JAGUARITA L'INDIENNE
Opéra comique cTHaliîvy.
Feuilleton de l'Étoile belge :
Nous voici clone dans la salle. — Traitée clans le style le plus riche du grand siècle, comme la salle de Versailles, elle est d'un aspect éblouissant et d'une dimension qui étonne, surtout après l'étendue du vestibule et du foyer. Cet effet grandiose provient de ce que le plafond recouvre tout le vaisseau ; le plafond d'avant-scène est supprimé. Cette disposition, en ajou-
Lucie de Lammermoor, opéra; — ier novembre, reprise de le Songe d'une nuit d'été, opéra comique ; — 5 novembre, reprise de le Caïd, opéra comique ; première représentation de Un jour de carnaval à Venise, ballet en 1 acte; — 13 novembre, première représentation de Miss Fauvette, opéra comique en 1 acte, de Carré et Barbier, musique de Victor Massé; — 16 novembre, reprise de Si fêtais Roi, opéra comique; — 20 novembre, reprise de Fra Diavolo, opéra comique ; — 29 novembre, représentation de la Grande Harmonie, Miss Fauvette, les Diamants de la Couronne ; — 4 décembre, reprise de le Comte Ory, opéra ; — du 14 au 30 décembre, 6 représentations de Mme Alboni, le Barbier de Séville, la Favorite.
1856. — 2 janvier, première représentation de le Muletier de Tolède, opéra comique en 3 actes, de Clairville, musique d'A. Adam ; — 12 janvier, premier bal paré; — 17 janvier, représentation de la Grande Harmonie, le Muletier de Tolède; — 6 février, première représentation de Jaguarita V Indienne, opéra comique en 3 actes, de Saint-Georges et de
tant au caractère imposant de l'ensemble, nous paraît devoir être en même temps très favorable à l'acoustique. Le chanteur, de cette façon, placé à la rampe, se trouvera dans la salle, et la remplira tout entière de l'éclat de son organe.
La salle est, comme le plafond, de forme elliptique, ce qui donne à tous les contours des galeries, une grâce que n'ont pas les salles circulaires. Les deux grandes loges d'avant-scène sont répétées dans la salle, ce qui la fait paraître complète, comme celle de l'Opéra.
Disons en passant que l'une des loges d'avant-scène est destinée au Roi, et l'autre au duc de Brabant. — Toutes deux ont des escaliers particuliers. Une des loges du rez-de-chaussée est réservée au bourgmestre ; une des deux autres grandes loges, au corps diplomatique.
Le plafond est traité dans le style Louis XIV. On sait que les architectes de cette époque cherchaient à relier leurs plafonds à l'architecture du vaisseau qu'ils recouvraient. M. Poelaert, sous ce rapport, a cherché à imiter Versailles. Au lieu de faire un plafond à caissons, il a placé un ciel sur des portiques et des colonnes en peinture, qui reposent sur une corniche dont les riches consoles sont dorées en or jaune et vert, selon l'usage du temps.
La salle se trouve donc prolongée en peinture, et la galerie qui surmonte la corniche est disposée en une courbe élégante et gracieuse.
Le plafond, au lieu de représenter ces banalités mythologiques dont on a tant abusé, a servi à retracer une idée toute nationale, et offre au spectateur la Belgique protégeant les arts. — La figure monumentale de la Belgique, due à l'habile crayon de M. Hendrickx, est assise sur un trône, au pied duquel le lion belge étend sa fauve majesté. A sa droite, est la Peinture, due au pinceau de M. Verheyden ; à sa gauche, la Musique, œuvre de M. Hamman. Les deux autres figures, la Sculpture et l'Architecture, sont de M. Ch. Wauters. Dans l'azur d'un ciel immense planent des génies ailés et des figures allégoriques, composés par MM. Nolot et Rubé, décorateurs de l'Opéra, qui ont exécuté toute cette partie de la décoration, pour laquelle les artistes belges que nous avons nommés se sont bornés à fournir des cartons.
Le manteau d'avant-scène est en velours cramoisi, aux plis cossus et sévères, surmontés de lambrequins en brocart d'or, portant les armes de la nation. Les draperies rouges des loges d'avant-scène forment de riches baldaquins, traités dans le style du temps de Louis XIV, et surmontés des armes de l'Etat et de la ville de Bruxelles.
La loge royale se complète par deux génies en or plein, qui supportent des faisceaux de lumière, répétés aux colonnes des trois autres grandes loges, qui montent des premières aux troisièmes, et sont surmontées d'un motif à entablement que supportent des groupes d'enfants sculptés. Cet entablement lui-même est couronné par de larges vases remplis de fleurs dorées.
La disposition générale de la salle est restée ce qu'elle était : loges de parterre, balcon, trois rangs de loges, et paradis. — Cette disposition n'est certes pas la plus favorable à la
Leuven, musique d'Halévy; — 13 février, reprise de Jérusalem, opéra; — 20 février, au bénéfice de Vizentini, Jaguarita V Indienne, opéra comique ; — 28 février, au bénéfice d'Edouard Letellier, jaguarita Vlndienne, opéra comique; — 3 mars, au bénéfice de M"c Lemaire, Jaguarita. Vlndienne, opéra comique ; — 5 mars, au bénéfice d'Aujac, la Juive; — 10 mars, au bénéfice de Carman, Guillaume Tell ; — 12 mars, représentation de Wienawski, violoniste ; — 13 mars, représentation de la Grande Harmonie, Jaguarita Vlndienne, opéra comique ; — 24 mars, ouverture de la nouvelle salle du Théâtre-Royal. Représentations extraordinaires après la saison théâtrale. 1856. — 15 juillet, réouverture à l'occasion des Fêtes Nationales ; reprise de les Huguenots , opéra; — 22 juillet, spectacle gala, la Juive, Ier acte; Cantate, Robert le Diable, 3me acte ; — 23 juillet, concert de Fétis ; — 24 juillet, Cantate, Guillaume Tell; — 28 juillet, fermeture.
beauté du coup d'œil. Les loges de parterre ne sont pas de nature à rehausser l'éclat de l'ensemble, et la saillie du balcon nuit toujours à la clarté d'une partie de la salle. Mais le public a ses habitudes faites, et il serait téméraire de chercher à les contrecarrer. Le dessin primitif a donc été maintenu, avec cette légère différence qu'un vaste amphithéâtre occupe le fond du troisième rang comme du quatrième.
Toute l'ornementation de la salle est en relief, modelée en sculptures massives, représentant des attributs de musique et des écussons, auxquels se mêlent des cartouches contenant des noms de grands artistes, et des groupes d'enfants prenant des attitudes diverses.
Dans tous les théâtres à balcon, celui-ci nuit généralement à la vue des spectateurs des premières. Il n'en sera pas ainsi à Bruxelles, et l'architecte a habilement triomphé de cette difficulté.
La balustrade des balcons est d'un rouge pâle sur lequel les ornements se détachent avec bonheur, tandis que le velours d'un rouge plus sombre qui tapisse le fond des loges est de nature à faire admirablement ressortir les toilettes.
Le meuble du balcon est en velours et or; un divan adossé aux loges forme le second rang.
Le balcon des secondes est conçu dans le même style opulent, et porte, au centre de chacune des trois faces de la salle, des cadres élégants contenani des tableaux qui représentent la Tragédie, la Musique et la Danse. Ces peintures sont l'œuvre de MM. Nolot et Rubé.
La décoration du troisième rang est en partie peinte, en partie sculptée ; les ornements sont riches encore, mais ici les sujets font défaut.
Toutes les loges de face, au premier et au second rang, ont de petits salons séparés par des draperies rouges de la plus grande richesse.
