DOLORÈS
Huit coryphées.
Corps de ballet : Seize dames et douze hommes. École de danse.
Artistes en représentations.
MM. Faure; Achard. — Mmes Patti; Girard; Galli-Marié.
La saison commence le 3 septembre, en dépit de la coutume établie d'ouvrir le théâtre le ier.
Mais on ne renonce pas à l'usage « antique et solennel » qui, presque chaque année, ramène les Huguenots à l'inauguration de la campagne.
Les nouveaux visages étaient nombreux :
Après une courte absence, Vidal retrouva ses fidèles partisans; on rendit aussi justice à Lassalle, le baryton actuel de l'Opéra ; mais ils furent rares, les artistes qui trouvèrent grâce devant la sévérité du public. « On exécute », dit un journaliste, « de pauvres chanteurs, dont la seule faute, en somme, est d'avoir cru la scène bruxelloise au même niveau que l'Opéra de Carcassonne ou de Perpignan. »
Malgré tout, le tableau de troupe ne subit que trois changements : Genevois est remplacé successivement par Fabre, Bresson et Cabel, — après Mlle Durant arrivent, à tour de rôle, MUes Girard, Baretti, Monrose et Mme Cabel. A Lafont succèdent Tournade et Vranitz.
Vachot continue à être attaqué par la presse, et ses débats avec le Conseil Communal sont fréquents.
La réforme musicale de la Monnaie est, sans doule, le problème important du moment, mais il n'est pas le seul et il y aurait mille choses à dire encore sur le soin à apporter à la mise en scène, sur l'importance d'innombrables détails archéologiques de décors, de costumes et de mobilier qui ont été rarement pris au sérieux chez nous, où on les traite avec un dédain et une négligence impardonnables.
La scène de la Monnaie est un champ libre ouvert aux anachronismes les plus bouffons, aux invraisemblances les plus échevelées qui s'y donnent la main dans une ronde fantastique bien faite pour plonger un homme de goût dans l'ahurissement le plus profond ! (1)
Cependant, la première nouveauté, Coppelia, satisfait les plus délicats; — il est vrai que c'est un ballet. Voici, au sujet du charmant ouvrage de Delibes, une édifiante lettre adressée à la Chronique par le directeur :
Mon cher rédacteur,
Je lis dans votre numéro du 8 décembre courant un aimable dialogue entre deux abonnés. Vous me demandez de bien vouloir, la main sur la conscience, vous renseigner sur ce que coûte Coppelia.
Je crains que vous ne me fassiez là une mauvaise affaire. Placer un directeur entre deux abonnés... La position est délicate !
Vous me demandez de mettre la main sur la conscience Pourquoi faire ? Personne ne croit à la conscience d'un directeur de théâtre. Il a beau écrire, expliquer, donner des chiffres : c'est parfaitement inutile. Les jours se suivent et apportent de nouvelles charges ! Vous pourrez apprécier bientôt ce mot à double entente !
Voici donc, pour vous complaire, le duplicata des notes et des dépenses de Coppelia :
Voyage à Paris du maître de ballet fr. 150 »
Achat de la partition 850 »
Transport ... 45°
Note du costumier 1,480 »
Note du machiniste 1,664 35
Note du peintre ' I»332 80
Note du boîtier 295 »
Accessoires, fleurs 48 »
Je vous envoie ci-jointes, comme annexes, ces différentes notes que je vous prie de me retourner après les avoir examinées.
Vous verrez bien que vous-même vous faites erreur en supposant que la vérité est aussi loin de 500 francs que de 5,000 francs, puisque je dépasse cette dernière somme de beaucoup.
Je vois souvent les théâtres de Paris produire les chiffres des dix premières représentations à succès : cela se traduit pour la direction par de bons billets de mille francs,
Voici les recettes réalisées, à la Monnaie, par les quatre premières représentations de Coppelia (données, remarquez-le, avec un opéra comique en sus), — alors que la dépense
( 1 ) La Gazette.
journalière est en moyenne de 2,480 francs. — Et ce chiffre clés frais de chaque jour, je puis, sur ma conscience, l'établir aussi facilement que les comptes exacts de Coppelia.
