C. BORREMANS, chef de musique. FI
J. Borremans, sous-chef 546 — 16 — 4
16 violons — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier.
L'année théâtrale commence, le 25 avril, par un spectacle forain : une nouvelle exhibition du ventriloque Moldetti, annoncée en ces termes :
M. Moldetti de Florence, en Toscane, chanteur, qu'on peut considérer comme un phénomène lyrique, possédant quatre voix naturelles, d'une force étonnante, savoir : la taille, le dessus, la haute-contre et la basse-taille, connu avantageusement en cette ville, donnera jeudi prochain, 25 avril, une séance académique, vocale et instrumentale dans le genre comique.
Parmi les soirées qui marquèrent, il y en eut une où se produisit un événement d une certaine gravité. Le 28 mai, on devait jouer Lodoïska. Voici le rapport de cette représentation :
Bruxelles, le 29 mai 181 1.
Les Commissaires de Police de service au spectacle, a Monsieur De Latour-Dupin, Baron de l'Empire, Préfet du Département de la Dyle.
Monsieur le Préfet,
La représentation d'hier soir ayant été retardée, et le public commençant à s'impatienter, le sieur Folleville, régisseur, fit lever la toile, et annonça qu'en suite d'ordres supérieurs le rôle de Titzikan, qui d'après l'affiche, devait être rempli par le sieur Gubiant, acteur nouvellement arrivé de Rouen, le serait par le sieur Coriolis.
Cette annonce faite, même avant que la Comédie commençât, excita le mécontentement des officiers de la garnison notamment du régiment de cuirassiers, qui manifestèrent, de la manière la plus prononcée, qu'ils entendaient que le rôle dont il s'agit, fut joué par Gubiant, en annonçant que si Coriolis se présentait en scène, ils le siffleraient, et ne permettraient pas que la représentation continuât ; des propos indécents furent tenus par ces officiers, contre l'autorité qui avait donné l'ordre, et tout annonçait qu'une scène orageuse allait se passer.
Pendant la première pièce, messieurs les officiers avaient envoyé chercher à la foire, un grand nombre de sifflets, et aussitôt que Coriolis se présenta, un sifflement continuel couvrit sa voix, au point que cet acteur ne put se faire entendre ; le désordre étant à son comble et des provocations commençante avoir lieu entre ceux qui demandaient à grands cris Gubiant, et ceux qui voulaient que la pièce fut jouée, nous crûmes prudent de faire baisser la toile et d'ordonner que la pièce fut statée (sic).
Ces mesures ne purent calmer la fermentation qui alla toujours en augmentant; messieurs les officiers de cuirassiers voyant qu'ils insistaient inutilement pour que le sieur Gubiant se présentât, plusieurs d'entre eux escaladèrent l'orchestre, et montèrent au théâtre. Ce mouvement fit fuir les personnes qui s'y trouvaient, alors ces officiers ne gardant plus de mesures, se servirent de leurs sabres pour hacher le rideau, qui en un instant fut mis en lambeaux ; dès ce moment le plus grand désordre a régné, ces messieurs se mirent debout sur les bancs, renversèrent les pupitres des musiciens, et par les propos violents qu'ils tenaient, firent craindre qu'ils ne se portassent à briser les décorations, et tout ce qui se trouvait dans la salle.
Le trouble se prolongeât (1) jusqu'à 10 heures et un quart, alors voyant qu'ils ne pouvaient parvenir à faire jouer le sieur Gubiant, messieurs les officiers se retirèrent, en s'invitant réciproquement à la représentation de ce soir.
Les officiers auteurs du désordre sont les mêmes qui, lors de la représentation de dimanche dernier, ont escaladé la séparation du parterre au parquet, et se sont ensuite portés dans les loges, pour y rechercher et provoquer les jeunes gens qui sifflaient.
Il est à remarquer que contre l'usage vingt à trente sous-officiers et soldats du régiment de cuirassiers, se trouvaient au parterre et ont soutenu ouvertement leurs officiers.
(1) On a dû remarquer déjà que, dans tous nos extraits tirés de documents, et imprimés en petits caractères, l'orlhogriphc et la ponctuation sont scrupuleusement respecté s.
Rien de trop, ou les deux parents, 1 acte, de Boieldieu ; — le Poète et le Musicien, 3 actes, de Dalayrac ; — le Billet de loterie, 1 acte, de Nicolo ; — le Magicien sans magie, 2 actes, de Nicolo; — l'Homme sans façon, 3 actes, de Kreutzer.
Le Théâtre de la (Monnaie. — 1 801-18. i}i
Tel est, monsieur le Préfet, le récit exact de ce qui s'est passé au spectacle clans la soirée d'hier, et nous avons de fortes raisons de croire que le désordre recommencera, à moins que l'autorité militaire n'agisse, à l'égard des officiers de la garnison.
Nous avons l'honneur d'être avec respect, Monsieur le Préfet,
Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs,
Guerette. — Petit. — J. Cartreux.
Cependant les esprits se calmèrent. Gubiant fut remplacé par Camoin, et ces scènes ne se renouvelèrent plus.
