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L. Dessessarts, troisième basse. Annet, Trial

Quatre coryphées. Dix-huit chanteurs de chœurs. Dix-huit chanteuses.

Divertissement.

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles :

Bartholomin, chargé de la direction de la Leroux, première danseuse, danse. Angélique,

jeunes Dugazon.

Laruette.

deuxièmes danseuses.

Lasserrf, premier danseur. Van Esse, )

Hamel, deuxième danseur. Bartholomin, coryphée.

Murât, coryphées et comiques.

Huit figurants. Huit figurantes. Seize élèves de l'école de danse.

Orchestre.

MM. SNEL, chef d'orchestre.

Meerts, violon-solo.

Cinquante-six musiciens.

Ouverture, le 28 août, par la Dame blanche et une comédie : Le Jeune mari.

Théophile Derancourt, qui ressemblait physiquement à son prédécesseur Lafeuillade, fut très favorablement accueilli dans le rôle de Georges Brown ; les débuts de sa femme, qui s'était fait une réputation sous le nom de Mlle Camoin, ne furent qu'une simple formalité. Parmi les nouveau-venus on remarqua encore Mme Alexandre, dans le rôle de Jenny, et Prieur, dans celui de Gaveston.

A cette époque, le théâtre ne jouait pas le samedi, et ses portes restaient fermées toute la semaine sainte. L'éclairage coûtait 13,500 francs pour les 300 représentations de l'année, soit 1,275 ^t. par mois, ou 5 1 francs par soir, non compris l'éclairage à l'huile et les chandelles.

Le Roi vint pour la première fois au théâtre, le 1 1 septembre; on y donnait la Femme juge et partie et les Voitures versées.

La salle était comble, et l'impatience des spectateurs était extiéme. Après la comédie, le Roi est arrivé, accompagné de S. A. R. le Duc d'Orléans, qui se trouvait à Bruxelles seulement depuis quelques instants, et suivi d'un nombreux et brillant état-major. Depuis plusieurs

heures une foule avide était serrée près de la porte latérale, par où S. M. devait entrer; à son arrivée les acclamations partirent de tous côtés et dans toute la longueur de la rue. Ces acclamations s'entendirent jusque dans la salle et y annoncèrent le Roi. Lorsqu'il parut, l'enthousiasme le plus franc et le plus unanime éclata dans toutes les parties de la salle ; les applaudissemens et les cris paraissaient ne pas devoir prendre fin. Le Roi saluait à plusieurs reprises et paraissait ému de ces témoignages d'amour. Pendant l'insignifiant dialogue des Voitures versées il causait amicalement avec le prince héréditaire de France. Etant sorti pendant quelques instants de sa loge, les applaudissements recommencèrent à sa rentrée; enfin, lorsque la toile fut baissée et que le Roi se leva pour se retirer, les vivais aussi bruyans qu'à son arrivée se firent entendre, et furent bientôt continués par la foule du dehors qui l'attendait et qui l'accompagna des mêmes acclamations.

La toilette des dames qui assistaient à cette représentation contribuait à rendre cette réunion des plus brillantes. On remarquait aux premières plusieurs étrangers de distinction. Le général Belliard se trouvait dans une loge avec plusieurs officiers supérieurs français.

Malgré la sympathie que le public lui avait témoignée à son arrivée, L affilé ne put soutenir longtemps lexploitation, et fut obligé d'y renoncer, le 19 novembre.

C'est Cartigny, acteur de la troupe, qui lui succède. Il convoque les artistes, leur expose la situation, et leur propose, soit les trois quarts de leurs appointements, soit la moitié, et le reste au prorata ; la première de ces combinaisons est acceptée.

Charles-Claude Cartigny était né à Dieppe en 1782. Avant de venir au monde, il avait perdu son père, qui fut trouvé assassiné. A quinze ans, il perdit aussi sa mère, tristes commencements pour un futur acteur comique. Il fut successivement apprenti bijoutier et horloger, manœuvre, saute-ruisseau dans une étude. S'étant engagé comme soldat, il entra dans les chevau-légers du roi de Westphalie (Jérôme Bonaparte), et parvint au grade de souslieutenant. Son corps fut employé dans cette guerre d'Espagne, grand crime et grande faute en même temps.

1831. — 31 août, début de Romainville, premier comique, la Fête du village voisin; — Ier septembre, début de Desroches, le Nouveau seigneur de village; — 2 septembre, début de Mlle Pougaud, jeune première, la Fille d'honneur ; — 7 septembre, début de Mme Ducasse-Gerville, la Vestale; — 9 septembre, début de Bazin, Joconde; — 26 septembre, concert de Graziani, « primo buffo » du Théâtre Royal Italien de Paris ; — 4 octobre, première représentation de la Fiancée, opéra-comique en 3 actes, de Scribe, musique d'Auber; — 15 octobre, première représentation de la Perle des maris, comédie-vaudeville en ï acte, de Bayard, Dumanoir et Mallian; — 25 octobre, première représentation de Dominique, comédie en 3 actes, de d'Epagny et Dupin; — 22 novembre, première représentation de Antony, drame en 5 actes, d'Alexandre Dumas; — 12 décembre, spectacle extraordinaire à l'occasion du séjour à Bruxelles d'Alexandre, ex-artiste du Gymnase, les Ruses de Nicolas; — 15 décembre, première représentation de les Deux nuits, opéracomique en 3 actes, de Bouilly et Scribe, musique de Boieldieu ; — 20 décembre, première représentation de le Paquebot, pièce en 1 acte, en prose, d'Alexandre; — 21 décembre, première représentation de Une journée d'élection, comédie en 3 actes, en vers, de Delaville de Mirmont; — 25 décembre, au bénéfice des pauvres, Mazaniello, drame historique en 4 actes, de Moreau et Lafortelle, musique de Carafe.

