‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 132 sur 149 · MM., POIGNY · texte numérisé non relu

MM., POIGNY

MM, Ph. Hanssen

DUCHAMP.

Danseuses

Deridder.

Mmes Adelina Gedda.

Mmes ESSELIN.

RlCCI-PoiGNY.

Valain.

La campagne commence, cette fois, deux mois avant la date habituelle.

Le Gouvernement a voté un subside supplémentaire pour l'exploitution du théâtre pendant les fêtes de juillet et août, avec l'obligation de donner les œuvres d'auteurs belges : Richard Cœur- de-Lion, de Grétry, — Gilles Ravisseur, de Grisar, — Quentin Durward, de Gevaert.

Dans leur précipitation à préparer cette season extraordinaire, il est aisé de comprendre que les directeurs n'eurent guère le temps de recruter des éléments pour leur troupe. Du reste, leurs pensionnaires avaient gagné toutes les sympathies du public, et le mieux était de conserver le même personnel. Aussi ne voyons-nous que deux noms nouveaux : celui de Mme Bosman et celui de M1Ie Hervey, toutes deux élèves du Conservatoire de Bruxelles.

La première faisait partie du ballet, à l'arrivée de Stoumon et Calabresi. Lorsque ces intelligents impresarii voulurent doter leur scène de l'œuvre immortelle de Bizet, Carmen, ils choisirent quelques danseuses pour renforcer les chœurs des cigarières. Mrae Bosman appartenait au groupe de ballerines chantantes. Les directeurs, frappés du timbre de sa voix, facilitèrent son admission au Conservatoire; et, maintenant, elle débute sur ce même théâtre, dans cette même pièce de Carmen (rôle de Micaëla) , où elle fait ses premiers pas, en qualité de chanteuse, cette fois.

Mme Fursch-Madier, assez gravement indisposée, fut remplacée par Mlle Baux, de l'Opéra. En juillet, Mllc Bilbaut-Vauchelet, de l'Opéra- Comique, et, en août, Mlle Marie Vachot, vinrent compléter la troupe.

Ces trois artistes furent favorablement appréciées.

Mlle Baux, avec sa magnifique prestance et son bel organe, produisit la meilleure impression.

Mlle Bilbaut-Vauchelet, sortie depuis peu du Conservatoire de Paris, où elle avait reçu les leçons de l'éminent professeur Saint- Yves Bax, charma les dilettanti par la pureté de son style, la fraîcheur de sa voix et la grâce qui s'attachait à toute sa personne. Mlle Bilbaut retourna ensuite à l'Opéra-Comique,. où elle épousa

Le Théâtre de la tMonnaie. — 1 880-81. 585

son camarade Nicot, le délicieux ténorino. Elle est aujourd'hui retirée du théâtre et ne se fait plus entendre que par intervalles dans les concerts.

MUe Marie Vachot, fille de l'ancien directeur de la Monnaie, aujourd'hui Mmc Jouanne, reçut également l'accueil le plus flatteur. Ouverture, le ier juillet.

Grétry inaugure la série des œuvres nationales. Richard Cœurde-Lion, monté avec le texte primitif, un luxe très remarquable de décors et de mise en scène et une interprétation digne du chefd'œuvre, fut un succès magnifique.

Cette soirée est suivie d'une véritable solennité, événement musical et patriotique : la reprise de la Muette de Portici! Le souvenir qui se rattachait à ce glorieux opéra était gravé dans l'esprit de tous. La salle comble, prête à se soulever d'enthousiasme, fait une ovation aux survivants des journées de septembre, qui s'étaient installés dans une loge d'entre-colonnes, et salue, par des acclamations répétées, le fameux duo : Amour sacré de la patrie, chanté par Sylva et Devoyod.

Les Monténégrins prennent le second tour parmi les œuvres belges. L'opéra comique deLimnander ne figurait pas, tout d'abord, sur la liste des ouvrages imposés, mais de hautes influences furent, paraît-il, plus fortes que la commission : Les Monténégrins occupèrent la place de Quentin Durward, représenté plus tard, au milieu de l'hiver.

