LÉONARD
Krier.
MM. SlMONIS.
Pennequin.
dobblaere.
Ballet.
MM. Saracco.
DUCHAMP.
Danseurs
MM. Desmet.
Deridder.
Danseuses :
Mmes Cleofe Lavezzari, première danseuse.
Consuelo de Labruyère, première danseuse demi-caractère.
TÉRÉSA MaGLIANI, ) , ,
„ \ deuxièmes danseuses.
Emilia Righettini, )
. Enrichetta Righettini, troisième danseuse.
Mmes Vanlancker, Tribout.
Desmet.
Sciiacht.
Trente-huit danseuses.
16 premiers dessus.
14 deuxièmes dessus.
8 enfants de chœurs.
Chœurs
Mmes J. Matthys.
Zuccoli.
Vangoethem M. Mathys.
Douze danseurs.
14 premiers ténors.
10 seconds ténors.
9 premières basses.
1 1 secondes basses.
12 premiers violons 1 1 deuxièmes violons
8 altos.
8 violoncelles.
8 contrebasses.
3 flûtes.
3 hautbois.
3 clarinettes.
1 saxophone.
6 cors.
Un chef
Orchestre.
Quatre-vingts musiciens.
3 bassons.
4 trompettes.
1 tuba.
4 trombones.
1 grosse caisse.
1 triangle-tambour.
1 timbalier.
1 cymbalier.
î harpe.
Musique de scène.
Vingt musiciens.
Vingt machinistes.
Vingt employés placeurs et ouvreuses.
Trente habilleurs et habilleuses.
On peut dire que jamais nomination ne fut aecueillie avec plus de sympathie que celle de Dupont et Lapissida.
Il est inutile de présenter au lecteur les deux associés qui avaient su, par leur activité, leur talent et leur probité, rendre leur nom, pour ainsi dire, populaire à Bruxelles, non seulement dans le monde artiste, mais encore dans le public tout entier.
Après le passage tourmenté de M. Verdhurdt, on ne s'était pas dissimulé que la succession Stoumon et Calabresi était toujours vacante; on avait apprécié combien elle était lourde, et ce n'est pas sans appréhension qu'on envisageait l'avenir de l'Opéra de Bruxelles.
L'arrivée de Dupont et Lapissida dissipa ces alarmes. On les connaissait, on les avait vus à l'œuvre depuis de longues années ; on savait que rien de ce qui touchait la scène dont ils prenaient la direction ne leur était étranger, — en un mot, qu'ils étaient de la maison.
Le premier, réputé comme l'un des plus éminents maestros de l'époque, était secondé dans sa rude tâche par un artiste de valeur, qui avait grandi dans l'orchestre même de la Monnaie : Léon Jehin.
Lapissida avait donné maintes preuves éclatantes de son savoir et de son expérience, et il s'adjoignit un second, dont le talent était attesté par une longue carrière : Falehîeri, ancienne basse chantante.
La nouvelle direction lut dune investie, tout de suite, de la confiance générale, et l'on va voir combien elle sut s'en rendre
digne, — car, dès ce moment, le Théâtre de la Monnaie s'éleva à un niveau où il sera désormais malaisé de le maintenir.
Cependant, les commencements furent fort difficiles. Sylva, le premier ténor, sur lequel les directeurs fondaient à bon droit de grandes espérances, débute... par un rhume; et — en dépit de tous les usages — la réouverture s'effectue par un opéra comique, — et un dimanche! C'est Zampa qui sauve la situation, le 5 septembre, avec Engel dans le principal rôle.
Sylva fut successivement remplacé dans X Africaine par Massart et Verhees, déjà connus à Bruxelles. Il débuta ensuite dans cet ouvrage, mais pour céder bientôt son rôle à Cossira, qui, du premier coup, conquit le public, grâce à des qualités naturelles tout à fait exceptionnelles, et qui, après avoir fait pendant un an la joie des Bruxellois, intenta un procès assez retentissant à Dupont et Lapissida, partit pour Lyon, où il plaida encore contre son nouveau directeur, et arriva enfin à l'Opéra de Paris, où il s'est créé une place enviable.
