Et bien à votre service, monsieur Coquinon.

M. COQUINON

Mais n'est-elle point endommagée? Cet homme qui vient de sortir?

M"i'î AMBOISEL

U n'a pas eu le temps, monsieur Coquinon ; en vérité, je VOUS le jure.

M. COQUINON

Eh bien, je reviendrai demain matin, et nous verrons. Adieu, madame Amboisel.

M"»® AMBOISEL, à part.

Adieu, loup-g"arou, que Lucifer te confonde. (A sa nièce.) Passez dans l'autre chambre, petite effrontée, et voyons un peu ce qui vous fait tant crier. Vous donnerez bien de la peine à votre tante et vous ne vaudrez jamais rien.

Léandre-rianelte

ou

lie double Qui-pPo«qao

Page 1