Signalons une reprise de la Bernoise ; le passage de la basse Paravey, aujourd'hui directeur de l'Opéra-Comique (Faust et Mireille), et la « première » d'un ballet : La Nuit de Noël, de Stoumon (sans Calabresi).

La campagne se poursuit alors avec une suite de soirées intéressantes, parmi lesquelles il faut placer, en première ligne, celle de Quentin Durward, costumes et décors nouveaux.

En décembre, les directeurs font notifier à l'Administration communale « l'impossibilité où ils se trouvent d entreprendre pour un nouveau terme de trois ans l'exploitation de la Monnaie, si on ne leur fournit pas le moyen de faire face aux exigences de la situation toute nouvelle qui leur a été créée par les prétentions des auteurs français, qui modifie complètement les conditions du cahier des charges et qui les empêcherait à l'avenir de maintenir le Théâtre-Royal au niveau auquel ils ont su l'élever ». Il en résulte un subside supplémentaire de 1 5,000 francs.

Premières Représentations.

1881. Mars. — Le Chanteur de Médine, opéra comique en 1 acte, de Delongchamps, musique de François-Marie Demol.

Sélim MM. Lefèvre.

Nassam ........ Ciiappuis.

Aboulifar Guérin.

Zulma Mme Lonati.

8 avril. — Le Capitaine Raymond, opéra comique, de Coveliers, musique de Colyns. (Rodier, Soulacroix, Dauphin, Mme Deschamps).

Ballet.

1880. ^octobre. — LaNuit de Noël, de Stoumon.

Appointements mensuels.

Ténors : Sylva, 9,500 francs; Massart, 1,500 francs:

Rodier, 4,000 francs; Lefèvre, 1,350 francs;

Voulet, 500 francs ; Guérin, 600 francs ; Masson,

250 francs.

Barytons : Devoyod, 4,500 francs ; Soulacroix,

1,500 francs.

Basses : Gresse, i,8oo francs; Dauphin, 2,000 fr. ;

Chappuis, 550 francs ; Lonati, 550 francs. Chanteuses : Mmes Fursch-Madier, 5,800 francs;

Duvivier, 1,400 francs; Rebel, 1,800 francs;

Bosman, 500 francs; Hervey, 350 francs;

Lonati, 1,500 francs; Ismaël, 500 francs; Deschamps, 1,200 francs.

Danseurs : Poigny, 550 francs; Duchamp, 325 fr. Danseuses : Gedda, 850 francs; Ricci, 700 francs;

Esselin, 500 francs ; Valain, 500 francs. Total par mois, 44,275 francs.

Répertoire (reprises).

Les Huguenots.

Robert le Diable.

Freischùtz.

L'Africaine .

Charles VI.

Faust.

La Muette.

Lucie de Lammermoor.

Le Prophète.

La Favorite.

Aida.

Guillaume Tell.

La Juive.

La Traviata.

Rigoletto.

La Somnambule.

Le Trouvère.

Carmen.

Richard.

Le Toréador.

Les Dragons de Villa rs.

L'Epreuve Villageoise.

Gilles Ravisseur.

Les Diamants de la Couronne.

La Flûte enchantée.

Les Monténégrins.

Mireille.

La Bernoise.

Piccolino.

Zampa.

Raymond.

Quentin Durward.

Artistes en Représentations.

1888. Du ier juillet. — Mlle Baux, première chanteuse, de l'Opéra. Robert; l'Africaine; Faust; Freischùtz.

20 juillet. — MIle Bilbaut-Vauchelet, première chanteuse, de l'Opéra-Comique. Les Diamants de la Couronne; la Flûte enchantée.

Du 21 août. — Mlle Marie Vachot, première chanteuse. Lucie; la Flûte enchantée; Mireille.

31 août. — Paravey, première basse du Théâtre d'Anvers. Faust; Mireille.