L'ameublement des stalles et du parquet est en velours rouge. Les fauteuils sont à bascule, ce qui doit faciliter la circulation, et l'on s'est résigné à sacrifier un certain espace pour la commodité des spectateurs.
Malgré ces précautions, la salle, qui ne contenait jadis que 1,200 personnes, en pourra contenir 1,700, les jours d'abonnement courant, et un plus grand nombre, les jours d'abonnement suspendu, le directeur ayant ces jours-là la faculté de placer plus de quatre spectateurs dans les loges.
Il nous faut dire un mot de l'éclairage. Nous avons mentionné les girandoles fixées aux avant-scènes. Un second rang de 8 girandoles sera établi au niveau des troisièmes loges. Vient ensuite le lustre, et ici nous placerons une légère critique. Ce lampadaire, suspendu au milieu d'un immense espace, manque de grandiose, paraît mesquin et insuffisant. L'ancien lustre était un lustre de palais, et non pas un lustre de théâtre. Il était splendide, mais il n'éclairait pas. Celui-ci éclairera peut-être, mais il ne produira pas d'effet. Nous ne croyons pas du reste qu'il ait été fait pour la salle, ou moulé d'après les dessins de l'architecte. Nous croyons plutôt qu'on Ta acheté tout fait, et c'est peut-être un tort. Certes, pour acquérir une œuvre pareille, il était inutile d'aller jusqu'à Paris, et les fabriques belges eussent livré mieux, peut-être à meilleur marché.
La scène est de dimensions très-vastes, et l'on a empiété, pour l'étendre, sur la galerie du fond. Aussi large que celle de l'Opéra», à peu de chose près aussi profonde, elle pourra servir à rendre les effets les plus puissants, et nous émettons, à ce propos, l'espoir que le régisseur et les machinistes chercheront à régler leurs dispositions de manière à rendre, mieux que dans le passé, l'illusion que le peintre a voulu produire. Rien nempêchera désormais que Ton apporte à la mise en scène toute la perfection qui, sous ce rapport, existe à Paris, même dans des théâtres secondaires.
Grâce aux améliorations sans nombre introduites dans ce vieil édifice, grâce à cette brillante renaissance accomplie sous l'inspiration habile d'un de nos concitoyens, et avec l'appui constant et fidèle de nos magistrats, la ville de Bruxelles se trouve posséder un théâtre digne de son rang de capitale d'un pays qui aime les arts et sait les honorer. Pour la richesse et le style, pour l'élégance et le confortable, nous n'avons plus rien à envier à des
cités rivâtes. Espérons que ceux à qui l'avenir réserve le privilège d'exploiter cette brillante enceinte sauront y convier la foule par l'attrait de leurs spectacles et la constance de leurs efforts.
Nous ne voulons pas devancer le jugement de l'opinion publique. Cette description succincte et fidèle n'est pas une réclame : M. Poelaert n'en a pas besoin. Mais nous croyons pouvoir lui prédire un grand et légitime succès. De ce succès nous serons heureux sans réserve, parce qu'il appartiendra tout entier à notre pays.
Espérons aussi qu'il nous sera pardonné, par qui de droit, d'avoir violé la plus féroce de toutes les consignes, pour soulever un coin de celte toile... qui n'est pas encore placée, et qui, — disons-le pour être complet, — sera rouge.
Louis Hymans.
Voilà donc la troupe définitivement réinstallée sur la place de la Monnaie.
Le 22 avril, Relâche /Mort d'Anna Lemaire.
En mai, « première » du Trouvère. L'opéra de Verdi n obtient qu'un médiocre succès. On trouvait généralement l'action peu compréhensible, — le livret obscur. L'année suivante, le Trouvère est représenté à l'Opéra, — aussitôt repris à la Monnaie; dès lors, il s'acclimate tellement à Bruxelles qu'il ne se passe guère d'année sans qu'on en donne quelques représentations.
Clôture, le 31 mai, par Guillaume Tell.
Bruxelles est en fête du 15 au 30 juillet, pour le 25™ anniversaire du règne de Léopold Ier.
Le Théâtre de la Monnaie, comme toujours, participe grandement à ces réjouissances publiques et, en spectacle-gala, fait entendre une cantate de circonstance, appelant la bénédiction du ciel sur le Roi des Belges. Cette composition était d'Hanssens ; sa réussite fut telle qu'on en demanda une deuxième exécution.
Le 23 : concert vocal et instrumental, sous la direction de M. Fétis, et, le 28, fermeture définitive.
MM. Théodore LETELLIER, directeur.
Monnier, régisseur général Alfred Bry, régisseur.
de Merckx, caissier-comptable.
Edouard Letellier, contrôleur, chargé de la location. Paul, secrétaire.
Schemelser, inspecteur.
Messieurs :
Wicart, premier ténor.
Aujac, | seconds ténors.
Forest, )
Carman, baryton.
Depoitier, première basse
Borsary, première basse, et forte seconde.
Darbay seconde basse.
Emile, troisième basse, et seconde.
Alexandre, troisième ténor, et coryphée.
Vax Goor, grand coryphée,
Grand opéra, Traductions.
Mesdames et Mesdemoiselles :
D'Hellens, première soprano, première chanteuse légère.
Vandenhaute, forte chanteuse.
D. Murât, Hambourg, Heilbronn, Louise,
Messieurs Blondeau, I
JOURDAN, j
Vandenbosch, coryphée ténnr
coryphées.
coryphées basses.
Opéra comique
Messieurs :
Montaubry, premier ténor.
Aujac, second ténor, et des premiers.
Mesdames et Mesdemoiselles :
De Maesen, première chanteuse légère.
DE Aynssa, première chanteuse.
Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : Forest, second ténor, Moreau-Sainti, Phi- D'Hellens, première chanteuse au besoin.
lippe. Hilaire, première Dugazon.
Barielle, première basse. Charles, deuxième première.
Borsary, basse comique, et première au Bourdais, deuxième Dugazon.
besoin. Muller, mère Dugazon.
Bourdais, ténor comique, Trial. Meuriot, duègne.
Mengal, Laruelte, basses tabliers. D. Murât, ) , ,
\ coryphées.
Darbay, troisième basse, et seconde. Hambourg, )
Emile, troisième ténor.
Ballet.
Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles :
Adrien, premier maître de ballet. Guichard, première danseuse en tous genres.
Rouquet, deuxième maître de ballet. Dupin, deuxième première danseuse en tous
Dewine, deuxième premier danseur. genres.
Ruby, jeune premier danseur comique. Billon, )
. , . ., ~ secondes danseuses.
Rouquet, danseur comique, rôles mimes. Naney Tenhagen, )
Koukelberg, rôles mimes. Zorn, troisième danseuse, et deuxième.
François, troisième danseur, et coryphée. Montassu, rôles mimes.
Corps de ballet.
Trente figurants et figurantes.
École de danse.
M. Rouquet, professeur.
Vingt-quatre élèves.
Orchestre.
MM. Ch.-L. HANSSENS, premier chef.
Bosselet, second chef.
Tourey, conduisant le ballet.
Fastré, organiste.
Murât, accompagnateur.
Mailly, souffleur.
Dans ce tableau, on ne remarque qu'un nom nouveau pour le grand opéra, celui de M"c d'Hellens, première chanteuse légère. Il y a des modifications plus importantes dans le personnel de Topera comique : Montaubry, premier ténor, déjà connu à Bruxelles ; Forest, second ténor; Mengal, laruette ; Mmc de Maésen, première chanteuse légère ; Mllc de Aynssa, qui n'avait paru sur aucune scène, etc. M. René remplaçait Vizentini dans les fonctions de régisseur général.
