‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 31 sur 149 · RÈGLEMENT · texte numérisé non relu

RÈGLEMENT

Pour le maintien de la Police et du bon ordre au grand Théâtre de Bruxelles, prescrit par les Messieurs du Magistrat de la même FUI&

Le 29 Mars 179a

Ô&TICLE PREMIEE*

X\Ucu ne personne, étrangère au Spectacle ne pourra, sous aucun prétexte, être admise aux Répétitions, ni assister à la formation du Répertoire, qui devra se faire le Vendredi de chaque semaine, à dix heures du matin précises; sauf cependant l'Intervention des pereonnes qui pourroient se rendre soit aux Répétitions , soit à la formation du Répertoire far ordre ou par commission du Magistrat.

Tous les Acteurs et Actrices, sans distinction, devront se trouver à la formation du Répertoire , et ne pourront se retirer avant la distribution des Pièces , à peine d'une Couronne d'amende.

ï II

Les Directeurs devront présenter le Samedi ou le Dimanche âti matin leur Répertoire aux Eclievins Commissaires députés pour les affaires du Spectacle , et ces Répertoires ne pourront ensuite jamais être changés sans leur permission, et en cas qu'il survienne quelque changement après que la pièce aura déjà été annoncée, les Directeurs devront faire . nnoncer ce changement au Théâtre avant que de commencer la Réprésentation.

Les Acteurs et Actrices ne pourront en aucune manière réclamer quelque régie ou usage <;e Théâtre étrangers, pour se dispenser de jouer aucuns Rôles, sous prétexte qu'ils ne i eroient pas de leur emploi, mais ils devront se conformer à ce qui sera déterminé à cet é^ard par la Direction.

La Direction ne sera tenue de fournir les pièces, et de faire copier les Rôles , que pour les pièces nouvelles.

En cas de changement du Répertoire , aucun Acteur ou Actrice ne pourra refuser les riéces qui auront été jouées par eux dans le courant du mois, qu deux fois dans l'année, à peine de dix Couronnes d'amende.

Aucun Acteur ou Actrice ne pourra faire doubler son Rôle par quelque autre , sans l'aveu çt le consentement exprès de la Direction, à peine de quatre Couronnes d'amende.

jà Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96.

Le Théâtre de la Monnaie fut, pour ainsi dire, .un foyer de manifestations révolutionnaires : chaque fois que le public trouvait dans une pièce quelque situation rappelant les événements du jour, il soulignait bruyamment l'allusion.

Après les premiers combats, en pleins troubles, Van der Noot fait son entrée à Bruxelles. Le soir, il se rend au théâtre, où on lui fait une ovation, et Henri Mees chante, en son honneur, des couplets qui devinrent bientôt populaires.

Plus tard, Van der Mersch assiste à une représentation où il est l'objet de démonstrations enthousiastes. On fait recommencer pour lui Bnitus, la tragédie de Voltaire, qui contenait plusieurs passages tout à fait en situation.

On joua aussi des pièces de circonstance : La Récompense patriotique, opéra-comique en un acte — L'Ombre de Joseph II, à l'occasion de la mort de cet empereur — une parade portant le titre : Quel parti faut-il prendre? dont le thème était l'établissement d'un Gouvernement constitutionnel et représentatif, comme l'indique assez le couplet suivant :

Le parti le plus sûr que Ton puisse adopter, Pour notre Etat naissant qu'il faut consolider, C'est d'éviter la guerre et de fuir tous extrêmes. Libres et réunis, gouvernons-nous nous-mêmes, Mais, sans avoir un Maître, ayons un Souverain.

Puis, en l'honneur de LL. AA. RR., rentrant à Bruxelles — après le règne de Van der Noot, — on trouve une pièce intitulée : L'Impromptu du Cœur et renfermant plusieurs épigrammes qui furent saisies au vol.

Enfin, une satire dirigée contre Van der Noot : Les Nourrissons de Schaerbeek.

Voici, dans son originalité, un écrit du temps, publié par l'Ami des Hommes (de Beaunoir) :

...Les feus héros Brabançons ont fait un arrête dans les cafés, de ne plus souffrir de c<>carde> blanches, mais malheureusement M le général Bender a été d'un autre avis, et a nonseulement protégé les cocardes blanches, mais a même donné l'ordre que les comédiens la portassent quand ils joueraient des rôles en uniforme. Cet ordre a privé la ville de Bruxelles de voir sur son théâtre le fameux capitaine Beaulieu, non le héros Autrichien, digne frère d'armes des Bender et des Keul, mais le héros de la garde nationale parisienne, et le rival de Bordier le pendu. Les directeurs du spectacle de Bruxelles, grands amis, et grands protégés de Van der Noot, qui leur avait accordé l'octroi de la comédie, pour payer à sa cendre un tribut patriotique, avaient fait venir à grands frais, de Paris, le capitaine Beaulieu, acteur des Variétés, pour donner aux bons Brabançons les charmantes pièces de Jean-Bête et de

Nicodème, chefs-d'œuvre dramatiques de la révolution, et dans lesquelles le capitaine français est, dit-on, sublime. Toute la jeunesse bruxelloise se faisait fête de claquer l'histrion patriote : mais hélas ! le capitaine s'étant permis en public des plaisanteries sur la cocarde blanche, et ayant voulu faire l'apôtre de la propagande, a reçu l'ordre de M. de Bender d'aller clans les vingt-quatre heures faire Jean-Bête et Nicodème à Paris En vain les directeurs ont employé tous les ressorts démocratiques pour le faire rester; le héros qui craint le Knout, est parti en poste, et a emporté l'argent des directeurs, et les regrets des lionceaux.

En 1790, la troupe porte le nom de :

Les Comédiens Ordinaires de la ville de Bruxelles

Dans un nouvel octroi, pour un terme de vingt années, accordé à Bultos et Adam (24 mars 1791), on rencontre les clauses suivantes, qui démontrent clairement une intention persistante de construire un nouveau Théâtre.

Art. 1. — Ils rebâtiront et construiront dans le terme d'un an à compter de la date du présent octroi une salle de spectacle dans le bâtiment qui est actuellement destiné à cet usage ou dans tel autre emplacement que notre gouvernement trouvera bon d'agréer.

Art. 2 — Et comme les suppliants ont présenté un plan de cette nouvelle salle, ce plan devra être soumis à l'examen de l'architecte Wailli, pour être corrigé et amélioré et ensuite agréé par notre gouvernement.

L'architecte de Wailly, qui ne se décourageait pas, présenta de nouveaux dessins, d'après lesquels le Théâtre aurait été construit sur l'emplacement occupé par 1 ancien Palais de Justice; ce projet fut repoussé.

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