Le Théâtre de la fMonnaie. — 1831-32. 247

Un jour, le jeune officier fut envoyé avec un détachement dans les environs de Burgos, pour arrêter un curé de village, et non seulement pour l'arrêter, mais encore pour le pendre immédiatement et sans forme de procès. Sinistre commission! Cartigny part, néanmoins; il arrive au village, il entre au presbytère. Là, il se trouve en présence d'un prêtre dont l'extérieur ne révélait pas le moins du monde un émule du fameux Mérino. Cartigny sentit que, décidément, le métier de bourreau ne lui convenait pas. Au lieu d'exécuter l'ordre barbare, il jeta dans l'oreille du prêtre un charitable avis, qui ne fut pas perdu : malgré un embonpoint respectable, le pauvre prêtre releva sa soutane, escalada la haie de son jardin et gagna les montagnes voisines, où il n'était pas facile de le rattraper. De retour près de son général, et assez embarrassé de sa bonne action, Cartigny balbutia d'abord, puis il avoua tout franchement les faits. Le général, heureusement, ne prit pas mal la chose. Au lieu d'envoyer l'officier trop humain devant un conseil de guerre, il lui conseilla seulement de changer d'état, l'obéissance passive n'admettant pas de pareils scrupules. Cartigny, en effet, donna sa démission, et revint en France.

Il avait déjà joué la comédie en amateur, dans les courts loisirs du cantonnement; il essaya d'abord en province, et débuta au Théâtre-Français, le 28 mai 181 1, par les rôles d'Hector du Joueur, et de Labranche dans Crispin rival de son maître. Reçu pour l'emploi des comiques, il y montra surtout de la franchise, du naturel et de la rondeur. Cartigny prit sa retraite en 183 1. Depuis, il donna des représentations dans les départements; il administra, quatre ans, les théâtres royaux de Bruxelles, et joua pendant huit ans, à Londres, au théâtre de St-James.

Enfin, l'heure du repos ayant sonné, il vint s'établir à Versailles, puis dans une habitation aux portes de Paris; c'est là qu'il est mort.

Cartigny avait fait lui-même son éducation : il parlait bien l'espagnol, l'italien, l'anglais et l'allemand; ses manières étaient cordiales et polies. Il laissa des regrets, comme artiste et comme homme privé.

1832. — 5 janvier, première représentation de le Philtre, grand opéra en 2 actes, de Scribe, musique d'Auber ; — 10 janvier, spectacle, par ordre, au bénéfice de Mme Derancourt, le Philtre; — 21 janvier, prenvère représentation, de II y a seize ans, drame en 3 actes, de Victor Ducange; — 29 janvier, la salle éclairée en bougies, reprise du Comte Ory; — 21 février, grand concert vocal et instrumental, donné par la « Société d'Apollon », honoré de la présence de Sa Majesté; — 24 février, première représentation de Joscelin et Guillemette, comédie en 1 acte, du Théâtre Français, par d'Epagny; — ier mars, par ordre, la Muette Je Portici; — 5 mars, première représentation de la Dame du Lac, opéra héroïque en 4 actes, de d'Epagny et Rousseau, musique de Rossini ; — 10 mars, pour la représentation de KHschnig, premier mime comique des Théâtres Royaux de Cobourg et Drury-Lane, à Londres, Une fête foraine ; — 12 mars, représentation de KHschnig, mime du Théâtre de Londres; — 13 mars, première représentation de l'Homme au masque de fer, drame en 5 actes et 7 tableaux, de Arnould et Fournier ; — 18 mars, au bénéfice des pauvres, troisième représentation de V Homme au masque de fer; — 24 mars, grand concert vocal et instrumental, donné par Mme Malibran, honoré de la présence de Sa Majesté ; — 28 mars, au bénéfice de Klischnig, le Carnaval de Venise; — 30 mars, première représentation de la Lampe merveilleuse, ballet de Ch.-L. Hanssens jeune; — 5 avril, représentation de Ponchard, la Dame Blanche; — 10 avril, bénéfice de M. et Mme Derancourt, première représentation de Zampa, opéra-comique de Mélesville, musique d'HéroId; — 14 avril, par ordre, la Lampe merveilleuse; — 17 avril, bénéfice de Bazin, Romainville, Armet et Mlle Daudel, Zampa; — 18 avril, pour la clôture de l'année théâtrale, la Muette de Portici.

Le 12 décembre,

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