‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 114 sur 149 · MOREAU · texte numérisé non relu

MOREAU

Erembert.

Ballet.

M. Vincent, maître de ballet.

Rôles mimes :

Mme MONTASSU.

Danseurs :

M. Vincent. M. Paul.

M. Hanssen, mime comique.

M. Hanssen, régisseur

MHe Désirée Artot était engagée, pour les deux premiers mois seulement ; elle fut remplacée, à partir de novembre, par Mlle Marimon, de lOpéra-Comique.

La troisième prima- donna est MUe Daniele, qui arrivait d'Italie, précédée d'une excellente réputation. Mlle Daniele est aujourd'hui Mme Houtekiet, femme de l'avocat bien connu à Bruxelles.

Le successeur de Wicart est Morère, de l'Opéra, un ténor dont la voix faisait merveille, et qui, après un éclair de véritable célébrité, est mort, il n'y a que quelques années, à l'Hospice des Aliénés, de Paris, atteint de la folie des grandeurs.

Mon nier venait de La Haye.

L'Opéra-Comique cédait à. la Monnaie Charles Achard. C'est le frère de Léon Achard, qui partageait avec Montaubry l'emploi des premiers ténors à la salle Favart. Tous deux sont les fils de Fex-artiste du Palais-Royal.

Les rôles de trial sont dévolus à un autre Achard, qui n'est point parent de ceux-ci.

Coulon est remplacé par Vidal, de l'Opéra.

Depoitier, que nous avons vu, pendant de longues années, première basse de grand opéra, rentrait en qualité de basse chantante.

Ouverture, le icr septembre par les Huguenots. Le bruit courait que Ch. Hansscns avait été remercié par la direction. Au moment où le maestro s'assit au pupitre, une ovation spontanée lui témoigna combien le public était heureux de le voir revenir.

Dès les premiers jours, est mis à l'étude le Capitaine ILnriot, de Gevaert. Le maître était à Bruxelles, où il présidait aux répétitions de sa cantate nationale : Jacques Van Artevclde, donnée pendant de grandes fêtes organisées dans la capitale. Il dirigea les derniers travaux du Capitaine Henriot, et lit l'abandon de ses droits d'auteur au profit de ï Hospitalité des V7ez7/ar<i.s'(Sainte-Gertrude) qui tenait toutes ses ressources de la bienfaisance publique. Gevaert assista au succès de son ouvrage et, à la chute du rideau, s'entendit demander par acclamations, mais il se déroba modestement à cette ovation.

Echo du Parlement : C'est une œuvre de maître. Le talent de Gevaert y a subi une transformation dont il faut d'abord tenir compte. La touche de Quentin Durward est plus vigoureuse, plus accentuée ; celle du Capitaine Henriot est plus fine, plus souple. Elégance, distinction, vérité scénique, telles sont les qualités saillantes de l'œuvre.

L'instrumentation est, comme toujours, claire, ingénieuse et d'une sonorité splendide

Cette musique gagne à être entendue souvent. J'ai vu des amateurs froncer dédaigneusement le sourcil à la première représentation, s'épanouir d'aise à la seconde, et éclater en transports d'enthousiasme à la troisième.

Encore deux succès pour Stoumon : La Reine des prairies, ballet en 2 actes, exécuté le 24 octobre, et suivi bientôt du Naufragé, autre ballet.

Le 20 octobre, apparition de Violet ta (la Traviata), de Verdi, traduction française d'Edouard Duprez. La presse bruxelloise réservait un accueil plus que froid à la musique du compositeur italien, ce qui souleva l'indignation des journaux parisiens. Le Guide musical, de Bruxelles, fut traité de « Wagnérîen » et lança lui-même à l'Art musical, de Paris, l'épithète de « Verdilâtre! »

Une autre traduction : La Somnambule (reprise), permit à M"e Marimon de déployer ses qualités. Tout Bruxelles voulut entendre ses trilles, ses vocalises et son/a suraigu.

La soirée du 30 novembre peut compter parmi les plus belles que relatent les annales du Théâtre de la Monnaie. On y donnait la « première » de l'Africaine.

L'Indépendance belge s'écrie :

Dans V Africaine, l'intérêt est puissant dès les premières scènes... Les morceaux pathétiques du second acte, les détails si pittoresques et si nouveaux du troisième, les trésors de mélodie prodigués dans le quatrième, les poétiques inspirations qui, dans le dernier tableau,

élèvent l'art jusqu'aux plus hautes sphères du sentiment, ces parties si diversement caractérisées, se faisant valoir l'une et l'autre par les oppositions de leur coloris, ont montré ce que peut la variété des effets de musique. Il n'y a pas d'opéra plus long que l'Africaine, il n'y en a pas de moins fatigant !