L Africaine servit aussi de début à M1Ie Litvinne (de son vrai nom, Litvinnoff). La nouvelle falcon était douée d'un physique majestueux et de lune des plus belles voix qu il soit possible d'entendre. Elle n'eut pas de mal à se concilier la faveur des habitués, et, après un séjour de deux ans à la Monnaie, alla rejoindre à l'Opéra ses deux beaux-frères Jean et Edouard de Reszké, les deux admirables artistes que Paris acclame depuis longtemps.
Mireille, Maître Palhelin et le Chalet servent d épreuves à la troupe d'opéra comique.
Dans l'œuvre de Gounod se révèle Mlle Vuillaume, une jeune et jolie chanteuse — véritable tempérament d'artiste — qu'une prochaine création, Lakmé, devait bientôt placer très haut dans l'estime des dilettanti.
Dans Mireille aussi Mme Gandubert interpréta avec agrément le petit rôle d'Andreloun, et le public apprécia le baryton Giraud, remplacé à la fin du mois par Corpait, qui ne tarda pas à résilier à son tour, laissant lemploi vacant.
Dans Maître Pathelin, paraissent Larbaudière, un charmant ténorino, et Mmc Gayet, une aimable duègne.
Sylva effectue son second début sous la cotte de mailles de
Robert; mais son indisposition persiste, et il est doublé par Lamarche, puis par Escalaïs, et enfin par De Keghel qui demeura attaché à la troupe.
On reprend ensuite le Prophète, où le grand ténor était si complet, et qui fournit une série de représentations fort suivies — mais Sylva, dont la santé était toujours chancelante, se décide à rompre définitivement son contrat.
Dans Robert le Diable on fait connaissance avec Mlle Martini, une falcon dramatique à la voix puissante, et dont l'ardeur tragique produisit un réel effet dans plusieurs rôles ; et la Favorite sert de début à M"e Balensi, contralto, en qui Ton fêta la femme plus encore que 1 artiste, mais qui abandonna bientôt la carrière lyrique.
Mlle Castagne, de l'Opéra-Comique, l'originale Galli-Marié, joue Carmen et les Dragons de Villars, et c est le répertoire — le bon et vieux répertoire — qui alimente les spectacles jusqu'à la ((première» de Lakmé — 29 novembre.
Cette soirée doit certainement prendre rang parmi les plus belles qu'on ait vues au Théâtre de la Monnaie. 11 serait difficile, en effet, d'enregistrer un succès plus franc, plus vrai, — plus durable. La délicieuse musique de Delibes valut de véritables triomphes à ses principaux interprètes : à Mlle Vuillaume, qui incarnait avec une grâce toute personnelle l'indolente Lakmé — à Engel, qui donnait une nouvelle preuve de son immense talent et de son admirable souplesse, — à Renaud, dont la belle voix sonnait à merveille dans les stances du Brahmine, et pour qui cette création fut le véritable point de départ dans la grande faveur du public.
Le soir de la « première », incident : l'affiche portait, pour le rôle de Mallika, le nom de MUe Wolf. Mais une heure avant le lever du rideau, on annonce que la jeune artiste est très gravement indisposée, et hors d'état de chanter. Cette fâcheuse nouvelle plonge les directeurs et le personnel dans le plus grand embarras; Delibes, qui avait dirigé les répétitions, et qui venait d'arriver au théâtre, était frappé de désespoir, lorsqu'on se souvint que MUe Castagne avait joué Mallika à l'Opéra-Comique. On eut toutes les peines du monde à la retrouver — chez des amis, où elle dînait. Enfin, le temps de revoir à la hâte les parties principales du rôle, d'en revêtir le costume, et la représentation commença, Le public n'avait rien perdu pour attendre.