1881. Du 1 1 au 29 janvier. — Mrae Albani, cantatrice des Théâtres Italiens de Paris et de Londres. 6 représentations. (Recettes, fr. 34,423-50.)

14 avril. — Planté, pianiste.

Mai. — Artistes de la Comédie-Française, sous la direction de Coquelin et Dieudonné. 4 représentations : Une chaîne; Gringoire; Ernest; l'Aventurière; les Précieuses ridicules; Jean Marie; les Rieuses; Gabrielle.

Recettes et Dépenses.

Recettes. Abonnement. . . . fr. 89,219 44

Locations et bureaux . . 647,314 25

Subsides 204,000 »

Représentations diverses. 54,000 »

Bals 33,152 »

Divers . 9,852 63

Subsides extraordinaires . 1 77,499 47

Total. . . fr. 1,215,037 79

Dépenses 1,092,870 43

Bénéfices fr. 122,167 36

Représentations Extraordinaires.

1880. 6 novembre. — Grande Harmonie. Les Monténégrins.

30 novembre. — Au bénéfice de la Crèche de Laeken. Charles VI.

4 décembre. — Grande Harmonie. Aïda.

1881. 8 janvier. — Grande Harmonie. La Juive.

5 février. — Au bénéfice des inondés de la Belgique.

Quentin Durward.

12 février. Grande Harmonie. Quentin Durward.

25 février. — Société de bienfaisance française. Zampa.

7 mars. — Au bénéfice des inondés de la Belgique, sous le patronage de LL. MM. le Roi et la Reine, avec le concours de Mrae Albani (qui abandonne son cachet de 5,000 francs). Rigoletto. (Recettes,

12 mars. — Grande Harmonie. Zampa.

2 j mars. — Bénéfice de Cloetens, contrôleur en chef. L'Africaine. (Recettes, fr. 6,251-50.)

6 avril. — Bénéfice de Devoyod. Rigoletto; Hamlet (2me acte). (Recettes, fr. 6,332-50.)

9 avril. — Grande Harmonie. Rigoletto.

20 avril. — Bénéfice de Lapissida, régisseur général. Le Trouvère ; la Flûte enchantée (2 actes). (Recettes, fr. 4,197-50.)

En janvier, six représentations de Mme Albani. Recettes : 34,423 francs ; les chiffres ont leur éloquence.

Le 1 5 janvier, les eaux font irruption clans le foyer du public, le plancher est inondé, le plafond se crevasse. A la suite de cet accident, les spectateurs virent se fermer les portes du foyer, ce qui ne dut pas être une bien grande privation, si, dans ce temps-là, on n'avait pas plus l'habitude d'y aller qu'aujourd'hui...

Trois jours après, la première danseuse, la gracieuse Gedda, avait fait un voyage à Anvers, avec l'intention de rentrer à l'heure du spectacle. Mais le train qui devait la ramener fut bloqué par les neiges, et on l'attendit en vain.

Cet hiver, du reste, fut très rigoureux. A l'une des représentations du Prophète, avant les exercices des patineurs, Lapissida, en habit et en cravate blanche, vient excuser l'un des interprètes qui s'était trouvé fatigué durant le cours de la soirée. « Tiens! » s'écrie une voix aux galeries supérieures, a je croyais qu'il allait annoncer le dégel ! »

Puisque nous en sommes au chapitre des incidents, enregistrons celui du 20 février. Dans un entracte de Quentin Durward, une altercation des plus vive éclate entre Dupont et Devoyod. L'entr'acte dura plus d'une demi-heure, et le régisseur fut obligé de demander l'indulgence pour lirascible baryton « subitement indisposé ».

A quelques jours de là, Devoyod jouait le rôle de Valentin dans Faust. On sait que, à la rentrée des troupes, il doit faire nuit. Or, le gazier avait oublié de baisser les lumières, et le public entendit la voix tonnante du nerveux artiste s'écrier : « La nuit, s'il vous plaît! »

La saison clôture le 30 avril, après avoir révélé deux opéras comiques d'auteurs belges : Le Chanteur de Médine et le Capitaine Raymond.