Recettes des quatre premières représentations de Coppelia. :
Mercredi 29 novembre. Noces de Jeannette, Coppelia . . fr. 535 50
Vendredi Ier décembre. Le Chalet, Coppelia .... . 337 » Dimanche 3 décembre. Le Postillon de Lonjumeau, Georgette,
Coppelia . . 1,707 25
Jeudi 7 décembre. Bonsoir voisin, Georgette, Coppelia . . . 320 »
Voilà. Qu'en dites-vous ?
Agréez mes civilités. J.-H. Vachot.
Hamlet, d'Amb. Thomas, après avoir traversé une période de répétitions très tourmentée, et vaincu mille obstacles divers, est couronné d'un éclatant triomphe. Faure, engagé en représentations, incarnait le rôle du Prince de Danemark, dans lequel il était si complet.
A la « première », incident inattendu : S. M. le Roi, dont la présence était annoncée, arrive au milieu du duo : « Doute de la lumière,.. »; la salle entière lui fait une ovation prolongée; Faction est interrompue; les dilettanti, qui veulent, avant tout, entendre la musique, protestent énergiquement, et, — singulier effet d'acoustique! — on aurait cru le Roi chuté comme un simple comédien...
Décidément Hamlet ne parvenait pas, sans encombre, à son exécution, et le pauvre Vachot n'avait pas de chance.
Le chroniqueur du Guide Musical, — détail piquant : c'est Stoumon qui remplissait alors ces fonctions, — fait précéder sa critique d'un chapitre assez humoristique :
Le métier d'imprésario exige tout de même une forte dose de stoïcisme et de confiance en son étoile. L'homme qui aurait des nerfs, ou qui se ferait des monstres des petites misères de la vie humaine, y laisserait bien vite sa peau. Pensez donc : à grands frais, vous montez une pièce nouvelle. Pour en assurer le succès, un célèbre chanteur et une demi-étoile ont été engagés. La première représentation doit avoir lieu le soir même; !a salle est entièrement louée ; notre caissier tient, sous clef, une recette formidable.
II est six heures. Vous dînez d'excellent appétit, comme un homme à qui la fortune daigne faire des risettes.
On sonne.
— Entrez, Joseph.
— Ah I Monsieur, le célèbre chanteur a la pituite, voici les certificats de MM. Purgon et Diafoirus. Il faut tout de suite annoncer un relâche et rendre la recette.
Tableau I
Enfin, vous vous remettez d'une alarme aussi chaude. A grand renfort d'affichés, vous annoncez aux populations que l'indisposition grave et constatée du célèbre chanteur sera guérie dans les quarante-huit heures et que, par conséquent, la première représentation delà pièce nouvelle aura lieu irrévocablement le surlendemain.
Les quarante -huit heures s'écoulent, la guérison du célèbre chanteur est complète. Votre caissier a remis sous clef une recette formidable. Il est six heures. Vous redînez d'excellent appétit, comme un homme à qui la fortune re daigne faire des risettes.
On resonne.
— Entrez, Joseph.
— Ah! Monsieur, la demi-étoile vient d'avoir une pâmoison. Voici les certificats de MM. Thomès et Desfonandrès, il faut tout de suite réannoncer un relâche et rendre la recette.
Patatras ! !
... Depuis quinze jours, cette petite scène a dû se renouveler cinq ou six fois pour M. Vachot. Si ces relâches ruineux, ces contre-temps qui mettent votre entreprise à deux doigts de sa perte, vous attiraient les sympathies du public ou, tout au moins sa pitié, ce serait une consolation ; mais non, ces relâches intempestifs, ces changements de spectacle à la dernière heure, paraissent au public des mystifications, qu'il impute volontiers à l'incurie, à l'imprévoyance du directeur.
... Nous considérons comme une faute grave la spéculation qui consiste à accumuler, à force de réclames, sur un seul artiste ou sur un seul ouvrage, toute la curiosité du public. Que l'artiste tombe malade, que l'ouvrage fasse four, et vous en arrivez à ne faire plus avec les pièces du répertoire, qui pourraient produire un bon billet de mille, que des recettes de vingt-sept francs cinquante centimes.
Hamlet précédait le Bal Masqué, dont une troupe de passage avait fait connaître la version italienne, et le Vaisseau Fantôme, qui ne vogua que quelques soirs, — à prix réduits, dès le troisième.
Cette diminution du prix des places fut innovée par Vachot, qui donnait ainsi les opéras comiques ou les vieux opéras — mais elle n'augmenta jamais les recettes.
