‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 128 sur 149 · POIGNY · texte numérisé non relu

POIGNY

Hanssen.

Danseuses

MM

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Deridder.

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Amélie Colombier.

ROSINA VlALE.

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Nelly.

lucia zuliani

Ce tableau comprend plusieurs noms d'artistes qui devaient bientôt gagner la faveur du public bruxellois.

D'abord, Gresse, Dauphin et Soulacroix, ces trois anabaptistes, qui eussent pu former un autre trio belge, et que la direction sut s'attacher pendant de longues années.

Dauphin est déjà connu.

Gresse conquit tous les suffrages, du premier coup. Sa superbe voix — large et sonore d'un bout à l'autre de l'échelle vocale — faisait merveille, et il devint bientôt l'enfant gâté des Bruxellois, qu'il ne quitta que pour entrer à l'Opéra.

Soulacroix sut aussi mériter l'affection des habitués de la xMonnaie. Il interpréta les rôles les plus divers, toujours applaudi, toujours sympathique, toujours fringant, et, comme son camarade, quitta Bruxelles pour Paris, où il ne tarda pas à devenir 1 idole du public de TOpéra-Comique.

Rodier avait chanté deux ans à Anvers, presque ignoré des Bruxellois, auxquels Saint-Saëns voulut le faire connaître. Il demeurera à Bruxelles jusqu'à la fin de la direction Stoumon et Calabresi.

Mauras, qui devait tenir l'emploi de « second ténor, en double », ne put se rendre à son engagement. Il était lié par le service militaire. Quelque temps après, il débuta à l'Opéra-Comique, puis partit pour l'Amérique, pour rentrer ensuite premier sujet à la salle Favart. En 1887, il arrive à la Monnaie en qualité de ténor léger, et, deux ans après, meurt d'une terrible maladie à l'hôpital Saint- Jean.

Couturier était un solide baryton d'opéra, à la voix puissante, tout frais émoulu du Conservatoire de Paris. Il avait suivi en Belgique sa camarade de classe, M"c Vaillant, qu'il ne tarda pas à épouser, à Bruxelles même, en l'église protestante du Musée (le 22 février 1879).

Marguerite Vaillant venait de remporter tin éclatant premier prix,

dans une scène de Mireille. Les directeurs de la Monnaie avaient été émerveillés de la fraîcheur de sa voix, de ses charmes physiques, de la grâce touchante avec laquelle elle incarnait l'héroïne de Mistral. Ils lui signèrent un engagement, devançant ainsi Carvalho, directeur de lOpéra-Comique, auquel le gouvernement français laisse pleins droits sur les lauréats. Un procès assez retentissant fut intenté à M"e Vaillant, et la jolie transfuge dut payer un dédit de quinze mille francs.

Elly Warnots partageait avec elle remploi de chanteuse légère. C'est la fille du professeur de chant bien connu, et elle fut vite appréciée par les dilettanti.

Tous ces jeunes artistes formaient un élément, précieux pour la composition d'une troupe recrutée à peu de frais, grâce à la perspicacité des directeurs.

L'ouverture de la saison s'effectue le 5 septembre — cette fois par ï Africaine.

A une représentation des Huguenots, au cinquième acte — au moment où des coups de feu sont tirés sur Valentine, Raoul et Marcel — un figurant ajuste Gresse, à bout portant, et lui brûle la barbe. Le sympathique chanteur en fut quitte pour la peur, car son appendice, en crêpé, sortait des magasins du coiffeur.

Le 5 décembre, on donnait le Cheval de bronze. A la fin du deuxième acte, le brave cheval... de bronze reste au milieu de sa route, se débattant et agitant les pattes parmi les nuages... en bois. La pauvre Péki ne se trouvait guère à Taise dans une semblable situation. Mais, malgré les cris d'effroi qui se firent entendre autour d'elle, la belle se tint bravement cramponnée à son coursier, attendant qu'il se décidât à fendre les airs — exercice auquel il se refusait obstinément. Néanmoins, Péki sut délivrer Stella de sa captivité céleste et la ramener sur la terre, dans un palais magnifique, au milieu de tout un peuple prosterné.

Après la période des débuts et des reprises, nous avons quelques représentations d'Adelina Patti et de M. Nicolini, dont les recettes s'élèvent à 1 15,772 francs. On fait à la cantatrice ses ovations accoutumées, mais son partenaire est accueilli assez froidement. La somme des cachets touchés par les deux artistes n'est pas inférieure à 60,000 francs.

Le 10 décembre, les comédiens du Théâtre-Français, parmi lesquels Sarah Bernhardt et Mou net-Sully, se font applaudir par une salle absolument bondée.

Le 19 décembre, Mllc Heilbronn inaugure une brève série de représentations (la Traviata et Faust). Elle ne s'était fait entendre qu'une fois à Bruxelles, en 1870, lorsqu'elle y passa pour se rendre en Russie. Elle venait alors de quitter Paris, après un échec à l'Opéra- Comique et des triomphes faciles dans l'opérette. Mais maintenant elle était dans la plénitude de son talent et dans toute la floraison de son ardente nature. Son succès fut très grand.

En janvier, Faure fait une trop courte réapparition. Le grand artiste chante Guillaume Tell, Faust, la Favorite, Hamlet et l'Etoile du Nord. Enregistrons, enfin, le retour, en avril, de Patti et de Nicolini.

Cette année, il faut attendre jusqu'en février avant de voir une nouveauté. Il était écrit que les théâtres belges seraient une cour d'appel devant laquelle les compositeurs malheureux porteraient leurs différends, et tâcheraient de faire casser le jugement qui les avait frappés d'abord. Et il était écrit aussi que, lorsque ce jugement serait injuste, le public de Bruxelles ne craindrait pas de donner une leçon à son voisin de Paris. Il en fut ainsi avec le Timbre d'argent que Saint-Saëns apportait du Théâtre Lyrique et qui vit la salle confondre dans les bravos l'œuvre et les interprètes.