MM. STOUMON,

directeurs.

CALABRESI,

Joseph DUPONT, premier chef d'orchestre.

Th. Warnots, chef d'orchestre.

Lapissida, régisseur général.

Léon Herbaut, régisseur.

O. Poigny, maître de ballet.

Duchamp, régisseur du ballet.

Maes, ) . .

^ ~ pianistes accompagnateurs.

Jc-mile Guerin, ) l °

Grand opéra, Traductions, Opéra comique.

Ténors :

MM. Vergnet.

Massart.

Rodier.

M. Manoury.

MM. Gresse.

Dauphin.

MM. Jouanne.

Mansuède.

GuÉRIN.

Barytons :

M. Fontaine.

Basses :

M. SOULACROIX.

MM. Chappujs.

BOUTENS.

Chanteuses :

Mmes DUVIVIER. * Mmes BOSMAN-HUYK.

Calvi. Lonati.

Alice RabanY. Hervay.

De Monval. Ismaël.

Blanche Deschamps. Angèle.

Ballet.

Danseurs :

MM. Poigny. MM. Ph. Hanssen.

DuCHAMP. DERIDDER.

Danseuses :

Mmes Adelina Gedda. Mmes Elvira Gedda.

Ricci-Poigny. Adèle André.

Le fort ténor Vergnet sortait de l'Opéra de Paris, où il avait chanté les rôles de demi-caractère. Il remplaçait Sylva, avec des qualités toutes différentes, mais fort remarquables, et qui ne manquèrent pas d'être appréciées.

Jouanne venait de Marseille. C'était un charmant ténorino, avec le physique et la taille" d'un « premier rôle ». Il épousa Mlle Vachot, que nous avons vue en représentations pendant la campagne précédente.

Manoury, après son départ de l'Académie de Musique, avait chanté à Anvers, Marseille, Milan et Turin. Dans cette dernière ville il créa Hamlet, rôle dans lequel il excellait. Il est aujourd'hui directeur du Conservatoire de New-York. Manoury venait après Devoyod. Il ne possédait pas la voix retentissante de son prédécesseur, mais il avait peut-être plus de charme; c'était un chanteur de goût et un comédien distingué : Varietas delectat! . xMlle Calvé, élève de Puget et de Mme Viardot, était douée d'une voix sympathique et d'une beauté sculpturale; elle réunit tous les suffrages dès sa première apparition dans Faust. Lorsqu'elle quitta Bruxelles, elle entra à l'Opéra-Comique ; puis s'en alla en Italie, et, en 1889, nous la retrouvons à Paris, au Théâtre-Italien de la Gaîté.

Mlle Rabany était au début de sa carrière : elle avait tout récemment terminé ses études à l'école de Duprez. Son père était un homme de lettres très aimé à Paris, M. Asseline. Elle débuta, à la Monnaie, dans Mireille.

L'ouverture s'effectue encore avec les Huguenots; mais, cette fois^ on avait une excuse : l'œuvre de Meyerbeer n'avait pas vu la rampe depuis deux ans,

Le premier acte intéressant de la direction est la reprise de la Statue. L'opéra de Reyer était demeuré dix-sept années dans les cartons de la iVLonnaie. Les goûts du public suivaient la marche rapide des événements, et c'est à ces heureux progrès que l'on doit, en grande partie, le succès du compositeur français, autrefois incomplètement apprécié, parce que, comme tous les réels talents, il devançait en quelque sorte son époque. Loin de paraître surannée, la partition de Reyer sembla donc, au contraire, tout à fait d'actualité. Elle était dignement interprétée par Mlle Bosman, MM. Rodier, Dauphin, Chappuis et Jouanne.

De 18 au 23 octobre, Sarah Bernhardt joue Hernani, Advienne Lecouvreur et la Dame aux Camélias.