L Office de Publicité ajoute :

Partout le succès de l'Africaine a été éclatant, nulle part le succès n'a été plus chaleureux, plus sincère qu'à Bruxelles.

Et l'Etoile belge réplique, dans un style imprégné de conviction :

Le grand réaliste a galvanisé le corps et les membres du squelette inerte, péniblement soudé par M. Scribe. C'est merveille de voir ce cadavre s'animer sous sa main gigantesque, et l'on serait parfois tenté de croire que, nouveau Prométhée, il a dérobé le feu du ciel!

Ces rapides extraits démontrent suffisamment en quelle estime on tenait la musique de l Africaine... en 1865.

Le théâtre fait relâche, pendant sept jours, par suite de circonstances douloureuses :

Le 10 décembre : Mort de Léopold Ier.

Le 16 » Cérémonie des funérailles.

Le 17 » Entrée à Bruxelles du Roi Léopold II, précédé

de S. M. la Reine.

On exécute, à la Monnaie, une œuvre symphonique de circonstance composée par M. B.-C. Fauconier, et le théâtre rouvre ses portes avec Si j étais Roi.

Fin décembre, la concurrence surgit encore, et inquiète derechef la direction : Une Compagnie Italienne ouvre une saison de trois mois au « Théâtre National die Cirque », sous la direction de Gatti :

Soprani : Signora Kennet, Sarolta; — Contralto : Silvia ; — Primi tenori : Signore Danieli, Pancani ; — Primi baritoni : Cresei, Ronconi ; — Basso : Baculi ; — Directore d'orchestra : Signore Vianesi.

Aussitôt, Letellier entre en pourparlers avec Bagier, directeur du Théâtre Ventadour, de Paris, à qui il demande une partie de sa troupe italienne. D'autre part, le sieur Gatti, dont l'entreprise rencontrait des obtacles, quitte Bruxelles, et les artistes, abandonnés à eux-mêmes, poursuivent l'exploitation en société.

Les Italiens ne réussissent pas mieux à la Monnaie qu'au Cirque. La Compagnie recrutée par Letellier n'avait, du reste, d'autres

sujets remarquables que Mlle Ziezzi (Zeiss) et Agnesi (Agniez), deux Belges qui avaient italianisé leur nom, puis, Mmc Lagrange, sur le déclin de sa carrière.

Un autre insuccès fut celui de Mariage de Don Lofie, opéra comique, d'Edouard de Hartog.

Enfin, la campagne est clôturée. Quentin Durward avait inauguré la saison, le Capitaine Henriot la termine. Voilà du dilettantisme patriotique, et Gevaert devait voir non sans émotion ses compatriotes rendre justice à son génie.

L'année qui prend fin avait été, en somme, des plus heureuses. L'Opéra en avait fait presque tous les frais; l'Africaine pouvait à juste titre revendiquer la plus grande part de cette préférence.

Un point à noter dans l'histoire de la Monnaie : Quand le grand opéra prospère, l'opéra comique est abandonné ; l'opéra comique prospère-t-il, on abandonne le grand opéra. Ce mouvement de bascule s'est répété jusqu'en ces dernières années, où, généralement, l'opéra comique semble plus volontiers délaissé.

Premières Représentations.

1865. 19 septembre — Le Capitaine Henriot, opéra comique en 3 actes, de Sardou et G. Vaez, musique de Gevaert.

René de Maulcon Henri IV . .

Don Fabrice .

Bellegarde . .

Pastorel . . .

Blanche d'Etianges Fleurette . . .

Valentine de Rieulles

MM- JoURDAN.

MoNNIER.

Depoitier.

ÀCHARD.

Mengal.

Erembert.

DuMESTRE.

Arquier.

\plKS

20 octobre. — La Traviata, opéra en 4 actes, de

Verdi (traduction française d'EDOUARD Duprez).

Rodolphe d'Orbel MM. Jourdan.

d'Orbcl, père Monnier.

Le Docteur Depoitier.

Le Vicomte de Lctorièrcs . . Barbot.

Violetla Mmes Ai'tot.

Clara Arquier,

30 novembre. — L'Africaine, opéra en 5 actes, de Scribe, musique de Meverbeer.

Vasco de Gaina MM. Morère.

Nélusko Monniek.

Don Pedro Vidal.