M"e Wolf était, en effet, malade. Elle voulut, quelque temps après, reprendre son emploi, mais elle n'était qu'imparfaitement remise, et elle abandonna le théâtre au moment où la plus belle carrière s'ouvrait devant elle.
Le 19 janvier, l'Amour Médecin précède d'une semaine les Contes d'Hoffmann.
Dans cette dernière œuvre, Offenbach s'est élevé par moments à la hauteur d'un grand musicien. Le sceptique railleur avait, cette fois, jeté le masque, et l'accueil chaleureux que lui fit le public bruxellois ne rappelait en rien celui qui avait été réservé à Robinson, quelques années plus tôt. L'originale réunion des trois célèbres Contes d'Hoffmann, en une action qui se tient, où l'intérêt ne languit pas, et que Barbier — le librettiste-poète à qui Gounod est redevable de tant d'admirables livrets — avait si habilement composés sur une trame légère, produisit la plus grande impression, et donna les sensations les plus diverses, passant du plaisant au tragique, avec cette note continue d'étrangeté qui lui donne un caractère si empoignant.
Engel avait mis tant de soins dans la composition de son rôle que, pour rendre plus scrupuleusement les traits d'Hoffmann, il n'avait pas hésité à s affubler d'un faux nez et d'un faux menton! — M"c Vuillaume, que Mireille, Lakmê et la Fille du Régimenl avaient mise en vedette, charma tout le monde sous le costume de la poupée, et traduisit à merveille les élans dramatiques de la fameuse scène avec le docteur Miracle. Le reste de l'interprétation reçut les plus grands éloges : le moindre rôle était dignement distribué.
A la « quatrième », pendant le duo du 2me acte entre Giulietta et Hoffmann, le feu prend à l'un des candélabres de l'escalier du fond; — Nerval, qui jouait Pitichinacchio, armé d'un linge humide, entre en scène et éteint l'incendie, sans que ni Mlle Vuillaume ni Engel se fussent aperçus de rien.
Mais l'événement capital de la saison est la Valkyrie. C'était là première fois que le drame de Richard Wagner était interprété en français, et cette tentative avait attiré — outre le public bruxellois qui se bousculait aux portes — une foule considérable de fanatiques, venus de tous côtés, mais plus particulièrement de Paris, et dont les places étaient retenues depuis un mois.
L'admirable traduction de Victor Wilder — travail titanesque —
reçut tous les suffrages; la décoration, exécutée d'après des procédés nouveaux que Lapissida était allé étudier lui-même en Allemagne, produisit le plus grand effet : la distribution comprenait les premiers sujets de la troupe d'opéra, auxquels s'était joint un groupe de chanteuses, élèves du Conservatoire, qui représentait les Valkyries; l'orchestre, considérablement renforcé et... invisible, ou tout au moins dissimulé sur un plancher mobile qui s'abaissait par un système hydraulique, était conduit par le magistral et ensorcelant bâton du wagnérien Dupont. Selon le mode en vigueur à Bayreuth, un rideau, spécialement installé, s'ouvrait par les côtés; la salle était plongée dans l'obscurité pendant toute la durée de chaque acte, et les applaudissements, qui souvent interrompent l'action, étaient interdits avant le dernier accord de l'orchestre. Les artistes étaient un peu désorientés par l'absence des bravos encourageants, mais, après le baisser du rideau, la plus large compensation leur était réservée, car ils étaient salués par trois, quatre et jusqu â cinq rappels successifs — et collectifs.
En un mot, tout concourut au succès de cette œuvre géniale, et la deuxième partie de la Tétralogie des Nibelungen recevait à Bruxelles la consécration... française.
Deux ballets : Myosotis, de Flon, et le Lion Amoureux, de Pardon, confirment l'estime en laquelle les Bruxellois tenaient les deux compositeurs.
