‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 47 sur 149 · C. BORREMANS, chef de musique FI · texte numérisé non relu

C. BORREMANS, chef de musique FI

J. Borremans, sous-chef 576 — 13 — 4

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles, — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. - 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier.

Il) Il touchait, en outre, 1,200 livres, en qualité de régisseur. (2) Il a quitté en mai 181;.

Les Aubergistes de qualité, 3 actes, de Catel ; — la Chambre à coucher, 1 acte, de Guenée; — le Nouveau Seigneur du village, 1 acte, de Boieldieu ; — le Mari de circonstance, 1 acte, de Plantade ; — les Deux Jaloux, 1 acte, de Mme Gail ; — le Prince Troubadour, 1 acte, de Méhul ; — Médée, grand opéra en 3 actes, de Cherubini ; — le Diable à quatre, 3 actes, de Solié.

Les débuts de Jalliot furent orageux. A sa première apparition, les sifflets l'empêchèrent de continuer.

La basse-taille, Henri-Etienne Derivis, de l'Opéra, donne, à partir du 17 juin, une série de représentations. Le fils de cet artiste, Prosper Derivis, a chanté aussi les basses au même théâtre, et sa femme, Constance Janssens, de Gand, a eu de brillants succès dans la carrière italienne sous le nom de Maria Corini. Leur fille, Marie Derivis, a tenu à la Monnaie l'emploi de première chanteuse. Le Guide Musical a, du reste, donné la généalogie artistique de toute cette famille.

Après Derivis, arrive un certainZamnl, artiste-équilibriste-philhai'monique. Il abusait vraisemblablement de la qualification d'artiste, et on se demande avec effroi quel rapport peut exister entre l'équilibre et l'harmonie. A la vérité, ce Vénitien était doué d'une force herculéenne, et à sa cinquième représentation, car il parut cinq fois, il porta un âne sur son menton ! ! !

Le 24 septembre, les comédiens célébrèrent une messe à la mémoire de Grétry. Ils étaient tous vêtus de deuil. Les hommes, en frac, portaient l'épée à poignée d'acier : c'était un dernier vestige des coutumes de l'ancien régime, sous lequel les artistes avaient ce droit, interdit à d'autres classes de la société. Le soir, on couronna le buste de Grétry ; Bourson déclama une poésie de sa composition.

Après une représentation de la Vestale, avec le concours de Mme Berteau, un nourrisson des Muses (il s'appelait J. Lignian) adressa à l'actrice ces petits vers de caramel :

Quand d'une Vestale touchante Tu nous peins les combats, le sort des malheurs.

Ta voix flexible nous enchante, Tous les cœurs sont émus, t«uis les yeux sont en pleurs. Si les lois de Vesta t'arrachent la couronne

Pour te punir de céder à l'amour, Le spectateur charmé le la rend, te la donne, Pour prix de tes talents, qu'il admire en ce joui-.

2 mai, début de Mmc Thénard, Aline, reine de Golconde (Aline) et Nina (Nina); — 7 mai, exécution d'une ouverture de Campenhout; — 18 mai, début de Jalliot, Mèlomanie ; — 1 I juillet, début de Mlle Goria, Concert interrompu (Cécile), et Billet de loterie (Adèle); — 25 juillet, début d'Adolphe, le Déserteur ; — du 25 septembre, huit représentations de M,le Emilie Leverd, du Théâtre-Français, qui attire la foule; — du 9 novembre, onze représentations de Mme Berteau, retour de Rouen ; — 8 décembre, début de MUe Ternaux, le Prisonnier (Rosine), et Rose et Babet (Babet) ; — du 9 décembre, trois représen-

Voici encore un spectacle forain. Un nommé Cornillot inaugure l'année 1814 par deux séances de tours de physique et de jeux hydrauliques. Il est vraiment regrettable qu'on manque de détails sur les talents de ce Cornillot, plus particulièrement au point de vue hydraulique.

Mais les événements qui amenèrent la chute du premier Empire ont commencé à se produire. Les troupes françaises ont évacué Bruxelles le icr février, et les alliés pénètrent dans la ville.

Le théâtre ne fît pourtant pas relâche, et les représentations continuèrent. Desfossés, qui était un ardent patriote français, s'était enfui dès la première alarme, pour ne pas assister à l'entrée des troupes étrangères.

