‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 123 sur 149 · ROSTAING · texte numérisé non relu

ROSTAING

Barytons

Basses :

M. Morlet.

MM. Chappuis.

Mechelaere.

Mmes Delanoue.

ISMAËL

Louise Maes.

Lkonie.

MM. Blondeau.

rullaert.

Vermatte.

Thonon.

Descamp.

Ballet.

Danseurs :

M. Duchamp.

Danseuses :

M. Deridder.

Mmes Lucia Zuliani.

Margottini.

Mme Mauri.

Mmes Monti.

Duhamel.

Huss.

Colette.

Vingt-huit danseuses.

Douze danseurs.

Ici commence Fère de prospérité du Théâtre de la Monnaie.

Stoumon et Calabresi reprennent la première scène belge, au lendemain des directions malheureuses de Vachot et d'Avrillon, après le passage tourmenté de Campocasso.

Calabresi venait de Gand avec une réputation de directeur habile. Stoumon apportait la bienveillance de lapresse, l'amitié des confrères qui avaient ramé avec lui sur la galère du journalisme, et il était connu du public par le nombre considérable de ballets qu'il avait fait représenter à l'Opéra de Bruxelles.

Aidés par des collaborateurs dévoués et capables, déployant euxmêmes une habileté reconnue, favorisés par les circonstances, recrutant des troupes auxquelles la vogue s'attache immédiatement, présidant au choix du répertoire avec un discernement indiscutable, rencontrant dans le public et la presse l'appui le plus sympathique, ils vont exploiter le théâtre pendant neuf années consécutives, avec un succès artistique et financier sans précédent.

Leur coup d'essai fut un coup de maître. Une troupe de premier ordre leur permet de donner libre carrière à leurs goûts artistiques...

Parmi les nouveaux visages, citons :Bertin, le charmant ténor de rOpéra-Comique;Morlet, de TOpéra-Comique aussi, qui, en sortant de la Monnaie, créa une foule d'opérettes en vogue; Neveu, toujours de l'Opéra-Comique, basse chantante au timbre mordant, disparu aujourd'hui.

Puis Mme Derivis, de l'Opéra, et les trois Alices, comme on les nommait dans la ville : Alice Bernardi, Alice Reine et Alice Renaud, qui débutait alors, et dont la fin tragique eut tant de retentissement.

L'année théâtrale commence par des représentations de Sylva. La voix de clairon et le style large du prestigieux artiste produisent le plus grand effet dans le Trouvère, Robert le Diable, le Prophète, la Juive et V Africaine. Une opposition assez hostile surgit pourtant dans une certaine partie du public. Le 25 novembre, M. N***, abonné, donne de telles marques de désapprobation, pendant le duo du 4me acte de V Africaine, que Sylva l'interpelle, et, de la scène, le traite de lâche !

Quelques jours après, un nouvel incident se produit encore. On jouait la Muette. Devoyod, peu satisfait du mouvement qu'avaient pris l'orchestre et Warot, dans le fameux duo, manifestait le mécontentement le plus visible; puis, n'y tenant plus, il descend vers le pupitre du chef d'orchestre et bat la mesure avec le pied, — ostensiblement. Dupont se lève, frémissant ; il brandit son archet, qu'il laisse retomber à plusieurs reprises, avec bruit, sur la boîte du souffleur, et il rétablit le rythme... Et le public ne bronche pas !

Le Requiem, de Verdi, exécuté pour la première fois à Bruxelles, n'attire que peu de monde, mais obtient un honorable succès. Une Compagnie Italienne parcourait l'Europe, et faisait connaître l'œuvre composée pour l'anniversaire de la mort du grand poète italien, Manzoni.

Pour remplacer MUc Renaud, malade, radministration engage Mllc Van den Berghe, qui fit désormais partie de la troupe.

Libert succède à Barbet qui, en quittant Bruxelles, partit pour Alger: quelques jours après son arrivée, pendant la représentation des Mousquetaires de la Reine, — sur la scène même, il fut frappé d'aliénation «mentale. C'était un spectacle pénible ; l'infortuné Barbet s'efforçait d'achever son rôle; le public l'applaudissait pour l'encourager; mais, à la fin de la soirée, il était fou furieux, et se débattait contre des ennemis imaginaires...

Joseph Dupont est nommé Chevalier de l'Ordre de Léopold, le ier janvier. Un banquet de cent cinquante couverts réunit les artistes de l'orchestre et de la scène. Trois toasts à la santé du maestro sont portés par MM. Anspach, Gevaert et Stoumon.