Parmi les pièces indigènes : Georgette, de Gevaert, — la Coupe Enchantée, de Radoux, et la Dot de Régine, de Barwolf, le violoncelliste, qui fait encore aujourd'hui partie de l'orchestre.
Au nombre des artistes en représentations :
Mmes Patti, Ristori, Cabel, Marie Rose;
Achard, Vieuxtemps, etc.
Le tableau de troupe — que nous avons reproduit, comme toujours, tel que la direction le publia au début de la campagne — annonçait encore Galli-Marié ; mais l'excellente artiste ne parut pas à Bruxelles pendant cette saison.
Le 27 janvier 1872, Faure est nommé « Inspecteur des études de chant au Conservatoire Royal de Bruxelles ».
Le Conseil Communal fait appel aux soumissionnaires pour la direction du théâtre ; se présentent :
Jourdan, ancien ténor de la Monnaie ; — Bonnefoy, du Théâtre de Lille ; — Calabresi, ancien directeur du Théâtre de Liège ; — Montaubry, ex-artiste de la Monnaie ; — Avrillon, secrétaire de l'Opéra de Paris.
Ce dernier l'emporta sur ses concurrents,.
Premières Représentations.
1871. 26 décembre. — Hamlet, opéra en 5 actes, de Carré et Barbier, musique d'A.MB. Thomas.
Hamlet MM. F acre.
Claudius Vidal.
Lacrte Barbet.
Polonius Chapplis.
L'ombre du teu rui .... Mechelaere.
La reine Gertrudj .... Mmes Sternberg.
Ophëlie Sessi.
2 décembre. — Georgette, opéra comique en 1 acte, de Vaez et Alph. Royer, musique de Gevaert.
1872. 15 janvier. — La Coupe enchantée, opéra comique en 2 actes, de Pellier-Quensy et Kirsch, musique de Radoux.
ier février. — La Dot de Régine, opéra comique en 1 acte, de Ch. Ruth, musique de Barwolp.
5 mars. — Le Bal masqué, opéra en 3 actes, adaptation française d'EûouARD Duprez, musique de Verdi.
3 avril. — Elie, oratorio en 2 parties de Men-
DELSSOHN.
6 avril. — Le Vaisseau fantôme, opéra en 3 actes, adaptation française de Nuitter, musique de Wagner.
Répertoire (reprises).
L' Africaine .
Guillaume Tell.
Lohengrin.
Les Huguenots.
Le Prophète.
La Muette de Portici.
La Favorite.
Le Trouvère
Robert le Diable.
Elisabeth de Hongrie.
Faust.
La Juive.
Lucie de Lammermoor.
Rigoletto.
Le Barbier de Séville.
Les Amours du Diable.
La Dame Blanche.
Maître Pathelin.
Le Nouveau Seigneur du Village.
L'Eclair.
Les Noces de Jeannette.
Les Dragons de Vi liais.
La Fille du Régiment.
Bonsoir Voisin.
Le Maître de Chapelle.
Le Postillon de Lonjnmeau.
Zampa.
Le Songe d une Nuit d'été.
Joconde.
Les Mousquetaires de la Reine.
Galathée.
Haydée.
Le Chalet.
Le Domino noir.
Fra Diavolo.
Le Caïd.
Ballets.
187 1. — 29 novembre. — Coppelia, 2 actes, de Delibes.
Ballets.
Les Nations.
Giselle.
Le Rêve d'un Pêcheur.
La Madone.
Le Théâtre de la [\Ionn.iie
Remplacements d'Artistes,
Mme Durand remplacée par Mlle Girard.
Mlle Girard
Mme Baretti.
Mme Baretti
MI,e Monrose.
Lafont
Tournade.
Tournade
Vranitz.
Genevois
Fahre.
Fabre
Bresson.
Bresson
Cabel.
Artistes en Représentations.
1871. Du 23 septembre au 4 octobre. — 4 représentations de Achard. premier sujet de l'Opéra- Comique. (Recettes, fr. 11,883.25.)
Du 17 au 20 octobre. — 2 représentations de Patti. (Recettes, 31,120 francs.)
Du 8 décembre 1871 au 31 janvier 1872. — 19 représentations de Faure de l'Opéra. (Recettes, fr- 99,454-70)
17 décembre. — Concert populaire de musique classique. Directeur, Samuel. (Recettes, 3,321 fr.)
1872. 24 janvier. — Ballet viennois, avec Mlles Katti Lanner, Berthe Lendu et M. Francesco.