M"e de Maësen, qui a laissé un nom connu au théâtre, ne réussit pourtant pas. Elle est remplacée par Mme Rauis, qui échoue à son
tour. Viennent ensuite successivement : MMmea iYlénehaud, Marietta, Almonti, Céline Mathieu, qui subissent le même sort, et le répertoire allait se trouver compromis, lorsque Letellier réengage M"e Elmire, qui rentre en décembre. A Mmc Jolly succède M,,e dHellens.
Fin février, débute Anna Delly, qui est vertement chutée, donne lieu à des scènes tumultueuses, refuse de résilier, et se maintient jusqu'au retour de Marie Cabel.
Enregistrons aussi l'arrivée de Ledent, qui double Aujac.
Jusqu'ici, la faveur des abonnements à prix réduits n'était accordée qu'aux officiers de l'armée belge. Letellier étendit cette concession aux élèves de l'Université, — mesure dans laquelle il avait été devancé par les directeurs de Gand et de Liège.
Le 18 novembre, première représentation des Vêpres siciliennes, dont les répétitions avaient été présidées par Scribe et Verdi. Le succès fut fortement contesté dans la presse et 1 Uylenspiegel, qui publie un plaisant compte rendu, relève, entre autres anachronismes, celui du librettiste qui, au quatrième acte, parle « d'arquebuses allumées, cinquante ans avant l'invention de la poudre ! »
La campagne 1856-57 fut l'une des moins intéressantes à tous les points de vue, et s'acheva péniblement, le 31 mai.
Deux jours avant la clôture, une foule énorme s'était portée vers l'église SS. Michel et Gudule, où un service anniversaire était célébré à la mémoire d'Anna Lemaire. Montaubry et Depoitier s'y firent entendre, ainsi que l'orchestre conduit par Hanssens.
Un concert est donné le 29 juillet, en présence de la Famille Royale.
Artistes : Mmes Artot; Cabel.
MM. Wicart; Carman ; Depoitier; J. Blaes ; Servais; Vieuxtemps.
En août, le Conseil Communal nomme Quélus directeur de la Monnaie, à partir de septembre 1858.
Les soumissions adressées à l'Hôtel-de-Ville avaient été nombreuses :
MM. Maurice Bouquet, homme de lettres, à Marseille, associé pour le théâtre de cette ville avec M. Tronchet ; — Bocage, qui avait dirigé l'Odéon (1848-49) ; —Quélus, directeur des Galeries; — Lecosers, ancien directeur du Théâtre Lyrique et du Vaudeville ; — Robert de Rolecourt, directeur du Théâtre de Liège; — Louis Roland, ancien directeur à Nantes et à Lille ; — Ricard, ancien directeur à Lille et à Liège.
Premières Représentations.
1856. 30 septembre. — Le Château en loterie,
opéra comique en 1 acte, de Gaffé, musique cle Fastré.
18 novembre. — Les Vêpres Siciliennes, opéra en 5 actes, cle Scribe et Duveyrier, musique cle Verdi. (Wicart, Carman, Depoitier et Mme Vandenhaute.)
25 novembre. — Le Farfadet, opéra comique en 1 acte, de Planard, musique d'A. Adam.
Marcelin MM. Carman.
Basticn Aujac
Le Bailli Borsary.
Babet Mmes Hilaire.
Laureltc Charvet.
1857. 13 février. — Les Sabots de la Marquise, opéra comique en 1 acte, de J. Barbier et M. Carré, musique de E. Boulanger. (Carman, Fay, Mmes de Aynssa, Hilaire.)
22 mai. — Spadillo le Tavernier, opéra comique en 1 acte, de Michaels, musique de Vivier.
Répertoire (reprises).
Les Huguenots.
Les Mousquetaires de la Reine.
Guillaume Tell.
La Dame Blanche.
Les Diamants de la Couronne.
La Fille du Régiment.
Le Songe d'une Nuit d'été.
La Juive.
Le Caïd.
Le Toréador.
La Muette de Porlici.
Le Domino Noir.
Le Postillon de Lonjumeau.
Si j'étais Roi !
Le Barbier.
Le Nouveau Seigneur.
Haydée.
Polichinelle.
L'Ambassadrice.
La Part du Diable.
Le Comte Ory.
La Reine de Chypre.
La Favorite.
Zampa.
Le Prophète.
Ne touchez pas à la Reine.
L'Éclair.
Ballets.
1856. 8 septembre. — Le Satyre et les Napées,
1 acte.
1857. 28 janvier. — Yvonnette, 1 acte.
23 février. — Les Naufragés, 1 acte.
27 mai. — Le Diablotin, 2 actes, d'ADRiEN.
Ballets.
Giselle.
Les Deux bouquets.
Le Diable à quatre.
Les Amoureux de Jeannette.
La Fille mal gardée.
Remplacements d'Artistes.
yjmes (je Maesen remplacée par MIlfs Rauis.
Rauis » Menehoud.
Menehoud » Mar. Almonti.
Mariette Almonti » Cél. Mathieu.
Céline Mathieu » Elvire.
Centrée de Mme Marie Cabel.
Début de Ledent, second ténor.
Artiste en Représentations.
1856. 21 novembre. — Vincent Colasanti, professeur d'ophicléide.
Recettes.
[856. Septembre fr. 46,196 25
Octobre 33,615 75
Novembre 35,906 »
Décembre 35,525 75
[857. Janvier 33-941 75
Février 42,019 75
Mars 33,027 »
Avril 30,957 >»
Mai 37,775 25
Subvention . 80,000 »
Représentations Extraordinaires.
1856. 4 décembre. — Grande Harmonie.
Haydèe fr. 1,500 »
18 décembre. — Philharmonie . . . 1,500 »
27 décembre. — Spectacle gala, en présence du Roi et du duc Maximilien.
Les Vêpres Siciliennes 4,933 5°
1857. 22 janvier. — Grande Harmonie.
Zampa, Yvonnette 1,500 »
12 janvier. — Bénéfice d'E. Letellier. Le
Prophète 4,082 »
4 mars. — Bénéfice de René. Le Prophète 2,121 75
9 mars. — Bénéfice d'Aujac. Le Prophète ï>5°9 75
12 mars. — Philharmonie. Si j'étais Roi,
Les Meuniers *,5oo »
31 mars. — Bénéfice de Carman. Guillaume Tell 2,435 5°
16 avril. — Grande Harmonie. Le Prophète 1,800 »
28 avril. — Bénéfice de Barielle . . . 1,665 75
19 mai. — Bénéfice de Hanssens . . . 1,819 75
26 mai. — Bénéfice de Mlle Elmire . . 1,213 5°
28 mai. — Bénéfice des pauvres honteux 2,233 5°
gfe^° Y N V " Y Y~Y ?~T~Y
MM. Théodore LETELLIER, directeur. Alfred Bry, régisseur.
de Merckx, caissier-comptable.
Kdouard Letellier, contrôleur, chargé de la location. Paul, secrétaire.
Schemelser, inspecteur.
seconds ténors.
Messieurs :
Wicart, premier ténor Aujac, Killy, Carman, baryton.
Depoitier, première basse.
Filliol, première basse, et forte seconde Borsary, seconde basse.
Darbay, troisième basse, et seconde.
Emile, troisième ténor, et coryphée.
Fortuné, grand coryphée.
Grand opéra, Traductions.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Barbot, première soprano, première chan-
chanteuses doubles.
teuse légère.
de aynssa, ) Feitlinger, ) Elmire, forte chanteuse, Stoltz.
Vandenhaute, forte chanteuse. Fakon.
D. Mt'RAT,
Eugénie,
Heilbronn,
Henriette,
Opéra comique.
Messieurs :
Montaubry, premier ténor.
Aujac, second ténor et des premiers.
Killy, second ténor, Moreau-Sainti, Philippe.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Barbot, première chanteuse légère.
de Aynssa, première chanteuse.