Après une rapide apparition de Mmc Caron, et deux soirées dramatiques où les artistes de la Comédie-Française donnent Francillon, l'année embellit ses derniers jours par quatre représentations avec le concours d'une étoile : Marcella Sembrich. La grande cantatrice fit salle comble avec Lucie, la Traviata, la Somnambule et le Barbier, qu'elle chantait en italien, tandis que ses partenaires lui donnaient la réplique en français.
C'est en cette année 1886-87 que fut enfin installé au Théâtre de la Monnaie le nouvel orgue qu'on demandait à grands cris depuis longtemps. Cet instrument, digne de la première scène belge, sortait des ateliers de MM. Schyven et Cie ; il est composé de vingt jeux et deux claviers, avec pédale séparée.
Premières Représentations.
1886. 29 novembre. — Lakmé, opéra comique en 3 actes, de Gondinet et P. Gille, musique de L. Delibes.
Lakmé Mmes Vuillaume.
Mallika Castagne.
Miss Ellen Legault.
Miss Rose Gandubert.
Mistress Bcntzon Gayet.
Gérald • • MM. Engel.
Nilakantha Renaud.
Frédéric Isnardon.
Hadji Gandubert.
Un domben Durand.
Un marchand Fleurix.
Un Kouravar Séguier.
1887. 19 janvier. — L'Amour médecin, opéra comique en 3 actes, de Ch. Monselet (d'après Molière), musique de Poise. (Gandubert, Renaud, Larbaudière, Nerval, Chappuis, Frankin, Blondeau, Séguier, Krier, Mmes Legault et Gandubert.)
28 janvier. — Les Contes d'Hoffmann, opéra
comique en 3 actes, de Jules Barbier, musique
de J. Offenbach.
Hoffmann MM. Engei..
Coppélius, Daperdutto, Miracle . . . Isnardon.
Schlemil Renaud.
Spallanzani ......... Chappuis.
Cochenille, Pitichinacchio, Frantz . . Nerval.
Crespel Frankin.
Hermann Séguier.
iNathanaél Larbaudière.
Luther. Vanderlinden.
Olympia, Giulietta, Antonia .... Mmes Vuillaume.
Nicklause Legault.
Un fantôme "YVolf.
9 mars. — La Valkyrie, drame lyrique en 3 actes, de Richard Wagner. (Représenté pour la première fois en français). Traduction de V. Wilder.
Siegmound MM. Engel.
Wotham Seguin.
Hounding Bourgeois.
Sieglinde Mmes Martini.
Brunehildc Litvinnb.
Fricka B/.lensi.
Mmes Legault, Thuringer, Pauer, Wolf, Hellen, Van Besten, Coomans, Baudelet.
Ballets.
1886. 11 décembre. — Myosotis, 1 acte, de P. Flon.
1887. 22 mars. — Le Lion Amoureux, 1 acte, de Cosseret et Agoust, musique de F. Pardon (avec chœurs et soli). Mme Gandubert, Larbaudière, Saracco. Duchamps, Deridder, Mmes Scorlino, Lavezzari, Righettini, Magliani, etc.
Répertoire (reprises).
Zampa.
L' Africaine.
Mireille.
Maître Pathelin.
Le Chalet.
Robert le Diable.
La Favorite.
La Traviata.
Les Huguenots.
La Dame Blanche.
Galathée.
La Fille du Régiment
Le Prophète.
Carmen.
Hérodiade.
Les Dragons de Villa rs.
Le Pardon de Ploërmel.
Le Farfadet.
Le Toréador.
La Juive.
Sigurd.
Les Rendez-vous Bourgeois.
Le Médecin malgré lui.
La Muette de Portici.
Faust.
Lucie de Lammermoor.
La Somnambule.
Le Barbier de Sèville.
Artistes en Représentations.
1886. 6 septembre. — Massart. L'Africaine, 9 septembre. — Verhees. L'Africaine.