Dès le commencement de la saison, on s'était livré aux études d un ouvrage que Massenet avait porté à la Monnaie : Hérodiade. Le jeune maître était plusieurs fois venu à Bruxelles, accompagné de son fidèle éditeur, Hartmann, et avait dirigé lui-même les dernières répétitions.

Jamais nouveauté n'avait excité à un aussi haut degré la curiosité publique. Pendant trois mois, le monde artiste s'occupa d Hérodiade et de iVlassenet. Les places furent littéralement prises d'assaut pour plusieurs représentations.

Enfin la « première » a lieu le 19 décembre. Presque tous les morceaux de la partition sont acclamés avec enthousiasme, plusieurs sont bissés, de nombreux rappels éclatent après chaque acte, et, à la fin, l'auteur, demandé à grands cris sur la scène..., a le bon goût de ne pas paraître. Tel est le bilan de cette soirée triomphale, qui a dû faire saigner le cœur de bien des impresarii, ne fût-ce que celui de Vaucorbeil, qui était dans la salle, — en bonne compagnie, du reste. En effet, à cette solennité assistaient les directeurs et la presse de Paris, les sommités des lettres et des arts, accourus de tous les coins de la Belgique, de la France, — et d'ailleurs.

Le talent élégiaque et gracieux de Massenet, « ce grand enjôleur de femmes, devenu tout à coup grand enjôleur de foules », fut mis encore en relief par les interprètes, en tête desquels Manoury, Mme9 Duvivier et Deschamps.

Détail piquant et caractéristique : le soir de la « première », au moment même "où le public envahissait la salle, Stoumon et Calabresi, en bras de chemise, promenaient fiévreusement la brosse sur la partie d'un décor — un escalier — que, par un oubli invraisemblable, les peintres avaient laissé inachevé.

Premières Représentations.

1881. 19 décembre. — Hérodiade, créé à Bruxelles, opéra en 3 actes, de Milliet et Grémont, musique de Massenet.

Jean MM. Vergnet.

Hérode Manoury.

Phanuel ... ... Gresse.

Vitellius Fontaine.

Le Grand prêtre Boutens.

Une voix Mansuède.

Salomé M,ncs Duvivier.

Hérodiade Deschamps.

La Sulamite Lonati.

Jeune Babylonienne .... Hervey.

Répertoire (reprises).

Les Huguenots.

Carmen.

La Favorite.

Les Dragons de Villars.

Mireille.

Faust.

Mignon.

La Traviata.

Le Prophète.

Guillaume Tell.

Fra Diavolo.

La Flïite enchantée.

La Dame Blanche.

Les Amours du Diable.

Appointements mensuels.

Ténors : Vergnet, 8,000 francs: Massart, 2,500 fr. ; Rodier, 4,000 francs; Jouanne, 1,400 francs; Mansuède, 150 francs; Guérin, 600 francs.

Barytons : Manoury, 3,500 francs ; Soulacroix, i,8oo francs; Fontaine, 450 francs.

Basses : Gresse, 1,800 francs; Dauphin, 2,000 francs ; Chappuis, 550 francs.

Chanteuses : Mraes Hamaekers, 2,000 francs; Duvivier, 2,000 francs; Calvé, 700 francs; Rabany, 1,800 francs; Deschamps, 1,000 francs; Bosman, 1,000 francs; Lonati, 1,500 francs; Hervey, 400 francs ; Ismaël, 500 francs.

Danseurs : Poigny, 575 francs; Duchamps, 325 fr.

Danseuses : Mmes Gedda, 900 francs; Ricci, 700 fr. ; Gedda, 500 francs; André, 350 francs.

Total par mois, 41,000 francs.

Ballets.

La Nuit de Noël.

Giselle.

Recettes et Dépenses.

Recettes. Abonnement . . . . fr. 105,078 87

Locations et Bureaux . . 587,294 »

Subsides ...... 219,000 »

Représentations diverses . 25,000 »

Bals 34><M9 »

Divers 5,187 76

Total. . . fr. 975,600 63

Dépenses 93i>910 43

Bénéfice fr. 43,699 20

55 représentations consécutives à"1 Hérodiade produisent une moyenne de recettes dépassant 4,000 francs, abonnement non compris.