Feitlinger, forte première Dugazon, jeune première chanteuse.
Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles :
Filliol, première basse. Cèbe, deuxième première Dugazon. Borsary, basse comique, et première au Augusta Colas, jeune Dugazon.
besoin. Muller, mère Dugazon.
Gourdon, ténor comique, Trial. Meuriot, duègne.
Lavergne, Laruette, basses tabliers. D. Murât, \
Darbay, troisième basse et seconde. Hambourg, V coryphées.
Emile, troisième ténor. Eugénie /
Vandenbosch, grande utilité.
Lefèvre, premier maître de ballet. Lisereux, première danseuse noble.
Rouquet. deuxième maître de ballet Betton, deuxième première danseuse, demi-
Gredelue, premier danseur. caractère.
Vincent, deuxième premier danseur. Combes, seconde danseuse, première au
Soria, troisième danseur, et deuxième. besoin en tous genres.
Ruby, jeune premier danseur comique. Buisseret, )
Ri -1 . . t-. 1 secondes danseuses.
ouquet, danseur comique, rôles mimes. Adèle Ferrus, )
Koukelberg, rôles mimes. Pauline, )
xr . • •' 1 1 . „, troisièmes danseuses.
François, troisième danseur, et coryphée. Wolf, )
Montassu, rôles mimes.
Corps de ballet.
Trente figurants et figurantes.
École de danse.
M. Rouquet, professeur.
Vingt-quatre élèves.
Orchestre.
MM. Ch.-L. HANSSENS, premier chef.
Bosselet, second chef.
Tourey, conduisant le ballet.
Fastré, organiste, Murât, accompagnateur.
Mailly, souffleur.
Killy était un jeune ténor qu'on avait remarqué, Tannée précédente, au Théâtre des Nouveautés. Il était engagé pour seconder Aujac.
Filliol remplace Barielle, qui venait de débuter, avec succès, à l Opéra-Comique, dans les Mousquetaires de la Reine. Parmi les débutants on remarque encore la chanteuse légère Mme Barbot, qui est encore aujourd'hui au théâtre, où elle a pris l'emploi des duègnes, et le trial Gourdon, qui entra plus tard à l'Opéra-Comique en qualité de laruette.
Le personnel du ballet est presque entièrement renouvelé.
Carman, Wicart et Depoitier, les trois inséparables, contractent,
ainsi que Montaubry, MMmes Vandenhaute, Elmire et Cèbe, un engagement avec le futur directeur Quélus pour la campagne 1858-59.
L'une des premières reprises est celle de la Reine de Chypre. Ici, un léger incident : On connaît le fameux duo où se trouve la phrase « Triste exilé », chantée d'abord par le baryton, puis par le ténor. Carman et Wicart en étaient les interprètes. Ce dernier avait l'habitude de remonter la scène, soit pour arranger une partie de son costume, soit pour chasser la salive, qui souvent est trop abondante chez certains chanteurs, et il choisissait de préférence, pour son petit manège, le moment où son partenaire disait la phrase. Carman avait enduré cet accroc à la vérité scénique, tout en maugréant contre l'artiste qui en prenait tant à son aise. Enfin, à la quatrième représentation, il n'y tint plus. Il s'arrête au milieu de la mélodie, va chercher Wicart, le prend par la main, et l'ayant ramené devant le trou du souffleur, lui dit, du ton le plus naturel : «Pardon, monsieur, c'est à vous que s'adresse ce que je chante! » Et il reprend le motif, suivi par l'orchestre, devant le public ébahi, qui ne souffle mot.
Cet incident n'altère en rien, du reste, les bonnes relations des deux camarades, qui ne tardent pas à l'oublier. Mais Wicart ne recommença plus.
On trouvera ci-contre deux autographes, dont les originaux nous ont été communiqués par M. Letellier.
Le 4 décembre, on donnait Haydée, et les A moureux de Jeannette, ballet, pour la Grande Harmonie. Cette société musicale avait l'habitude, — conservée depuis, — d'acheter quelques représentations chaque année; c'est-à-dire que, pour une somme fixée par le directeur et par la société, — celle-ci disposait du spectacle et du théâtre, qu'elle pouvait garnir à son gré.
Or, ce soir-là, la salle était bondée. On sait que, vers la fin du deuxième acte & Haydée, éclate un grand tutti, immédiatement suivi d'un pianissimo, très inattendu. Dans ce silence, on entendit, aux quatrièmes galeries, une voix féminine s'écrier : « Maman, c'est plus dormir, savez-vons ? ça va finir ! » On juge de l'effet produit, dans le public et même parmi les artistes, par cette boutade lancée avec l'accent flamand le plus pur !
Le 20 janvier, apparaît le Trouvère, nouvelle version, d'après la traduction de Pacini, représentée à l'Opéra de Paris.
Dans le ballet Marco Bomba, donné le Ier février, le danseur comique Ruby faisait une chute qui était accompagnée d'un coup
*A4 ù te A *-e*v
<£«*, <* ot7o&L^. /Sçy
^oot^a f &l o>o «^w4ii ity?-
Jilc^ JLx. <#^/>W
oLL»-. •eu h
ÂWC^ 9//*-** ~ k+**v «
'JCÏcÀJLs l*U-i m-* »v«-t-*v/- ^)«L VV/-»
"yt^fsjt^h - two,' ^<*a- n^. tv»-©/— v«<- <à«~A&j\} — 9 <- £•-/•- c-t-c/v*?/
Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1857-58. }j'>
retentissant de tam-tam. Le musicien chargé d'ordinaire de ce rôle instrumental a souvent des loisirs, et prend la douce habitude de passer presque toutes ses soirées dans une somnolence que les artistes pourraient prendre pour une opinion. Un abonné charitable, dont le fauteuil était derrière l'instrumentiste, pria un jour celui-ci de ne pas interrompre son somme, et se chargea de donner lui-même le coup de tam-tam. Mais le mouvement avait été remarqué. A la représentation suivante, un autre habitué voulut obtenir Thonneur de faire sa partie dans lorchestre. Puis, ce fut un troisième amateur, et, finalement, on se bouscula pour arriver au moment au forte. Ces scènes animaient un peu le coin des abonnés, dont la plupart imitaient souvent l'exemple du musicien, et qui furent tenus en éveil pendant quelque temps. Ce qu'il y a de plus curieux, c'est que, un soir, le sieur W..., dans sa précipitation à passer avant les autres, lança à toute volée le coup de tam-tam trois mesures trop tôt.
Parmi les « premières » : Maître Pathelin, les Dragons de Villa r s et Martha. Dans l'opéra de Flotow, Depoitier jouait Plumkett. 11 avait consciencieusement appris à filer, et son rouet eut autant de succès que les « couplets du Houblon ».
On donna encore H er mol d-le- Normand, opéra en un acte du cru. La musique était d'Agniez, qui se fît appeler plus tard Agnesi, au Théâtre Italien, où il chantait les basses.
Puis, le 19 avril, Sainte-Claire, opéra en trois actes, traduit de l'allemand par Gustave Oppelt, musique du Prince Ernest de Saxe- Cobourg-Gotha. Cette production fut jouée quatre fois.
Letellier et Hanssens reçurent l'Ordre de Saxe-Cobourg. Le régisseur René eut aussi une distinction ; mais il la trouva probablement indigne des soins qu'il avait mis à monter cette pièce, car il n'en parla pas, et on ne la découvrit que plus tard, abandonnée dans un tiroir de sa loge : c'était une médaille de sauvetage !
La clôture de l'année et la fin de l'exploitation Letellier sont poulie directeur l'occasion de nombreux témoignages de sympathie. Letellier, qui avait quelque peu régénéré le Théâtre Royal et l'avait su conduire pendant dix années consécutives, fut accueilli par des applaudissements enthousiastes, à la fin de la dernière représentation, lorsque Mme Barbot et Montaubry le traînèrent en scène.