9 février. — Mme Cabel, du Théâtre de lOpéra- Comique.
$ mars. — Mme Marie Rose. (Recettes, fr. 2,358.70.)
Mme Méjare, première chanteuse du Théâtre de Lille.
Dulaurens, premier ténor.
Ketten, premier ténor.
Aniccie, première basse du Théâtre Italien de Paris.
Mlle Haussmann, chanteuse des concerts de Paris.
Brion d'Orgeval, première basse.
Mme Chilli-Boulo, première chanteuse du Théâtre de Gand
Mlle Duboucher, première Dugazon du Théâtre de l'Alcazar.
Mme Rolibaert, première chanteuse légère.
Mme Sessi, première chanteuse, de l'Opéra de Paris.
Mme Danis Barnolf, première chanteuse du Théâtre de Bruges.
17 février. — Concert. Olga, pianiste, — Vieuxtemps, violoniste.
1871. 12 décembre. — Compagnie Italienne, sous la direction de Mme Ristori. Marte Antoinette, drame historique en 5 actes, avec prologue et épilogue. (Mmes Ristori. Gianzana, Nobeli, Rossigunali, Casati, Montrozza, Boryonzoni, Grisostoni, Tognotti. MM. Glech, Majeroni, Venero, Mezzidolli, Romain, Emili, Sportini, Luigi, Ricclé, Grudare, Frederice, Ruili, Giovanni.)
Représentations Extraordinaires .
187 t. 28 octobre. — Grande Harmonie. Les Huguenots,
18 novembre. — Grande Harmonie. Le Domino noir, Bonsoir Voisin.
19 décembre. — Grande Harmonie. La Favorite, avec Faure.
1872. 9 janvier. — Bénéfice de la Crèche de la rue de Malines. La Muette de Portici, Coppelia.
13 janvier. — Grande Harmonie. L'Africaine.
26 janvier. — Société Française de bienfaisance. Guillaume Tell.
30 janvier. — Grande Harmonie. Hamlet, avec Faure et Mme Sessi.
17 février. — Représentation donnée par lesDames de France pour « la délivrance du territoire ». La Muette de Portici (2me acte), Guillaume Tell (3me acte).
5 mars. — Bénéfice de Singelée, premier chef d'orchestre. Le Bal masqué, avec Mmc Marie Rose.
12 mars. — Grande Harmonie. Le Bal masqué
27 mars. — Bénéfice de Nordet, première Dugazon. Joconde.
Ier avril. — Bénéfice de Bauce, régisseur général. Hamlet (3me acte), le Barbier de Séville (2mc acte), les Huguenots (^me acte), Coppelia (ballet 1 acte).
15 avril. — Bénéfice de Mlle Hasselmans, première chanteuse. Hamlet.
Ier mai. — Bénéfice de Mlle Théodore, première danseuse. Coppelia.
2 mai. — Bénéfice de Pierre, préposé contrôleur. Faust et Marguerite, fantastique.
15 mai. — Bénéfice de Mlle Sternberg, forte chanteuse. Faust et Marguerite.
23 septembre. — Pour les orphelins de la guerre. La Dame Blanche, avec L. Achard, premier ténor de l'Opéra-Comique.
Recettes.
1871. Septembre Octobre .
Novembre Décembre
1872. Janvier Février Mars .
Avril .
Subvention
Ce qu il y a de curieux, c'est que, lorsque Avrillon eut accepté le théâtre dans les conditions où il le trouvait, le Roi alloua un subside de 100,000 francs; et la ville, ne voulant pas demeurer en reste, accorda la même somme.
Voilà donc l'Opéra bruxellois avec une subvention de 200,000 francs au lieu de 80,000.
On ne tardera pas à voir les résultats de ce nouveau budget...
Bé^T"?
MM. François-Hippolyte AVRILLON, directeur. Victor Prilleux, secrétaire général.
Ernest Avrillon, secrétaire chargé de la location. Vermandele, employé -comptable.
Pierre, employé à la location.
Maillard, percepteur de l'abonnement.
Service de la scène.
MM. Jules Puget, directeur de la scène et du chant. Lapissida, régisseur de la scène.
France-Perrot, souffleur de musique.
Deux avertisseurs.
Grand Opéra, Traductions, Opéra comique.
MM. Warot.
JoURDAN.
VlNAY.