Après huit représentations de Louis Nourrit, de l'Opéra, père d'Adolphe Nourrit, nous retombons encore dans les gymnasiarques. Le sieur Coppini fait une ascension sur la corde, avec une brouette chargée, du fond du théâtre au paradis. Voici comment fut jugé cet acrobate :
Après ces fameux danseurs de corde, M. Coppini tient encore une place distinguée; il a de l'aisance, de la grâce, beaucoup d'adresse, et ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'il est seul de sa troupe; il remplit avec beaucoup de succès les personnages de femme, d'homme, de Scapin; son ascension sur une corde tendue avec une brouette, est un tour audacieux qui m'inspire plus d'effroi que de plaisir. Mais c'est ici le cas de déplorer le sort des destinées humaines : Forioso et Ravel, précédés d'une grande renommée, attiroient constamment la foule sur leurs pas, tandis que le danseur Coppini, avec un talent plus varié peut-être, est réduit à danser dans le désert. Ainsi va le monde!
Le 25 septembre, Napoléon assiste à un spectacle composé de : le Calife de Bagdad, par la troupe ordinaire, et Andromaque, par un ensemble d'artistes de premier ordre : Talma, Damas avec Mmes Duchesnois et Bourgoin, venus tout exprès de Paris. La recette s'éleva à la somme de 3,144 francs en dehors de l'abonnement.
Bourson, qui avait reçu une éducation très distinguée, s'était créé à Bruxelles de belles relations. Chez le premier président de la Cour Impériale, où il rencontrait des substituts et des avocats, il avait pu constater la diction incorrecte, l'accent fortement accusé et les intonations parfois douteuses des membres du barreau. Avec l'aide de son camarade Hurteaux, il fonda un cours de diction, « à l'usage des orateurs », dans les appartements de Y Hôtel du Prince
7 mai, début de Mlle Gillolte, le Prisonnier (Rosine) ; Biaise et Babet (Babet) ; — 8 mai, début de Mlle Francisque, la Fausse Magie (Lucette); le Calife de Bagdad (Kesic) ; — 9 mai .concert de Piantanida, se disant chanteur de Napoléon ; — 17 mai, début de Guhiant , Œdipeà Colone (OEdipe); — 17 juin, début de Camoin, Ambroise (François) ; la Fausse Magie (Dorimont) ; — 23 septembre, l'Impératrice assiste à la représentation de Félix et de la Mélomanie.
de Galles. L'innovation obtenait le plus grand succès, lorsque la guerre dispersa la plupart des jeunes élèves. Cet épisode est un témoignage des bons rapports qui existaient déjà entre le monde et les artistes.
On sait que Boieldieu était lun des fournisseurs les plus en vogue du Théâtre de la Monnaie. Mais s imagine-t-on ce que lui rapportait cette situation? Il va nous l'apprendre lui-même :
Paris, le 8 décembre 1 8 1 1 .
Messieurs les administrateurs du Grand Théâtre de Bruxelles.
Messieurs,
J'ai l'honneur de vous adresser le relevé de mon compte avec vous, par lequel il résulte que vous me devez la somme de 153 fr. 80 c. Comme nous touchons à la fin de l'année, veuillez pour l'ordre des écritures m'envoyer pour solde un mandat de cette somme.
En attendant vos nouveaux ordres, j'ai l'honneur d'être,
Messieurs, votre serviteur,
Boieldieu.
Rue de Richelieu, 11* 80.
1811. Juin 20, mon envoi
— Septembre 16, mon envoi
— Novembre 19, id .
Total .
Comparez cette somme avec les droits de nos compositeurs actuels !
181 2-1 3. — Des vingt-cinq actionnaires, il ne reste plus que MM. Vanderdilft, Cornet de Grez, d'Overschie de Neerische, de Pauw. Us continuent néanmoins leur exploitation, et recrutent, pour la nouvelle saison, la troupe que voici :
Acteurs.
Messieurs :
Desfossés, première haute-contre Liv. 7,000
Massin, jeunes premiers 6,500
Coriolis, première basse-taille 6,000
5 décembre, concert de MUe Berreyter, cantatrice du Théâtre Italien, et du pianiste Mansui ; — 8 décembre, Joseph-François Snel exécute un concerto de violon ; — 15 février, concert de Mlle Louise Gerbini, violoniste; — 8 mars, concert de L. Mann, premier basson du cidevant roi de Hollande.
Fr.
Fr.
Francisque, premiers rôles Liv. 5,500
Bousigue, seconde haute-contre, Colins 4,000
Hurteaux, Philippe, Gavaudan .... 5,400
Paulin, premier comique, grandes livrées 4,600
Brice, troisième amoureux, seconde haute-contre 5,400
Bourson, jeune premier, petits-maîtres 4,000
Micallef, Trial . 5,000
Floricourt, troisième rôle, seconde basse-taille 4,500
Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,200
Linsel, Crispins, Trial 4,200
Folleville, pères nobles, grands raisonneurs ^ . . . 3,600
Gilliotte, troisième amoureux 1,600
Lemoigne, troisième amoureux 1 5oo
Actrices.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Francisque, première amoureuse Liv. 6,000
Bousigue, fortes Saint-Aubin, Dugazon-corsets 5, 000
D'Auteuil, premiers rôles 4,800
Drouville, première amoureuse 4,5oo
Clarisse Liedet, première soubrette 4,000
Borremans, première duègne 3,600
Bossant, première Dugazon •» 3,600
Linsel-Mosso, mères nobles, rôles de convenance 2,000
Gasse, première amoureuse 4,200
Jeault (Mlle Micallef), seconde amoureuse 1,800
Pauline Lequin, jeunes rôles 1,200
Coriolis, rôles d'enfants 600
Chœurs.
Douze hommes. Douze femmes.
Orchestre.