L'orchestre et les chœurs se joignirent à cette manifestation, en donnant une sérénade sous ses fenêtres, rue des Princes.
Premières Représentations.
1857. ier décembre. — Maître Pathelin. opéra comique en 1 ecte, de Leuven et Langlé, musique de Bazin.
1858. 20 janvier. — Le Trouvère, opéra en 4 actes, musique de Verdi, remanié d'après ladernière version de l'opéra.
Manrique MM. Wicart.
Le comte de Luna . . . Carman.
Fernand Depoitier.
Ruiz Emile.
Lconorc Mmcs Vandenhaute.
Azucéna Barbot.
ier février. — Le Mariage extravagant, opéra comique en 1 acte, de Cormon, musique d'E. Gautier.
13 février. — Martha ou le marché de Richemont, opéra comique en 3 actes, de Friederick, musique de F. de Flotow, — première représentation de la version française, par Danglas.
Lionel MM. Montaubry.
Plumkctt Depoitier.
Tristan Fillioï..
Lady Henriette Mmes Barbot.
Nancy de Aynssa.
16 mars. — Hermold-le-Normand, opéra en 1 acte (créé à Bruxelles), de Michaéls, musique
d'AGNIEZ.
19 avril. — Sainte-Claire, opéra en 3 actes, de G. Oppelt, musique de S. A. Mgr le Duc de Saxe-Cobourg-Gotha.
13 mai. — Les Dragons de Villars, opéra comique en 3 actes, de Cormon et Lockroy, musique d'AiMÉ Maillart.
Bcllamy MM. Carman.
Sylvain. . .
Thibault . .
I n Pasteur .
Rose Friquet .
Georgettc . .
Mmc
Montaubry.
Golrdon.
Borsary.
Barbot.
Feiti.inceu.
Répertoire (reprises).
La Reine de Chypre.
Les Mousquetaires de la Reine.
Jérusalem.
Domino noir
Le Bouffe et le Tailleur.
La Dame blanche.
Les Diamants de la Couronne.
Haydèe.
Le Songe d'tine Nuit d'été.
La Juive.
Le Toréador.
Le Caïd.
Robert le Diable.
La Favorite.
Le Prophète.
La Fille du Régiment.
Les Huguenots
Le Postillon de Lonjumeau.
Fra Diavolo.
L'Etoile du Nord.
Les Vêpres Siciliennes.
Le Farfadet.
La Fanchonnette.
Guillaume Tell.
Le Comte Ory.
Zampa.
La Muette de Portici.
Joconde.
V Éclair.
Ballets.
1857. 7 décembre. — Chloris à la Cour de Diane, 2 actes.
1858. 19 mai. — Une fête Andalouse, 1 acte, de Leièvre, musique de Sciiozdopole.
Ballets.
Giselle.
Les Meuniers.
Le Diable à quatre.
Les Amoureux de Jeannette.
Ondine.
Remplacements d'Artistes.
Lavergne, remplacé par Mlles Guillemet. Guillemet, » Mengal.
Betton, » Lamoureux.
Lamoureux » Ortot
Artiste en Représentations.
VlIle Champon, pianiste.
Recettes.
1857. Septembre fr. 45.7'3 75
Octobre 37,864 75
Novembre 37*837 »
Décembre 33,346 75
1858. Janvier 38,696 25
Février 4V71 5°
Mars 34>6i6 75
Avril 34.9°8 75
Subvention 80,000 »
Représentations Extraordinaires.
1857. 19 novembre — Grande Harmonie.
Fra Diavolo. fr. 1,500 »
3 décembre. — Philharmonie. La Fanchonnette 1,500 »
7 décembre. — Grande Harmonie.
Ilaydée '55°° B
17 décembre. — Spectacle gala en présence de la Duchesse de Brabant.
1858 7 janvier. — Grande Harmonie.
Joconde 1,500 »
10 janvier. — Par ordre. Le comte, Ory. 3,027 » 14 janvier. — Par ordre (le Duc de Brabant) L'Etoile du Nord.
17 janvier. — Par ordre (la Duchesse de Brabant). Haydée.
24 janvier. — Par ordre. Zctmpa . . . 3,325 75
4 février. — Bénéfice d'Ed. Lelellier.
Le Trouvère . 4,659 50
4 mars. — Philharmonie. Le comte Ory. 1,500 »
14 mars. — Par ordre .Martha . . . 4,018 »
18 mars. — Bénéfice de Mlle Elmire. Le Trouvère 1,698 50
25 mars. — Par ordre. Fra Diavolo, Hermold.
8 avril. — Philharmonie. — Zampa . . 1,500 » 13 avril. — Bénéfice de Rouqueplan.
Les Mousquetaires de la Reine. . . 596 »
1 5 avril. — Bénéfice des pauvres honteux. Martha. Les Amoureux de Jeannette. 1,800 »
19 avril. — Spectacle gala en présence du Duc et de la Duchesse de Brabant.
Sainte-Claire (première représentation).
28 avril. — Bénéfice de Hanssens. Le
Trouvère !>425 75
10 mai, — Bénénce de Gorman. Guillaume Tell 2,925 »
13 mai.— Bénéfice de Rénc. Les Dragons
de Villars 2,716 »
19 mai — Bénéfice d'Aujac. Le comU
Ory »,639 5°
26 mai. — Bénéfice de Paul Camut.
Guillaume Tell 2,087 50
27 mai. — Bénéfice de Bursarv. Les Dragons de Villars 1,800 »
••Vf
É^ÇT -
MM. J.-B. QUELUS, directeur.
A. Mayer, régisseur général.
Alfred Bry, régisseur.
Gabriel, régisseur des chœur?.
Royer, secrétaire et inspecteur du service de la salle.
de Merckx, caissier-comptable.
Edouard Letellier, contrôleur, chargé de la location.
Blum, percepteur de l'abonnement.
Charles Haeck, machiniste en chef.
Feignaert, costumier.
Bardin, coiffeur.
Mmc Caroline, costumière.
Grand opéra, Traductions.
seconds, et troisièmes ténors.
Messieurs :
Wicart, premier ténor.
Aujac, second ténor.
KlLLY, j|
Petit, )
Carman, baryton.
Depoitier, première basse.
Van Hufflen, première basse, et forte
seconde. Borsary, seconde basse.
Darbay, troisième basse, et seconde.
Mesdames et Mesdemoiselles :
de Jolly, première soprano, première chanteuse légère.
de Ayssan, ) . , 1 ,
chanteuses doubles.
Peitlinger, )
VaNdeNhaute, forte chanteuse, Falcon.
Elmire, forte chanteuse, Stoltz.
D. Murât,
Eugénie,
Heilbronn,
Henriette,
coryphées.
Messieurs :
J. Vrijdagh, troisième ténor, et grand coryphée.
J. Vandenbosch, coryphée ténor.
Vangoor, coryphée basse.
Blondeau, )
Seure, ) coryPhées bass«.
Vandenbosch, coryphée.
Opéra comique.
Messieurs :
Monjauze, premier ténor.
Aujac, second ténor, et des premiers.
Killy, second ténor, Moreau-Sainti, Philippe.
Van Hufflen, première basse.
Borsary, basse comique, et première au
besoin.
Gourdon, ténor comique, Trial.
Mengal, Laruette, basses tabliers.
Darbay, troisième basse, et seconde.
J. Vrydagh, troisième ténor.
Vandenbosch, grande utilité.
Mesdames et Mesdemoiselles :
de Jolly, première chanteuse légère.
de Aynssa, première chanteuse.
Feitlinger, forte première Dugazon, jeune
première chanteuse.
Cèbe, deuxième première Dugazon.