Guérin, ténor triai*
M. Roudil.
mm. bérardi»
Courtois.
Steveni.
Lauwers.
Barytons
Basses
MM. Barbet.
Philippe Jourdapt.
Lapissida*
M» Martin»
MM» Mechelaere, Mengal.
ClIAPPUIS;
MM. Steps.
Frennet.
Mmes Sternberg,
DE TaÏSY,
Devriès,
SORANDI,
A. Is.vac,
MUï MURAT.
M. Prosper Vandensavel.
Coryphées :
MM. Hertz.
Blondeau.
M. Cervelli.
Chanteuses :
Falcons. Mmes Edant-Lecuyer, deuxième contralto.
Dars.mjx, \ Ambre, > Dugazons.
chanteuses légères. Aurélie, '
Enault Chevalier, duègne.
Mme Csillag, contralto.
MIls Sons
Accompagnateurs :
M. Lauwers.
M. Murât.
Ballet
MM. L. Petipa, directeur de la danse et du Conservatoire. Hanssen, maître de ballet.
Poigny, régisseur.
Lagay,
Dewiat,
> répétiteurs.
Deux avertisseurs.
Danseurs et râles mimes.
rôles.
MM. Hanssen,
Deridder,
Charançonnay, premier danseur noble.
Poigny, premier danseur demi-caractère.
Waldenberg, deuxième danseur.
Mme Charançonnay, rôle mime.
Danseuses :
Mmes Adelina Théodore,
Carrière, ) seuses.
Joséphine Salaba, seconde danseuse
premières dan- Mmes Alice Dupuis, seconde danseuse.
Neufcour, Champavert,
troisièmes danseuses.
Mlles Gauthier.
Tessaro.
Forêt.
Dolorès.
Coryphées :
M1Us Vidal.
Vercammen,
Sergis.
Duchamel.
Premier quadrille : Huit danseuses. Deuxième quadrille : Huit danseuses.
Douze danseurs, hommes.
Conservatoire et École.
MM. Petipa, directeur.
Hanssen, professeur.
MM. Charançonnay, Waldenberg,
professeurs.
14 premiers dessus.
12 deuxièmes dessus.
8 enfants de chœurs.
12 premiers ténors.
MM
Chœurs.
M. Aimés, directeur des chœurs.
10 tailles.
10 premières basses.
13 secondes basses.
Panneels, Steps, Charlot, répétiteurs.
Orchestre.
M. Joseph Dupont, premier chef.
12 premiers violons.
1 1 deuxièmes violons.
8 altos.
8 violoncelles.
8 contrebasses.
3 flûtes.
3 hautbois.
3 clarinettes.
1 saxophone.
6 cors.
M. Buziau, deuxième chef.
4 bassons.
2 cornets à piston.
2 trompettes.
1 tuba.
4 trombones.
1 grosse caisse.
1 triangle tambour.
1 timbalier.
1 cymbalier.
2 harpes.
Un garçon d'orchestre.
Bande sur le théâtre.
Un chef. — Douze musiciens.
Costumes.
M. Faignaert, chef.
Mme Marie, costumière.
M. Bardin, coiffeur.
Douze employés.
Décorations.
MM. Charles Haeck, machiniste en chef.
Daran, peintre décorateur.
# Vingt-deux machinistes.
Employé du contrôle.
M. Joseph, contrôleur principal.
Vingt employés, placeurs et ouvreuses.
Le directeur de la scène, Puget, est l'ex-ténor du Théâtre- Lyrique.
Prilleux, de retour à Bruxelles, prend les fonctions de secrétaire. Jourdan, Warot, Roudil, Martin, Mengal et Chappuis sont connus du public de la Monnaie.
Bérardi, porté sur le tableau comme première basse, est l'artiste qui, plus tard, sur cette même scène, fut premier baryton, puis entra à l'Opéra de Paris.
Nous avons vu déjà Mmes Sternberg et Devriès.
M"e A. Isaac figure ici comme troisième chanteuse. C est l'admirable cantatrice — l'une des plus grandes de l'époque — qui est actuellement à l'Opéra-Comique.
Guérin est un comédien plein de verve, doublé d'un excellent musicien, qui tiendra, pendant de longues années, l'emploi de trial.
La dugazon, M"c Ambre, a fait une très honorable carrière en qualité de première chanteuse légère.
