‹ Le théatre de l'âmeChapitre 18 sur 77 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

STÉPHANE, HEILER

IIEILER, accourant.

Stéphane! Stéphane! (ii le secoue.) Tu n'entends pas?

STÉPH.\NE, comme un homme qui se réveille.

Qu'ya-t-il'? Où suis-jo? Qui ôtes-vous?

HEILER

Pardieu! Je suis ton maitre, Christian Heiler, et toi, tu te caches dans ton maudit repaire. Voilà deux heures que je te cherche ! Qu"as-tu fait tout ce temps?

STÉPHANE

Je ne sais pas... je rô vais... je travaillais.

HEILER

Dépêche-toi et viens. Le luthier est mort. Marthe, désespérée, t'attend.

STÉPHANE

Quelle Marthe?

HEILER

Marthe Stromwald, ta fiancée. Grand Dieu ! Si tu ne viens pas la consoler ce soir, tu n'es qu'un misérable, et si tu n'en fais pas ta femme, je te renie!...

STÉPHANE

C'est vrai... j'oubliais...

(Il prend la rose à demi effeuillée sur le violon et la cache dans son sein.)

HEILER

Ah ça! qu'as-tu donc? Viendras-tu?

STÉPHANE se lève et met son chai>eau avec une résolution subite.

Oui, Marthe!... le travail... le devoir! (Passant la main sur son front.) Mais qui effacera jamais de mon front le baiser de la Roussalka?

(Il sort à pas rapides ]iar le fond.)

HEILER, resté seul.

Du génie?... peut-être... (iiochantia tète.) mais pas de méthode !

(Il sort à pas lents avec des gestes d'impatience.)

RIDEAU

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