Le 12 janvier, Mmc Lucca, attendue depuis longtemps, commence par V Africaine une série de représentations. La tragédienne lyrique venait d'être victime d'un accident qui aurait pu entraîner les plus graves conséquences. Elle se rendait, en voiture, de son château à Zurich. Près du lac, pour une cause restée ignorée, ses chevaux s'emportent, et Pauline Lucca est précipitée dans l'eau, tandis que son mari essaye en vain de maîtriser l'attelage. On eut toutes les peines du monde à retirer la pauvre chanteuse ; on la soigna énergiquement, et elle en fut quitte pour un bain forcé et une grande peur.

Mais l'événement de la saison fut la « première » de Carmen. Ne nous attardons pas au compte-rendu de cette soirée — plus mémorable qu'on ne l'avait prévu sans doute, car l'immortel chef-d'œuvre de Bizet avait été accueilli froidement à Paris, et c'est grâce à une interprétation irréprochable, à l'appui éclairé de la presse bruxelloise, que cette merveilleuse musique est, dès aujourd'hui, universellement connue.

A la répétition générale, Calabresi se cassa la jambe. Le sympathique imprésario se remit promptement de ce fâcheux accident.

Avec Carmen, nous voyons au tableau des « premières », un petit opéra comique de Joseph Michel : Aux Avant-postes ; — puis deux ballets : Les Fumeurs de Kiff, d'Emile Mathieu, qui conquérait modestement ses droits d'entrée, et préparait déjà sa triomphale Richilde ; et la Moisson, récoltée sous le voile de l'anonyme, musique de Stoumon, qui avait eu la délicatesse de ne pas signer une œuvre représentée sur son propre théâtre.

Pour clore le récit de cette campagne, ajoutons qu'elle fut marquée

par de nombreuses paniques : le 25 mars, 1 artifice de la Reine de Saba communique le feu aux décors, sur une étendue de trois mètres; — quelques jours plus tard, même accident; — le 5 avril, au 5me acte du Prophète, la ferme du palais qui disparaît dans les dessous, y arrive tout enflammée; grâce à de rapides secours, ce commencement d'incendie fut promptement conjuré.

La saison se termine par les représentations à bénéfice. Pour les adieux de Devoyod, la femme du bénéficiaire, Mmc Devoyod-Acs, se fit entendre devant une salle plus que comble.

Premières Représentations.

1875. 2 décembre. — Requiem, de Verdi.

1876. ier février. — Carmen, opéra comique, en 3 actes, de Meilhac et Halévy, musique de G. Bizei.

Don José MM. Bertin.

Escamillo Moki.et.

Zuniga Neveu.

Le Dancaïre Chappuis.

Le Remendado Guérin.

Morales Pellin.

Carmen ^mes rjERIVIS.

Micaè'la A. Renaud.

Frasquit 1 Reine.

Mercedes Léon.

20 avril. — Aux Avant-postes, opéra, en 1 acte, de Ohnet, musique de Joseph Michel.

Ballets.

1875. "5 octobre. — La Moisson, 1 acte, de Stoumon.

1876. 15 avril. — Les Fumeurs de Kiff,

3 tableaux, de Gaston Bérardi, musique d'ÉiuiLE Mathieu.

Répertoire (reprises).

La Reine de Chypre.

Les Huguenots.

La Muette de Portici.

Le Trouvère.

La Somnambule.

Robert le Diable.

Faust.

La Juive.

L'Africaine.

Lucie de Lammermoor.

Le Prophète.

La Favorite.

La Traviata.

La Dame Blanche.

Le Chalet.

Les Travestissements.

Bonsoir Voisin.

Mireille

Le Pardon de Ploërmel.

Le Prè-aux-Clercs.

La Poupée de Nuremberg.

Fra Diavolo.

Le Postillon de Lonjumeau.

Les Noces de Jeannette.

Nécrologie.

1875. Septembre. — Décès, à Ostende, de M. Singelée, ancien chef d'orchestre du Théâtre.

Octobre. — Décès de M. Philippe Thibeau, ancien régisseur général de la Monnaie.

Décès de M. Walravens, musicien de l'orchestre.

Décès de M. Vandensavel, organiste accompagnateur du Théâtre.

Décès de M. Bauwens, musicien de l'orchestre.

Ballets.

Coppelia.

Ondine,

Remplacements d'Artistes.

Barbet remplacé par Libert.

Mmes A. Renaud remplacée par Mmes Van den Berghe Bringhetti » Viale.