A. Gros, mère Dugazon.
Meuriot, duègne.
A. Murât, J Henriette, > coryphées. Eugénie, l
Ballet.
Messieurs :
Desplaces, premier maître de ballet.
Rouquet, deuxième maître de ballet.
Gredelue, premier danseur.
Vincent, deuxième premier danseur.
A. Van Hamme, troisième danseur, et deuxième.
Laurençon, jeune premier danseur comique. Rouquet, danseur comique, rôles mimes.
Koukelberg, rôles mimes.
François, troisième danseur coryphée.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Gredelue-Lizereux, première danseuse noble.
Dor, deuxième première danseuse, demicaractère.
Bertha, seconde danseuse, première au besoin, tous genres.
Petit,
Adèle Ferrus,
Pépita Rouquet, troisième danseuse.
Triponetti, ) . ,
\ coryphées.
VlRG. 1 RIBOUT, )
Montassu, rôles mimes.
secondes danseuses.
Corps de ballet.
Trente-deux figurants et figurantes.
École de danse.
M. Rouquet, professeur.
Vingt-quatre élèves.
Orchestre.
MM. Ch.-L. HANSSENS, premier chef.
Bosselet, second chef.
de Greef, conduisant le ballet.
Edouard, organiste-accompagnateur.
Adolphe- Jean-Baptiste Grognier dit Quélus, né à Aurillac (Cantal), le 14 janvier 181 3, était un ancien marin, devenu premier rôle de drames à la suite de circonstances bizarres. Il dirigea aussi le Théâtre des Galeries, et fut nommé professeur de déclamation au Conservatoire Royal de Bruxelles, où sa classe était très suivie. Il a laissé plusieurs ouvrages, entre autres une brochure assez remarquable sur Fart dramatique. Il avait obtenu l'indigénat belge et il est mort le 14 décembre 1883.
Quélus fît l'ouverture du théâtre, le ier septembre, par les Huguenots. Rentrée de Carman, Wicart et Depoitier; Mmes Vandenhaute et Feitlinger : début de Mme de Jolly (Marguerite) et de Van Hufflen (Saint-Bris).
La troupe d'opéra comique commence par la Sirène, où Monjauze débute avec éclat. C'était un élégant cavalier, un comédien charmant, un chanteur de goût et d'expression ; la voix peu volumineuse, mais d'un timbre plein de fraîcheur. Outre de fort beaux appointements, il pouvait disposer de trente mille livres de rentes, possédait maison à la ville, maison à la campagne, chevaux et voitures : un artiste peu ordinaire, comme on le voit.
Quentin Durward, l'opéra de Gevaert, qui avait remporté un si brillant succès à Paris, est mis à l'étude. Aujac devait représenter Louis XI, personnage très difficile à incarner; il fit le voyage de Paris pour prendre les conseils de Couderc, créateur du rôle. L'administration régla la mise en scène avec le plus grand soin, et Quentin Durward obtint en Belgique le même triomphe qu'en France.
Carman jouait Crèvecœur, rôle créé par Faure. Son succès n'atteignit pas tout ce qu'on était en droit d'espérer, tandis qu'il voyait, à ses côtés, Mengal soulever la salle dans le rôle de Prilleux : Pavillon, qu'il interprétait avec l'accent... marollien. Pour imiter le créateur, doué d'un embonpoint respectable, Mengal s'était affublé d'un faux ventre. « Parbleu! » s'écria un jour l'irascible Carman, « tu as du succès, grâce au ventre de Prilleux! » — « Oui, mon ami, » riposte Mengal, « mais tu ne ferais pas mal d'endosser la cuirasse de Faure! »
Quélus était favorable aux compositeurs belges, car après Quentin Durlvard il donne l'Eau merveilleuse, de Grisar, opéra bouffe en 2 actes, qu'on avait joué pour la première fois à Bruxelles, en 1839^ et que le public retrouve maintenant sous la forme d'un opéra comique en un acte. Mais cette œuvre ne vit pas longtemps le feu de la rampe.
Rigoletto ne tarde pas à subir le même échec. Paris avait applaudi, Tannée précédente, l'œuvre de Verdi; mais Bruxelles ne ratifia point ce jugement, et, malgré le talent des interprètes, la pièce tomba. Cependant, cette rigueur ne fut pas de longue durée, car, depuis, Rigoletto a été repris bien souvent à la Monnaie.
La Demoiselle d'honneur, de Semet, ne trouve pas grâce non plus devant le public. Dès le premier acte, les murmures, les trépignements, les acclamations dérisoires déconcertent les artistes, et le tumulte ne fait que croître jusqu'à la chute du rideau, qui déchaîne une véritable tempête de sifflets. Cette représentation n'eut pas de lendemain...
Il faut s'empresser de constater le chaleureux accueil fait à la comédie de Molière : Le Médecin malgré lui, mis en musique par Counod, et à Stradella, opéra en 3 actes, de Flotow.
Le 6 mars, pour la représentation des Artisans réunis, exécution triomphale d'un chœur chinois, avec des costumes chinois et des gestes... plus chinois encore. La musique était du chef d'orchestre Bosselet; le titre de l'œuvre Cahin-caha.
La saison se termine par une brillante série de représentations de Mlle Artot, cantatrice belge.
Plus de zjo ouvrages lyriques, dont 8 nouveaux, avaient été exécutés pendant cette campagne. On avait donné 229 représentations, 1 19 pour les abonnés.
Quentin Durmard avait été la pièce... de résistance.
MM. Monjauze.
Aujac Carman.
Mengal.
Van Hufflen.
BORSAHY.
Goi RDON.
Premières Représentations.
1858. 5 octobre. — Quentin Durward, opéra comique en 3 actes, de Cormon et Carré, musique de Gevaert.
Quentin Durward. . . .
Louis XI
Crèveeœur
Pavillon
Lesly le balafré ....
Tristan l'Ermite ....
Lcmaugrabin
Isabelle Mmes 1)E J0lly.
Ameline. . Meuriot.
Rispah Cèbe.
29 novembre. — Rigoletto, opéra en 3 actes,
adaptation d'EDOUARD Duprez, musique de Verdi.
Rigoletto MM. Carman.
Le Duc Wicart.
Sparafucile Depoitier.
Monterone Borsary.
Borsa Krydagh.
Gilda Mmes Yandenhaute.
Madeleine Meuriot.
2 décembre. — Les Chaises à Porteurs, opéra comique en 1 acte, de Dumanoir et Clairville, musique de V. Massé.
1859. 3 janvier. — Les Désespérés, opéra comique en 1 acte de de Leuven et J. Moinaux, musique de Bazin.
31 janvier. — La Demoiselle d'honneur, opéra
comique en 3 actes, de Mestépès et Kauffmann,
musique de Semet.
25 février. — Le Médecin malgré lui, opéra
comique en 3 actes, d'après Molière, par Carré
et Barbier, musique de Gounod.
MM
Sagna relie Léandrc.
Lucas , Valère .
Gérontc .
Jacqueline Martine.
Carman.
Aujac.
Gourdon.
Borsary.
Mengal.
Mmes Feitlinger.
Cèbe.
7 mars. — Stradella, opéra en 3 actes, de G. Oppei.t et P. Royer, musique de Flotow.
25 avril. — La Esmeralda, opéra en 4 actes, de V. Hugo, musique de Lebeau.
6 mars. — Cahin-caha, chœurs de Bosselet.
Répertoire (reprises).
Les Huguenots.
Le Chalet.
La Fanchonnette.
La Juive.
La Reine de Chypre.
La Fille du Régiment.
La Sirène.
Le Trouvère.
Le Barbier.
Robert le Diable.
Le Toréador.
Le Mariage extravagant.
Guillaume Tell.