17 septembre. — Dubulle, de l'Opéra. La Favorite. 20 septembre. — Hourdin, de l'Opéra. Robert le
Diable. 23 septembre. — Mlle Hasselmans. La Dame
Blanche.
Lamarche, de l'Opéra. Robert le Diable En novembre. — Mlle Castagne, de l'Opéra-Co-
mique. Carmen ; les Dragons de Villars ; Lakmé. 27 décembre. — Mlle Rémy. Carmen (Micaëla).
1887. 3 janvier. — Escalaïs, de l'Opéra. Robert le Diable.
Du 9 mars. — Dans la Valkyrie, cinq élèves du Conservatoire de Bruxelles. Mlles Pauer, Hellen, Van Besten, Coomans, Baudelet.
26 mars. — Mme Caron, de l'Opéra.
7 et 9 avril. — Les Artistes de la Comédie-Française. (Febvre, Thiron, Laroche, Worms, Prudhon, de Féraudy, Truffier, Mmes Reichemberg, Bartet, Schmidt, Kalb. Francillon, comédie en 3 actes, d'ALEXANDRE Dumas. (Recettes, 9,369 fr.)
14 avril. — Mlle Chassériaux.
Du 19 avril. — 4 représentations de Mme Marcella Sembrich. Lucie de Lammermoor ; Violetta ; la Somnambule; le Barbier de Sèville. (Recettes, 20,272 francs ) (Dans le Barbier de Séville, Falchieri, régisseur, chante le rôle de Bazile, et David, de passage à Bruxelles, celui de Figaro.)
Représentations Extraordinaires.
1886. 9 novembre. — Grande Harmonie. Les Huguenots.
16 novembre. — OEuvre des vêtements de Molen-
beek.
23 novembre. — Société Française.
1887. 8 janvier. — Grande Harmonie. Les Dragons de Villars.
15 février. — Grande Harmonie. Lakmé.
5 mars. — Grande Harmonie. Les Contes d'Hoffmann.
26 mars. — Les Chasseurs-Eclaireurs. Lakmé.
14 avril. — Bénéfice de Cloetens. Les Huguenots.
(Recettes, 6,375 francs.) Du 19 février au 20 mars. Quatre bals. (Recettes,
35,531 francs.)
Remplacements d'Artistes.
1886. 6 septembre. — Par indisposition de Sylva, Massart chante l'Africaine.
9 septembre. — Par indisposition de Sylva, Verhees chante l'Africaine.
17 septembre. — Par indisposition de Bourgeois, Dubulle chante la Favorite.
20 septembre. — Par indisposition de Bourgeois, Hourdin chante Robert le Diable.
23 septembre. — Par indisposition de MlIe Wolf, Mlle Hasselmans chante la Dame Blanche.
24 septembre. — Par indisposition de Sylva, Cossira chante l'Africaine.
ier octobre. — Par indisposition de MUe Balensi, Mlle Martini chante la Favorite.
18 octobre. — Par indisposition de Corpait, Renaud chante Carmen.
29 novembre. — Par indisposition de Mlle Wolf,
Mlle Castagne chante Lakmé. 4 décembre. — Par indisposition de Mme Gandu-
bert, Mlle Thuringer chante la Favorite.
9 décembre. — Par indisposition de Mlle Litvinne, Mlle Martini chante les Huguenots.
10 décembre. — Par indisposition de Mlle Castagne, MUe Martini chante Lakmé.
25 décembre. — Par indisposition de Mlle Thuringer, M"e Legault chante Robert le Diable.
1887. Ier janvier. — Par indisposition de Mllc Thuringer, Mlle Legault chante la Juive.
8 février. — Par indisposition de MUe Balensi, Mllc Martini chante la Favorite.
9 février. — Par indisposition de Mlle Balensi, Mlle Van Besten chante Sigurd.
25 février. — Par indisposition de Cossira, De Keghel chante la Juive.
En septembre. — Berroney résilie sans avoir chanté.