Enfin, c'est la première fois que Joseph Dupont dirige l'orchestre de la Monnaie, auquel il apportait l'appui de son talent et de ses convictions artistiques, et qu'il devait placer à un rang si élevé. Son futur associé, Lapissida, occupe maintenant les fonctions de régisseur.
Ouverture, avec Guillaume Tell, La salle est complètement restaurée, les décors sont repeints, les chœurs augmentés et... disciplinés, l'orchestre reconstitué ; tout présage une campagne exceptionnellement brillante.
Mais les débuts furent très orageux ; un grand nombre d'artistes échouèrent ; on vit successivement défiler quatre basses chantantes et quatre barytons d'opéra comique; ces changements entravaient la marche du répertoire, et grevaient le budget de frais imprévus et inutiles. De plus, les concurrences devenaient redoutables, et le nombre s'en augmentait sans cesse; l'Alcazar attirait la foule avec La Fille de Mme Angot; et, malgré la munificence royale et communale, on n'était pas sans craintes, quant aux résultats pécuniaires.
Ces remaniements enrichirent la troupe de deux --cantatrices aimées : Mlles Hamaekers et Battu, de l'Opéra ; mais les innombrables représentations de débuts qu'on improvisait chaque jour occupaient le temps consacré aux études, et il faut aller jusqu en février pour rencontrer une nouveauté, l'unique nouveauté de la saison : Tannhàuser, de Wagner.
Les Parisiens avaient sifflé l'ouvrage, sans l'entendre; les Bruxellois écoutèrent et applaudirent; le wagnérien Dupont avait électrisé tout le monde !
Faire connaître le Tannhàuser était une belle et hardie entreprise ; c'était contribuer à la rénovation musicale. Même si elle avait dû échouer, pareille tentative méritait d'être encouragée. L'accueil que Bruxelles fit à l'œuvre de Wagner récompensa, mieux que les meilleurs éloges, les efforts de tous ceux qui avaient contribué à son succès.
Au milieu de cette joie, un seul homme se refusait à partager l'enthousiasme général : le caissier du théâtre! Les balances mensuelles étaient, en effet, fort attristantes. Avrillon arrivait de l'Opéra, et voulait trop généreusement diriger son administration, s'imaginant peut-être que Bruxelles offrait autant de ressources que Paris ; — il perdit 1 50,000 francs en six mois.
Il y avait plus de vingt ans qu"on n'avait vu une faillite à la Monnaie!
Tout le monde se plaisait à reconnaître l'incontestable probité du malheureux directeur ; mais, ce qu'on s'expliquait malaisément, c'est que le désastre financier éclatât juste au moment où la subvention venait d'être plus que doublée.
Il faut remarquer que le personnel était considérablement augmenté; le nombre des musiciens était porté à 82, celui des choristes à 80, le ballet comprenait maintenant 60 sujets. Outre les appointements, la direction était bien forcée dliabiller tous ses nouveaux pensionnaires, pour chaque pièce qu elle montait, même celles du répertoire, puisqu'elles n avaient jamais exigé une mise en scène aussi importante; ces frais supplémentaires étaient énormes, et ils devaient fatalement amener la ruine.
Les artistes se constituent en société, sous la régie gratuite de Quélus, qui, depuis treize ans, désintéressé du théâtre, vivait, à Molenbeek, d'une fortune modeste et honorablement acquise.
Cette administration vit le retour de Faure, et termina, tant bien que mal, la campagne, le 2 mai, par le Trouvère.
Le Conseil Communal s'était empressé, dès la retraite d'Avrillon, de nommer un directeur, afin que celui-ci eût le loisir de former une troupe digne de Bruxelles. Son choix désigna Campocasso.
L'intelligent imprésario eut l'occasion de débuter, avant la saison 1873-74, par un spectacle qu'il fut chargé d'organiser, le 16 juin, en l'honneur du Shah de Perse : L'Africaine, avec Warot, Roudil, Mmes Battu, Hamaekers et la danseuse Lamy, dans le ballet de Faust, intercalé au 4™ acte de l'opéra de Meyerbeer. Les dépenses s'élevèrent à une quinzaine de mille francs — la recette ne dépassa guère dix mille francs. Il y eut donc quatre ou cinq mille francs à porter au budget du Shah... ou de la ville.
Premières Représentations.
1873. 20 février. — Le Tannhâuser, opéra en 3 actes, de Richard Wagner. (Traduction de Ch.
NuiTTER.)