Artistes en Représentations. Représentations Extraordinaires.

1881. Du 18 au 23 octobre. — Sarah-Bernhardt. 4 représentations. Hernani; la Dame aux Camélias; Adrienne Lecouvreur. (Recettes, fr. 41,598-50.)

1882. 15 avril. — Artistes de la Comédie Française. (Joliet, Davrigny, Lerou, Thiron, Prudhon, de Féraudy, Maubant, Mounet-Sully, Martel, Mmes Baretta, Persoons, Dudlay, Fayolle, Lerou, Vrignault). Les Ouvriers; VEté de la Saint- Martin; Bataille de Dames; Phèdre; Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée.

1881. 29 octobre. — Grande Harmonie. Les Huguenots.

29 novembre. — Grande Harmonie. La Statue.

24 décembre. — Grande Harmonie. Fra Diavolo ; Giselle (2me acte).

1882. 22 janvier. — Grande Harmonie. Guillaume Tell.

25 février. — Grande Harmonie. Carmen.

8 mars. — Bénéfice de Gloetens. Les Huguenots.

(Recettes, fr. 5,893-50.) 18 mars. — Société Française. Les Amours du

Diable.

21 mars. — Grande Harmonie. Les Amours du

Diable.

Bénéfice de Lapissida. Hérodiade. (Recettes,

fr. 6,231-50 )

Remplacements d'Artistes.

Mlle Rebel, remplacée par Mlle Hamaekers.

Nécrologie.

1882. 6 mars. — Décès de Wicart, ex-premier ténor du Théâtre de la Monnaie.

Massenet, invité à dîner à la Cour, fut nommé chevalier de l'Ordre de Léopold.

Voici comment la Gazelle raconte la troisième représentation d Hérodiade :

Ils l'ont vu enfin ! heureux abonnés de la Monnaie 1 C'était vendredi soir ; il était dans les coulisses comme finissait le deuxième acte d'' Hérodiade. Une formidable acclamation s'éleva tout à coup : Massenet [ Massenet !

Lui chercha à fuir d'abord, mais des mains solides l'empoignèrent. Et puis, on l'avait sermonné depuis trois jours, on lui avait fait comprendre qu'en refusant de se montrer, il les privait d'un plaisir auquel ils avaient droit. Il se laisse traîner à la rampe. Mais l'ayant vu, ils voulurent le revoir, histoire de se dédommager de la déception que sa fuite leur avait causée le soir de la première. Et puis, ils n'étaient pas d'accord sur la couleur du ruban rouge qu'il portait à la boutonnière. Etait-ce le ponceau de la Légion d'honneur ou l'amarante de l'Ordre de Léopold? Ils recommencèrent à crier pour qu'il revînt.

Il revint, traîné cette fois par les femmes. C'était bien l'Ordre de Léopold qu'il portait, et il en résulta un redoublement d'enthousiasme. Lui, mit la main gauche sur le cœur et la main droite envoya quelques baisers à la ronde. Satisfaits de l'avoir contemplé et justement fiers de leur victoire, ils se montrèrent généreux, et ne se le firent pas traîner devant eux une troisième fois.

Ils l'ont vu, ils sont heureux.

Le 29 janvier, entre le 2mc et le 3™ acte de Guillaume Tell, un commencement d'incendie, causé par la chute d'une lampe sur le plancher, cause un moment de panique dans le personnel du théâtre. Le danger est promptement conjuré, grâce au zèle et à l'habileté des pompiers de service.

Hérodiade, dont les lendemains étaient fournis par le répertoire, est jouée cinquante-cinq fois de suite, jusqu'à la fin de la saison. Le jour de la clôture, Massenet monte au pupitre et conduit lui-même son œuvre.

Le lendemain une grande partie de la troupe part pour Londres, où elle débute au Théâtre de Covent-Garden.

TJ

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