21 février. — Engel cède son rôle de Lakmé à Gandubert. Celui-ci est remplacé, dans le rôle d'Hadji par Larbaudière.
2 mars. — Engel cède son rôle des Contes d'Hoffmann à De Keghel.
MM. DUPONT et LAPISSIDA, directeurs.
Joseph DUPONT, directeur de l'orchestre.
Léon Jehin, chef d'orchestre.
Ph. Flon, deuxième chef d'orchestre, chef des chœurs.
LAPISSIDA, directeur de la scène.
Falchieri, régisseur général, parlant au public.
Léon Herbaut, deuxième régisseur.
Saracco, maître de ballet.
Grand opéra, Traductions, Opéra comique
Ténors :
MM. Engel.
Mauras.
Gandubert.
M. Séguin.
MM. VlNCHE.
ÏSNARDON.
Barytons
M. Rouyer.
Basses :
M. Pother.
MM. Boon.
Nerval.
Seuille.
M. Renaud.
MM. Chappuis.
Frankin.
Le Tlicâhc de la (Monnaie
(Chanteuses
Mmes Caron.
Melba.
Landouzy.
Mm-S Storell.
Haussmann.
Van Besten.
Mmes Ang. Legault.
Walter.
Gandubert.
Ballet.
Danseurs :
MM. Saracco.
DUCIIA.MP.
Mmes Sarcy.
Térésa Magliani.
MM. Desmet.
Deridder.
Danseuses :
Mmes Emilia Righettini.
Enrichetta Righettini.
Mme Zuccoli.
Les vacances n'avaient pas été perdues, et le public de la réouverture (samedi 10 septembre) put le constater, car il avait les prémices d'une salle renouvelée, étincclante, où se conciliaient les ordonnances communales, relatives au sauvetage, et le luxe moderne.
Cette fois encore les Huguenots ouvrent le feu. Les directions qui se sont succédé ont une préférence marquée pour cette œuvre qui leur permet de présenter, dans des rôles caractéristiques, les principaux sujets de leur troupe.
Les artistes d'opéra comique se font entendre, le lendemain, dans Haydée, et le mois d'ouverture se partage les soirées entre les Huguenots, Haydée, Mignon, Robert le Diable, le Chien du Jardinier, le Médecin malgré lui, la Favorite, l Africaine, les Dragons de Villars, et enfin, pour clôturer septembre, la passionnante Valkyrie.
C'est alors que nous assistons à un véritable défilé d'artistes : La campagne avait commencé avec des chanteuses recommandables, telles que M"e Léria, qui n'eut guère l'occasion de faire valoir ses rares qualités, — M"c Storrel, qui effectuait ses premiers pas sur la scène, et qui jouait déjà comme si elle avait eu plusieurs années de « planches », — M"c Haussmann, une Galli-Marié à la physionomie étrange et expressive, qui ne tarda pas à résilier, et qui lut remplacée par M"e Devigne, actuellement premier sujet clans les Compagnies Italiennes, ■ — M"c Van Besten, une bonne élève du
Conservatoire de Bruxelles, — Mme Walter, excellente duègne, qui venait de Liège, et, avec elles, Mmes Litvinne, Martini, Legault et Gandubert, déjà appréciées du public.
Mais, à ce moment, la troupe fut renforcée de trois cantatrices dont les noms brillèrent d'un éclat exceptionnel, et qui, par leur talent varié, formèrent un trio unique peut-être dans les théâtres lyriques : Caron, Melba et Landouzy !
La première avait laissé à Bruxelles les souvenirs les plus vivaces, et, après quelques démêlés avec la direction de l'Opéra, elle rentra simplement au bercail, où l'attendaient de nouveaux triomphes.
Mme Melba suivait les cours IMarchesi. On sait quel accueil lui était réservé en Belgique. D'origine américaine, elle prononçait d'abord assez difficilement la langue française, et elle chanta en italien pendant quelques mois.