Tannhâuser . .
MM
Warot.
Wolfram . .
RoUDIL.
Reinmar .
BÉRARDI.
Elisabeth . . .
J^mes
Marie Battu.
Vénus ....
Hamaekers.
Un jeune pâtre
Adèle Isaac
Ballets.
1872. 14 octobre. — Le Marché des Innocents,
1 acte, par Petipa.
1873. 4 mars. — Les Fleurs animées, 1 acte, par Hanssen, musique de Lagye.
Remplacements^!' Artistes .
Courtois est remplacé par Soto.
Soto » Feitlinger.
Feitlinger » Desgoria.
Mme Sorandi, première chanteuse légère, remplacée par Mlle. Hamaekers.
Martin est remplacé par Garcia.
Garcia » Lourdes.
Lourdes » Flachat.
Mme Sternberg, forte chanteuse, résilie.
Mmcs Moisset et Ambre résilient.
Mllc Csillag,fremplacée par M,le Sarolta, qui résilie
à son tour.
Répertoire (reprises).
Guillaume Tell.
L' Africaine.
Robert le Diable
Faust.
La Muette de Port ici.
Le Prophète.
La Favorite.
Lucie de Lammermoor.
Les Huguenots.
H amie t.
La Juive.
Violet ta.
Rigoletto.
Don Juan.
Les Mousquetaires de la Reine.
Le Pré-aux-Clercs.
La Fille du Régiment.
Les Noces de Jeannette.
Le Maître de Chapelle.
Haydée.
Le Barbier de Sévi lie.
La Dame Blanche.
Le Domino Noir.
Le Songe d'une Nuit d'été.
Le Mariage extravagant.
Le Postillon de Lonjumeau.
Les Diamants de la Couronne,
Bonsoir, Monsieur Pantalon.
Zampa.
Le Cheval de Bronze»
Giralda.
Lara.
Mignon.
Les Rendez-vous bourgeois.
Les Dragons de Villars,
Artiste engagé au cours de la saison.
Roussel.
Ballets.
Coppelia.
Giselle.
La Madone.
Artistes en Représentations.
1872. 12 octobre. — Concert de Gounod.
6 novembre, — Gallia, M1Ie Weldon.
10 novembre. — MIIe Von Edelsberg.
17 novembre. — Concert populaire de musique
classique, sous la direction de Vieuxtemps. 22 novembre. — Mlle Battu, de l'Opéra.
1873. — Mme de Taisy, cantatrice.
29 mars. — Faure, de l'Opéra.
Dulaurens, premier ténor du Théâtre d'Anvers. Mme Hasselmans, première chanteuse du Théâtre de
Gand.
Mme Gaston Lacaze, forte chanteuse.
Caillot, baryton de l'Opéra-Comique.
Mme Lhéritier, première chanteuse du Théâtre d'Anvers.
Danery.
Ketten, premier ténor léger du Théâtre de Gand.
Jourdan Savigny, premier ténor.
Monnier, premier baryton d'Anvers.
Roussel, fort ténor.
Mmc Alida Van Gelder.
Lutz, du Théâtre Lyrique.
Weilsten, cantatrice des théâtres de Londres.
MUe Holmberg.
Mlle Wéry, du Théâtre d'Anvers.
Représentations Extraordinaires.
1872. 24 septembre. — Par ordre. En présence des Riflemen, les tireurs suisses et hollandais. Lucie de Lammermoor.
22 novembre. — Sous le patronage de S. M. la Reine avec le concours de Mlle Battu. L'Africaine.
17 décembre. — Grande Harmonie. Faust.
1873. 18 janvier. — Grande Harmonie. La Muette de Portici.
10 février. — Bénéfice de Jourdan. Lara.
21 février. — Grande Harmonie. Les Diamants de la Couronne, le Marché des Innocents.
17 mars. — Bénéfice de Mengal et de Mlle Dartaux. Mignon .
22 mars. —Grande Harmonie. Le Tannhduser.
Recettes.
1872. Septembre fr. 64,181 02
Octobre 58,474 I2
Novembre 60,394 86
Décembre 62,211 97
1873. Janvier 59*494 63
Février 61,338 65
Mars 76,369 94
Avril 91,094 69
Subvention 200,000 »
MM. A.-D. CAMPOCASSO, directeur-administrateur. Joseph DUPONT, premier chef d'orchestre.
Buziauj chef d'orchestre.