Artistes en Représentations.

Du 8 octobre 1875 au 5 janvier 1876. — Sylva, premier ténor de l'Opéra. 18 représentations.

1875. Du 22 octobre au 6 décembre. — Warot, ténor. 6 représentations.

1876. Du 12 janvier au 7 février. — Mme Pauline Lucca. 9 représentations. (Recettes, 83,976 francs.)

Du 24 mars au 4 avril. — Sylva. 13 représentations. Mars. — Mlle Ferrucci et M1Ie Montoya.

Appointements mensuels.

Ténors : Sylva, 7,000 francs; Warot, 5,600 francs;

Berlin, 2,200 francs ; Hurt Libert, 1,400 francs;

Guérin, 600 francs; Lestellier, 500 francs. Barytons • Devoyod, 5,000 francs ; Morlet, 1,500 fr. Basses : Echetto, 2,200 francs ; Neveu, 1 ,800 francs ;

Chappuis, 500 francs; Mechelaere, 550 francs. Chanteuses : MmfS Bernardi, 2,500 francs; Renaud,

500 francs; Hamaekers, 4,000 francs; Dérivis,

4,000 francs; Reine, 2,000 francs; Delanoue,

300 francs ; Ismaël, 500 francs ; Van den Berghe,

Danseurs: Lamy, 825 francs ; Duchamp, 275 francs. Danseuses : Mmes Lamy, 1,350 francs; Viale,

850 francs ; Mauri, 475 francs ; Zuliani, 500 francs. Total par mois : 48,425 francs.

Recettes et Dépenses.

Du Ier septembre au 30 avril. Frais d'éclairage, 25,069 francs. Frais de chauffage, 3,998 francs.

Recettes. Abonnements. . . . fr. 128,824 13

Locations et bureaux . . 549,250 50

Subsides 204,000 »

Représentations diverses . 49,200 »

Bals 26,427 »

Divers 11,882 72

Total . . IV. 969,584 35 Dépenses 937>792 84

Bénéfice fr. 3I»79I 51

Représentations Extraordinaires.

1875. *6 octobre. — Grande Harmonie. La Reine de Chypre.

30 octobre. — Bénéfice de la Crèche de Lacken. Le Pardon de Ploërmel (Recettes, fr. 3,520-25.)

16 novembre. — Grande Harmonie. Mireille; les Noces de Jeannette.

18 décembre. — Grande Harmonie. Robert le Diable (Sylva).

1876. 8 janvier — Grande Harmonie. Ze Pré-aux- Clercs; la Poupée de Nuremberg.

7 février — Bénéfice de MIlé Pauline Lucca, Frx Diavolo (ier et 2me actes); Faust (3me acte). (Recettes, 9,121 francs.)

8 février. — Grande Harmonie. Le Prophète. (Sylva).

14 mars. — Grande Harmonie. Carmen.

8 avril. — Bénéfice de Cloetens, contrôleur en chef. Rigoletto ; Ondine. (Recettes, fr 4.361-50 )

27 avril. — Bénéfice de Warot. Faust. (Recettes, fr. 3,754-25.)

29 avril. — Bénéfice de Devoyod. L'Africaine, avec Mme Devoyod-Axs. (Recettes, fr. 5,095-50.)

4 mai. — Bénéfice de Lapissida. Carmen: le Prophète (3me acte). (Recettes, fr. 4,526-50.)

5 mai. — Une représentation au Théâtre de Huy, ' avec le personnel du Théâtre de la Monnaie. Rigoletto.

25 mai. — Bénéfice de MIIc Hamaekers. Lucie de L animer moor ; la Poupée de Nuremberg. (Recettes, fr. 2,484-25.)

1875. 2 décembre. — Requiem, de Verdi, par la troupe Italienne. (Achard, Epovoleri, Mmes Duval et Barlani ; chef d'orchestre : Muzio.)

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directeurs.

MM. STOUMON,

CALABRESI,

Joseph DUPONT, premier chef d'orchestre.

Henri Warnots, chef d'orchestre.

Lapissida, régisseur général.

Masson, régisseur.

Hanssen, maître de ballets.

Duchamp, régisseur du ballet.

Emile Mathieu, )

r. .. pianistes accompagnateurs.

Paul Mailly, ) r r °

MM. Tournié.

Bertin.

Pellin.

Grand opéra, Traductions, Opéra comique.

Ténors :

MM. Lemercier.

Guérin.

Masson.

M. Devoyod.

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