Quant à Mme Landouzy, elle vivait en province, presque ignorée, et c est aux concerts du Waux-Hall qu'elle se révéla au public bruxellois. Son succès fut immédiat et ne se démentit plus.
Une autre étoile ne tarda pas à scintiller dans le firmament de la Monnaie : M"e Sarcy, première danseuse, qui venait de l'Opéra.
N'oublions pas les charmantes élèves du Conservatoire, qui se faisaient entendre — par intervalles — dans la Valkyrie : M"es Wolf jeune, Baudelet, Coomans, Bauveroy, Fischer, et M"e Falize, qui resta définitivement attachée au théâtre, où sa jolie voix lui acquit bientôt toutes les sympathies, — et enregistrons le passage de M"e Blanche Deschamps, dont le prestige était toujours très grand à Bruxelles.
Dans l'élément masculin, quelques changements : Tournié ayant résilié, Engel prit l'emploi de fort ténor, où il fut secondé par Duzas, engagé au cours de la saison. Ce jeune artiste était un élève aimé du grand Obin, dont il avait su écouter les remarquables leçons, et il fit honneur au maître.
Les rôles de ténors, laissés vacants par Engel, furent alors tenus par Mauras, qui, après deux années de succès, fut impitoyablement ravi à l'admiration du public et à l'amitié de ses camarades par une cruelle maladie.
Parmi les nouveau-venus, se trouvent encore : Rouyer, qui sortait du Conservatoire de Paris, et qui recueillait la lourde succession de Boyer et de Soulacroix, — Vinche, dont les débuts furent très applaudis, — Boon, lauréat du Conservatoire de Bruxelles.
Il faut encore relater la courte apparition des ténors Gluck et Prévost, et celle de Delaquerrière qui, pour les débuts de Mme Landouzy, vint se faire applaudir deux fois dans le Barbier.
Il est aisé de se convaincre que, avec des éléments aussi multiples et aussi variés, la campagne 1887-88 fut l'une des plus intéressantes qu'on ait jamais vues au Théâtre de la Monnaie.
Le tableau des « premières » ne comprend pas moins de sept ouvrages nouveaux : trois opéras et un ballet, représentés pour la première fois à Bruxelles, — un opéra et deux opéras comiques créés à Bruxelles.
Les Pêcheurs de Perles font acclamer à nouveau le nom du regretté Bizet, tant aimé en Belgique !
Gioconda, de Ponchielli, qui avait fait triomphalement le tour de lltalie, et dont on donnait pour la première fois la version française, n obtint qu'un succès relatif, en dépit des soins et du luxe dont lavait entourée la direction.
L'adorable ballet de Delibes, Sylvia, attire la foule des amateurs de chorégraphie ; et, comme un succès en annonce un autre, réminent compositeur voit applaudir un autre de ses chefs-d'œuvre : Le Roi Va dit, où sa muse délicate a brodé la plus délicieuse partition sur le plus fin et le plus spirituel des poèmes d'opéra comique.
Le célèbre ténor Capoul et Armand Silvestre, l'humoristique conteur, le charmant poète, avaient tiré du Jocelyn, de Lamartine, un livret d opéra, que Benjamin Godard mit en musique. Les directeurs de la Monnaie reçurent cet ouvrage important et le mirent à la scène, dès les premiers jours de 1888. Mme Caron incarnait Laurence, et Engel interprétait Jocelyn ; ils produisirent une profonde impression.
Au milieu de scènes de tendresse et de poésie se trouvait un tableau dont l'effet fut saisissant, le fameux tableau de la guillotine : l'échafaud est dressé dans un coin du théâtre, on distingue les marches et la première partie de la plate-forme ; c'est là que l'évêque est exécuté, au milieu de la populace ivre de sang. Cette scène fut le sujet de nombreuses discussions ; les uns y avaient éprouvé une grande sensation d'art, d'autres s'effrayaient de son réalisme et lui reprochaient de donner à la pièce un caractère révolutionnaire : les premières loges furent presque désertées ; mais le public ne cessa
d'applaudir cette puissante partition qui ne tarda pas à faire le voyage à Paris. Elle y fut représentée à 1 Opéra-Populaire — sans le tableau de l'échafaud — et Capoul reparut sur la scène pour interpréter son propre héros.