La fin de la campagne est marquée par une création : L'Orage, opéra en un acte d'Armand Silvestre, musique de M. Urich, jeune compositeur, d'origine anglaise. Cette partitionnette renfermait de jolis morceaux, et, bien qu'elle ait été jouée peu de jours avant la clôture, sa réussite fut telle que les auteurs n'hésitèrent pas à la transformer en trois actes et qu'elle figure maintenant — sous le titre de le Pilote — dans le programme qui vient d'être publié pour la saison de 1890, au Casino de Monte-Carlo.

Premières Représentations.

1879. 10 février. — Le Timbre d'argent, opéra fantastique, en 8 tableaux, de Michel Carré et J. Barbier, musique de Saint-Saëns. (Rodier, Soulacroix,Lefèvre, Mmes Vaillant, Lonati, Viale.)

2 mai. — L'Orage, opéra comique, en 1 acte, d'A. Silvestre, musique de John Urich.

Appointements mensuels.

Ténors : Tournié, 8,000 francs ; Rodier, 3,500 francs; Lefèvre, 1,350 francs ; Guérin, 600 francs ; Vouler, 500 francs.

Barytons : Couturier, 3,000 francs; Soulacroix, 1,000 francs.

Basses : Gresse, 1,300 francs; Dauphin, 1,800 francs; Chappuis, 550 francs; Mechelaere, 550 francs.

Chanteuses : Mmes Fursch-Madier, 5,000 francs; Bernardi, 2,000 francs; Hamaekers, 3,000 francs; Vaillant, 1,800 francs; Warnots, 1,800 francs; Lonati, 1,000 francs ; Dupouy, 400 francs; Ismaël, 500 francs.

Danseurs : Hanssen, 500 francs ; Poigny, 550 francs ; Duchamps, 300 francs.

Danseuses : Mœes Cora, Adriana, 1,000 francs; Viale, 950 francs; Zuliani, 500 francs; Ferrario, 500 francs.

Total par mois, 41,950 francs.

Remplacements d'Artistes.

Laurent, remplacé par Voulet.

Mme Colombier, remplacée par Mme Dora-Adranne.

Répertoire (reprises).

A ïda .

L'Africaine.

Guillaume Tell.

Robert le Diable.

Faust.

Les Huguenots.

Roméo et Juliette.

Vioktta.

Lucie de Lammermoor .

Le Trouvère.

La Reine de Saba.

Cinq-Mars.

Le Prophète.

II a mie t.

La Somnambule.

Lohengrin.

La Favorite

Mireille.

La Dame Blanche.

Le Toréador.

L'Étoile du Nord.

Les Diamants de la Couronne.

Le Barbier de Séville.

Le Cheval de Bronze.

Les Mousquetaires de la Reine.

Le Nouveau Seigneur du Village.

Giralda.

L'Épreuve villageoise.

Zampa.

Artistes en Représentations.

1878. Du 31 octobre au 19 novembre. — Mme Patti etNicolini. La Traviata ; Lucie de Lammermoor; Faust; le Barbier de Séville ; le Pardon de Ploërmel; Aïda ; le Trouvère ; Hernani; la Somnambule ; Roméo et Juliette. 7 représentations. (Recettes, fr. 115,772-90.)

10 décembre. — Artistes de la Comédie Française. (Mounet-Sully, Silvain, Davrigny, Boucher, Mmes Sarah Bernhardt, Schmit, Lecomte, Alice Lody.)

Du 19 décembre. — Série de représentations de Mme Heilbronn. Traviata ; Faust.

1879. Du 16 au 31 janvier. — Faure. Guillaume Tell; Faust; la Favorite; l'Etoile du Nord; Hamlet. 7 représentations. (Recettes, fr. 46,848-50.)

Du 19 au 26 avril. — Mme Patti et Nicolini. 3 représentations. (Recettes, 26,583 francs.)

Recettes et Dépenses.

Recettes. Abonnements . . . . fr. 85,393 32

Locations et bureaux. . . 562,303 25

Subsides 204,000 »

Représentations diverses . 67,438 »

Bals 29,382 »

Divers 7,794 °6

Total. . . fr. 956,310 63

Dépenses 917,408 73

Bénéfice fr. 38,901 90

Représentations extraordinaires .

1878. 22 août. — Représentation gala. Noces d'argent de LL. MM. le Roi et la Reine. Aïda.

24 août. — Représentation gratuite pour les Instituteurs et Institutrices du Royaume. Aïda.

8 septembre. Représentation gala, en présence de LL. MM. le Roi et la Reine. L'Africaine.

48me anniversaire de l'Indépendance Nationale. Matinées gratuites. 24 septembre, Toréador. 26 septembre, la Dame Blanche.

26 octobre. — Grande Harmonie. La Dame Blanche.

27 octobre. — Spectacle gala, en présence de LL. MM. le Roi et la Reine, et du Duc et de la Duchesse de Saxe-Cobourg. Robert le Diable

28 octobre. — Spectacle gala. Roméo et Juliette. 31 octobre. — Spectacle gala, avec Mme Patti.

(Recettes, fr. 15,878-50.) 26 novembre. — Grande Harmonie. Roméo et

Juliette.

5 décembre. — Bénéfice de la Crèche'de Laeken,

sous le patronage de S. M. la Reine. Le Cheval

de Bronze. (Recettes, 3,000 francs ) 21 décembre. — Grande Harmonie. Les Huguenots. 1879. I0 février. — Spectacle gala, en présence de

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