Don Alvar Baudot.

Le Grand inquisiteur. . . . Defoitier.

Le Grand Brahminc . . . Féraud.

Sélika ....-.-. Mmes Erembert.

Inès Moreau.

9 et 10 décembre. — Œuvre symphonique, de B.-C. Fauconier : i° Marche funèbre. Le Roi est mort (Léopold Ier) ; 2° Marche triomphale. Vive le Roi! (Léopold II).

1866. 15 mars. — Le Mariage de Don Lope,

opéra comique en 1 acte, de Barbier, musique

d'EDOUARD DE HaRTOG.

Ballets.

1865. 24 octobre. — La Reine des Prairies,

2 actes, de Vincent, musique de Stoumon.

1866. 7 janvier. — Le Naufragé, 1 acte, de Vincent, musique de Stoumon.

Répertoire (reprises).

Les Huguenots.

Lucie de Lammermoor .

La Juive.

Le Trouvère.

Roland à Roncevaux.

Guillaume Tell.

Robert le Diable.

Traviata.

La Somnambule

Don Pasquale.

La Dame Blanche.

La Fille du Régiment.

Si fêtais Roi.

Le Barbier de Scville.

Le Domino noir.

Les Mousquetaires de la Reine

Le Maître de Chapelle.

Les Diamants de la Couronne.

Le Mariage Extravagant.

Les Noces de Jeannette.

Gira Ida .

Le Postillon de Lonjumeau.

Le Toréador.

Zampa.

Le Pré-aux-Clercs.

Les Noces de Figaro.

Le Cheval de Bronze.

Les Dragons de Villars.

Le Songe d^une Nuit d'été.

Le Pardon de Ploërmel.

La Reine Topaze.

Quentin Durward .

Le Sourd ou l'Auberge pleine.

Les Rendez-vous Bourgeois.

Ballets.

La Nymphe Egêrie. Faust et Marguerite.

Représentations Italiennes

Sèmiramide.

Il Barbieri.

Martha.

Remplacement d'Artiste.

En novembre, Achard est remplacé par Barbot.

Artistes en Représentations.

Mme Artot, cantatrice du Théâtre Royal de Berlin, donne 1 7 représentations. (Recette, 47,350 francs.)

Mme Doreci, première chanteuse, 2 représentations.

Mroe Deponti, première chan'euse, 2 représentations.

Mme Brus-Mabrue, première chanteuse, 4 représentations

Mlle Esterbin-Daniele, premier prix du Conservatoire de Paris, 2 représentations.

Flachat, baryton du Théâtre Royal d'Anvers.

Soto, première basse d'opéra comique, 2 représentations.

Alexis Tasson, première basse du Théâtre Royal de La Haye.

Vivier, premier cor de l'Opéra.

Représentation de la troupe du Théâtre Italien de Paris, sous la direction de Bagier ; Agucci, Baragli. Agnesi, Ligrange, Mme Ziezzi; chef d'orchestre : Accursi.

Représentations Extraordinaires.

1865 4 novembre. — Grande Harmonie 1866. 6 janvier. — Grande Harmonie fr

20 janvier. — Société Français 27 janvier. — Philharmonie 3 mars. — Philharmonie .

21 mars. — Grande Harmonie 24 mars. — Philharmonie .

14 avril. — Philharmonie .

19 avril. — Bénéfice de Letellier .

27 avril. — Bénéfice de Hanssens

28 avril. — Grande Harmonie . .

16 mai. — Bénéfice de Mengal 23 mai. — Bénéfice de Jourdan .

29 mai. — Bénéfice de Bosselet .

30 mai. — Bénéfice de MVe Marimon

Recettes.

1865. Septembre 67,686 76

Octobre 70.232 77

Novembre 60,687 97

Décembre 78,673 25

1866. Janvier 96>270 12

Février 88,257 62

Mars 67,104 72

Avril 65,509 06

Subvention 80,000 »

Receltes des 10 premières de l'Africaine 45,155 25

MM. LETELLIER, directeur.

Delabarre, secrétaire.

Félix Potel, régisseur général.

Féraud, régisseur.

Orchestre.

MM. Ch.-L. HANSSENS, premier chef.

Bosselet, second chef.

Henri, second chef, conduisant spécialement le ballet, et chef du chant. Prosper, organiste accompagnateur.

Van Hoek, souffleur.

Grand opéra, Traductions, Opéra comique.

Ténors :

MM. Dulaurens.

Jourdan.

Barbet.

MM. Vidal.

Jamet.

MoNNIER.

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