Deux petits opéras comiques voient ensuite le feu de la rampe : Le Dîner de Madelon, de Lefèvre, une jeune compositeur-chanteur, très connu et très apprécié à Bruxelles, et Une Aventure d Arlequin, des frères Hillemacher, les auteurs applaudis de St-Mégrîn.
Quelques petits accidents :
Le héros du premier est Renaud. Pendant le duel au navaja, dans Carmen, où il jouait Escamillo,sa culotte se fend du genou à... la ceinture. Le malheureux n avait pas de caleçon...!
Au ier acte de Llaydée, trois « entrées » manquées coup sur coup. La première passe inaperçue, grâce à F habileté des artistes. La seconde est assez piquante : Engel (Lorédan) était en scène ; il devait y être rejoint par Gandubert (Andréa), qui s'était attardé au foyer, Engel, ne le voyant pas paraître, occupait le théâtre comme il pouvait, improvisant de son mieux et regardant toujours, d'un œil suppliant, du côté où devait arriver le personnage: puis, ne sachant que faire, il se met à dire : « Oh! le voici:., comme il court... » Or, pendant ce temps-là, on était allé chercher Gandubert qui, s'apercevant que sa réplique est passée, s'affole, prend la première porte qui se présente à lui, et entre... juste dans le dos d'Engel, c'est-à-dire du côté opposé à celui que désignait Lorédan. Mais le ]d1us curieux, c'est que, quelques minutes après, Gandubert racontait, dans la coulisse, sa mésaventure à l'artiste qui jouait Malipiéri (cherche, lecteur!); celui-ci, mis en gaieté par le récit, laisse à son tour passer sa réplique, et manque son entrée — tout à fait de la même façon!
Mais voici un accident d'une autre nature : la reprise du Maçon.
Les directeurs avaient fait connaissance avec l'œuvre d Auber dans leur extrême jeunesse; ils en avaient conservé une impression... durable, et ils ne voulurent pas priver la nouvelle génération d'un ouvrage qui lit les délices de nos pères. Ils s avisèrent de 1 exhumer, mais le public, effrayé d'un tel sacrilège, ne voulut pas permettre
qu'on profanât ainsi les sépultures, et c'est à un enterrement de ire classe que nous assistons :
Le deuil est conduit par
POTHER. FrANKIN.
Boon. Mlle Storrel.
viennent ensuite :
MIlc Legault, Gandubert, Mmc Walter, etc.
Puis, Lapissida que les larmes inondent, et Jehin, la tète basse, pris de remords, coupable de n'avoir point coupé...
Le cortège s'arrête sur la scène de la Monnaie, c'était le lieu indiqué pour la sépulture. Lapissida essaye de prononcer quelques paroles d'adieux, elles sont interrompues par les sanglots : « Fils infortuné, » tu étais un mirage de jeunesse, c'est tout mon passé, toutes mes
joies, — toute ma vie, que je chérissais en toi... Je t'avais tiré des » cartons, j'avais soigneusement secoué la poussière séculaire dont » tu étais couvert, j'avais fait pour toi des frais de décors et de cos- » tûmes... j'avais même prié nos artistes d'opéra comique de venir » te rendre une visite quotidienne — pieux pèlerinage qui dura plus » d'un mois... Et maintenant te voilà... Emmenez-moi de ce champ )> de douleur... Adieu, maçon, adieu! » — « Abonnés, priez pour lui ! » murmure le serrurier. Quelques ricanements aux fauteuils en guise de pelletées de terre, et la funèbre cérémonie est terminée...
Et, trois jours plus tard, TOpéra-Comique de Paris affichait, pour la matinée du dimanche :