Le Pré-aux-Clercs
Le Prophète.
La Favorite.
Le Domino noir.
UEau merveilleuse.
Les Mousquetaires de la Reine.
Lucie de Lammermoor.
Jérusalem.
Les Diamants de la Couronne.
La Dame Blanche.
Le Caïd.
Brésilienne.
Le Cheval de Bronze
Haydèe.
Le Diable à quatre.
La Fête du Village voisin.
Martha.
Ballets.
1858. 14 septembre. — L'Ecossaise, 1 acte.
8 novembre. — Faust et Marguerite, 2 actes,
de Panizza.
icr décembre. — La Brésilienne, 1 acte.
1859. 2 février. — Une Nuit de Folie, 1 acte. 25 mars. — La Fée aux Perles, 2 actes.
Ballets.
Le Postillon et la Vivandière.
L'Ecossaise.
Giselle.
Ondine.
Les Tableaux parlants.
Remplacements d'Artistes.
Killy échoue.
Barbot débute comme doublure de Monjauze.
Artistes en Représentations.
9 mars 1858. — Concert de Mlle D. Champon, pianiste.
Du 12 avril au 5 mai 1859. — Mlle Artot, de l'Académie de Musique. (Recettes 19,552 francs.)
Recettes.
1858. Septembre fr. 49,371 75
Octobre 49,657 25
Novembre 40,854 »
Décembre 45,99* »
1859. Janvier 49,269 25
Février 39,120 75
Mars 45,831 25
Avril 41,865 50
Mai 32,781 50
Subvention 80,000 »
Représentations Extraordinaires.
18 novembre 1858. — Grande Harmonie.
Quentin Durward fr. 1,500 »
30 novembre. — Philharmonie. Quentin
Durward 1,500 »
21 décembre. — Grande Harmonie. Le
Caïd; Faust lf^O0 „
3 janvier 1859 — Bénéfice de Adolphe.
Le Cheval de Bronze 3,344 25
17 janvier — Bénéfice de Carman. Guillaume Tell.
1er février. — Bénéfice de MUe Elmire.
Le Prophète. 2,488 »
8 février. — Philharmonie. Le Cheval
de Bronze 1,500 »
16 février. — Bénéfice de Mme Vanden-
haute. Les Huguenots 2,376 »
17 février. — Grande Harmonie. Le Cheval de Bronze 1 ^500 »
3 mars. — Bénéfice des pauvres honteux.
Le Médecin malgré lui 3,333 B
10 mars. — Bénéfice de Hanssens. Stra-
della 1,878 »
17 mars. — Bénéfice d'E. Letellier. Stra-
della 4,363 75
22 mars. — Philharmonie. Guillaume
Tell 1,800 »
23 mars — Bénéfice de Desplaces. Le
Cheval de Bronze 2,474 »
ier avril. — Bénéfice de Bosselet. Stradella 2,077 25
12 avril. — Philanthropie. Le Barbier . 4,840 50
3 mai. — Grande Harmonie. Stradella . 1,800 »
19 mai. — Bénéfice de Borsary. Stradella 1 ,637 25
MM. J.-B. QUÉLUS, directeur.
A. Mayer, régisseur général, chargé de la mise en scène. Alfred Bry, régisseur.
Philippe, régisseur des chœurs.
Grand opéra, Traductions.
Messieurs :
Wicart, premier ténor.
Aujac, second ténor.
Carman, baryton.
Depoitier, première basse.
Mapchot, seconde basse.
Borsary, troisième basse, et seconde.
Hknault, troisième et second ténor au besoin. Darbay, troisième basse, et seconde.
Luwel, troisième ténor, et coryphée.
Vandenbosch, \ Dassoul, > ténors coryphées.
GlGNEZ, /
Vangoor, coryphée basse.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Vandenhaute, forte chanteuse Falcon. Valli, forte chanteuse, Stoltz.
Vie, ,
Cèbe, > soprani.
Octavie Lowe, '
MURAT
Heilbronn,
Dassoul,
Lemay,
coryphées.
Messieurs Blondeau, ^
Sucre,
coryphées basses.
Opéra comique.
Messieurs :
Audran, premier ténor.
Aujac, second ténor, et des premiers.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Picquet-Wild, première chanteuse légère. Dupuy, première chanteuse.
Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles :
Hénault, second ténor, Moreau-Sainti, Phi- Vie, première Dugazon.
"PP6, Ckbe, deuxième et première Dugazon.
Marchot, première basse. Octavie Lowe, des chanteuses, des Dugazons.
Borsary, basse comique, première au besoin. Muller, mère Dugazon.
Gourdon, ténor comique, trial. Meuriot, duègne.
Mengal, basses tabliers, Laruette. D. Murât, \
Darbay, troisième basse, et seconde. Heilbronn, f
Vandenbosch, grande utilité. Dassoul, i C01TPnces-
Lemay, /
Cinquante choristes.
Ballet.
Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles :
Desplaces, premier maître de ballet. Dechaux, première danseuse noble.
Rouquet, deuxième maître de ballet. Yicinelli, deuxième ire danseuse demi-ca-
Desplaces, premier rôle mime. ractère.
Gredelue, premier danseur. Ferrus,
Guillemin, premier danseur demi caractère. Bertiia, f secondes danseuses.
Charles, troisième danseur, et deuxième. Flora Lehmann, ) Dastrevigne, premier danseur comique.
Rouquet, danseur comique, rôles mimes. Monsieur
Koukelberg, rôles mimes. François, troisième danseur coryphée.
Vingt-quatre élèves.
Orchestre.
MM. Ch.-L. HANSSENS, premier chef.
Bosselet, second chef.
de Greef, conduisant le ballet.
Edouard, organiste-accompagnateur.
Septante-deux musiciens.
En tête du personnel on retrouve la majeure partie des noms connus et aimés.
Mme Valli remplace Mmc Elmire.
Audran, qui avait laissé de bons souvenirs, succède à Monjauze, puis résilie et, au bout de quelque temps, rentre de nouveau.
M"e Octavie Lowe était une jeune cantatrice, premier prix du Conservatoire de Bruxelles.
Parmi les artistes qui échouèrent, citons M"c Dupuy, chanteuse légère à 1,200 francs par mois, et M"e Vie, Dugazon. Par une combinaison, dont il serait difficile de comprendre les rouages, M" I hipuy remplace Mlle Vie, et ses appointements sont portés à 1,500 francs. Voilà donc une jeune chanteuse qui, après échec, accepte un emploi
inférieur au sien, tout en obtenant des émoluments supérieurs. On avait voulu, sans doute, lui offrir une compensation. Comme les directeurs font bien toutes choses !
M"e Dupuy fut remplacée par Mlle Boulart, alors âgée de vingtquatre ans.
Sophie Boulart, élève de M.™ Damoreau, était sortie du Conservatoire, en 1853, avec les premiers prix de chant et d'opéra comique. Elle était alors une grande jeune fille mince, à la voix délicieuse, chantant déjà avec goût, et douée d'un excellent instinct du théâtre. Elle débuta à l'Opéra-Comique, sous la direction de M. Perrin, dans les Noces de Jeannette. Elle joua le répertoire, et fit quelques créations : dans les Sabots de la Marquise, la Chercheuse d'esprit, Don Pèdre, et notamment dans Quentin Durward.