Aux premiers jours de cette campagne théâtrale, le gouvernement français avait délégué Roucourt, afin d'établir à Bruxelles une école de chant, succursale du Conservatoire de Paris. Jean-Baptiste Roucourt était Bruxellois et élève de Garât. Ces titres lui valurent la confiance dont il lut investi. L'ouverture eut lieu, le 20 octobre 181 3, au local du Musée. Roucourt s'était adjoint Van Helmont. Telle est l'origine du Conservatoire Royal de Bruxelles, qui devait plus tard acquérir une si grande importance, et, quoique ce fait ne se rattache pas directement à notre sujet, il nous a paru utile de le signaler.

Voici un tableau comparatif des appointements depuis la gestion des actionnaires. On jugera de la progression dans les traitements alloués aux artistes :

Messieurs :

Desfossés, première haute-contre. - 1801-1814

Perceval, Crispins. 1801-1812

Linsel, Crispins. 1801-1814

Dubreuil, financiers. 1801-1814

Bourson, jeune premier. 1803-1814

Folleville, père noble. 1803-1814

tations de Mme Huet-Lesage, du Théâlre Feydeau de Paris; — 28 janvier, concert de Giorgi, premier violon du roi de Westphalie; — 14 mars, M"e Danteuil, âgée de 10 ans, élève de Joseph Borremans, exécute une sonate pour le piano, avec un talent rare à cet âge; — 9 avril, concert spirituel, O Salutaris, de Gossec, chanté par Brice, Bousigue et Adolphe; duo de Jomelli, par Mmes Goria et Bossant; fantaisie sur le violon, par Gensse, et solo de cor, par Artot. Ce dernier est le père de Désiré Artot, professeur pensionné du Conservatoire de Bruxelles, et père lui-même de la célèbre cantatrice, Mme Padilla-Artot.

Mesdames :

Roussellois, première duègne. — 1801-1805 Liv. 4,800 à 6,ooo

Gouget, duègne. 1801-1811 2,700 à 3,600

Berteau, première chanteuse. 1803-1810 ... . . 4,500 à 9,300

Ces chiffres étaient encore loin de laisser prévoir ceux d'aujourd'hui. Nous les donnons d'autant plus volontiers que nous allons arriver à une période plus rapprochée et que nous nous dispenserons souvent d indiquer les appointements.

1814-15. — Les actionnaires n'étaient plus que trois : le comte Cornet de Grez, le comte Vanderdilft, le baron de Neerische,

Acteurs.

Messieurs :

Desfossés, première haute-contre, Elleviou Liv. 6,500

Coriolis, première basse-taille 5,5°°

Massin, jeunes premiers 5>5°°

Brice, troisième amoureux, seconde haute-contre 5>400

Théodore de Launay, première basse-taille 4,500

Hurteaux, Philippe, Gavaudan ... 5,000

Folleville, pères nobles, grands raisonneurs 4,500

Linsel, Crispins, Trial 4,600

Floricourt, troisième rôle, seconde basse-taille 4,200

Paulin, premier comique, grandes livrées 4,600

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,000

Favre, deuxième haute-contre 3,600

Marchand, troisième rôle, seconde basse-taille 2,600

Bourson, jeune premier, petits-maîtres 3,800

A ctrices.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Saint-James, première chanteuse . Liv. 6,000

Faure, premiers rôles 4,000

Clarisse Liedet, première soubrette 3,800

Moulin-Lesage, duègne 3,800

Borremans, seconde amoureuse 3>5°o

Gouget, duègnes à caricatures 3,600

Belval, seconde chanteuse 3,600

Ternaux, jeunes rôles ... 2,370

Lequien, id. 1,200

Les Visitandines, opéra de Devienne, interdit le 11 mai; — le Prince de Catane, 3 actes, de Nicolo ; — les Héritiers Michau, 1 acte, de Bochsa ; — l'Héritier de Paimpol, 3 actes, de Bochsa ; — Joconde, 3 actes, de Nicolo, grand succès ; - Roméo et Juliette, de Steibelt (reprise).

Bossant, première Dugazon Liv. 4,200

Wauquier, utilités, rôles accessoires 288

Donzel, rôles d'enfants 72

Di'quesnoy, id. 69

Cordemans, receveur 3,600

Maluin, second receveur 1,000

Laute, concierge 1,800

Bourson père, souffleur ' 900

Spaak, peintre-décorateur 2,000

Hus, régisseur 2,400

Orchestre.

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