La jeune artiste, peu satisfaite du sort qui lui était fait sur la scène de l'Opéra-Comique, qui comptait alors une pléiade de brillantes cantatrices, partit pour la Belgique. Elle s'engagea à Gand, où sa réussite fut tellement éclatante qu'on l'appela bientôt à Bruxelles : là, elle tint pendant sept ans l'emploi des chanteuses légères, aux plus avantageuses conditions, et avec un succès qui ne se démentit jamais; elle créa sur la scène de la Monnaie : Faust, le Pardon de Ploërmel, les Dragons de Villars, la Reine Topaze, etc. C est à Bruxelles qu'elle épousa M. Adolphe Mayer, alors régisseur général de la Monnaie. A la fin de la campagne 1864-65, Mme Mayer-Boulart fut obligée de quitter le théâtre ; elle avait conservé sa voix pure et séduisante, mais les atteintes d'une bronchite capillaire avaient altéré sa respiration, sur laquelle elle ne pouvait plus compter.
Depuis que M. Mayer occupait les fonctions de régisseur à F Opéra, Mmc Mayer-Boulart habitait Asnières, vivant fort retirée. Elle y est morte le 14 juin 1889.
Les débuts furent très orageux, et les habitués témoignaient leur mécontentement de façon bruyante.
La presse entreprit une espèce de croisade contre le public de la Monnaie. Ce renversement des usages établis avait de quoi étonner. Généralement les journaux ne s'occupent, en effet, que de l'appréciation des œuvres dramatiques; ils en critiquent l'exécution et s'efforcent d'indiquer aux artistes les progrès à réaliser. Mais la marche du répertoire se trouvait entravée, non pas par l'insuffisance des interprètes, mais par le caprice des auditeurs, et il était naturel que la presse essayât de ramener ces derniers au sentiment de la justice et de la dignité.
Le Théâtre de la ^Monnaie. — 185Q-60. ||i
Enfin, deux œuvres devaient rendre le calme au Théâtre Royal : la réception à la Monnaie de le Diable au Moulin, opéra comique de Gevaert, qui avait vu le jour au Parc, et la « première » du Pardon de Ploërmel.
Quélus avait projeté de donner le Faust de Gounod, que le Théâtre Lyrique venait de faire connaître. On sait que le chef-d'œuvre du compositeur français fut représenté d'abord en opéra comique, c'est-à-dire avec le dialogue. Puis, on s'aperçut des développements que pouvait prendre à la scène ce grand ouvrage; on constata qu'il importait de lui donner l'allure d'un opéra, et Gounod remplaça le « poème » par les récits que l'on connaît. Or, l'éditeur Choudens ne livra plus la partition que sous cette forme.
Quélus met Faust à 1 étude avec la nouvelle version, tout en conservant la distribution d'opéra comique, c'est-à-dire : ténor léger, chanteuse légère et basse chantante, — comme il est d'usage encore dans les théâtres qui possèdent les deux troupes. Mais les artistes d'opéra réclamèrent et menacèrent leur directeur d'un procès.
— Eh bien ! je distribue Faust en grand opéra tout à fait, s'écrie celui-ci. — Non, ripostent les artistes d'opéra comique, nous exigeons les rôles qui ont été créés par les titulaires de nos emplois, ou nous ferons valoir nos droits devant les tribunaux. — Mais, puisque Faust est maintenant un grand opéra, je suis obligé de confier les rôles aux artistes de ce genre. — Alors jouez en opéra comique. — Mais je ne puis pas !
Enfin, en présence d'une situation aussi difficile, et sous 1 avalanche de papier timbré qui s'amoncelait sur lui, le malheureux Quélus prit un parti extrême, mais d'un effet certain : il retira Faust des études.
Et, comme un procès n'arrive jamais seul, il fallut conjurer encore celui que voulait intenter Wicart, parce qu'on avait profité d'une indisposition constatée, pour faire chanter la Muette de Portiez à Cœuilte, ténor double, engagé au cours de la saison.
En janvier, Phœdé, opéra comique en 1 acte, paroles et musique d'Oscar Stoumon, qui devait être plus tard à la tête du théâtre, est accueilli favorablement.
On se souvient que la campagne précédente s était terminée par des représentations de M"e Artot. La cantatrice faisait maintenant les délices de Berlin, où sa vogue prenait des proportions énormes. Les commerçants exploitèrent ce succès, et Bruxelles voyait arriver d'Allemagne les pâtés- Artot, les polkas- Artot, les cigares- Artot, etc.
Un grand événement musical se préparait. Les 23 et 28 mars, Wagner vient donner deux concerts ; il conduit lui-même l'exécution de ses œuvres. Ovations! Mais à Bruxelles, comme partout, le maître rencontre d'ardents admirateurs et des ennemis. S'il faut s'en rapporter aux journaux, il est difficile d'établir de quel côté penchait la balance. On était peu converti encore aux doctrines musicales de Wagner, et un critique s'écrie : « Nous repoussions ces procédés en théorie ; V application n'a fait que nous affermir dans la conviction qu elles conduisent dans une direction opposée à celle où se trouve le véritable but de l art. » Ce journaliste ne prévoyait guère l'avenir, — pour ce qui concerne son pays, du moins.
Les 20, 21, 22 avril, relâche. Le bourgmestre de Brouckère, qui avait répandu ses bienfaits sur le personnel de la Monnaie, lors de l'incendie, venait de mourir. Le deuil fut général dans Bruxelles, et les artistes en demeurèrent longuement attristés.
A ce moment-là, une Compagnie Italienne, sous la direction de Merelli, s'était installée au Théâtre du Cirque. Cette salle de spectacle avait sauvé l'Opéra, quelques années auparavant. Mais elle commençait à devenir inquiétante, et l'on verra par la suite combien elle est redoutable pour le Théâtre de la Monnaie, qu'elle menace constamment d'une puissante concurrence. Le Cirque — aujourd hui l' Alhambra — peut être compté au premier rang parmi les « risques à courir » pour la Monnaie.
Les Italiens avaient débuté par 77 Trovatore et Lucrezia Borgia. Leur troupe comprenait : le ténor Galvani, le baryton Squarcia, le buffo Ciampi, le contralto Mme Vietti. Orsini conduisait l'orchestre,
Ce fut une époque de rivalités. Les Italiens affichaient-ils 77 Trovatore ? les chanteurs français donnaient le Trouvère. Si la Monnaie annonçait le Barbier de Séville, le Cirque jouait 77 Barbiere di Siviglia.
Merelli fait répéter Ernani. Immédiatement Quélus met cet opéra à l'étude — et pour qu'il n'y ait pas confusion, placarde Hernani, avec l'orthographe française, tandis qu'il est d'usage de l'écrire Ernani, comme en Italie, — la première version venant de ce pays.
Les artistes des deux théâtres eurent en ville des discussions qui, d'un peu, tournaient au pugilat — deux camps bien distincts s'étaient formés dans le public — même, les spectateurs témoignaient, dans chaque théâtre, leurs préférences pour l'autre.
Un soir, à la Monnaie, le public demandait bis au final du second acte d'JJernani. Les partisans des Italiens sifflent, — tumulte
prolongé! — Carman, Wicart et Depoitier, qui étaient en scène, tirent leur épée et menacent les perturbateurs. Une scène épouvantable s'ensuivit, et le rideau fut prudemment baissé. Cependant, cette équipée n'eut pas de suites, grâce à la sympathie que — fort heureusement — les trois artistes inspiraient à la population bruxelloise.
Enfin, le 31 mai amena la clôture et la cessation des hostilités.
Le Tlièàlre de la (Monnaie. — 1859-60.
Premières Représentations.
1859. 16 novembre. — Le Diable au Moulin, opéra comique en 1 acte, de Cormon et Carré, musique de Gevaert. (MM. Audran, Gourdon, Mraes Dupuy, Cèbe.)
16 décembre. — La Belgique, chant national, de Devos et Benoit.
23 décembre. — Le Pardon de Ploërmel, opéra comique en 3 actes, de MM. Carré et Barbier, musique de Meyerbeer.
Hocl ......
. . . MM. Carman.
Corentin
Aujac
Le chasseur
. . Depoitier
Le faucheur