LES HUGUENOTS
Raoul MM. Raguenot.
St-Bris ... Margaillan.
Nevers Canaple.
Marcel Renaud.
Valentine . ... Mmes Jawureck.
Marguerite Bultel.
Urbain Genot.
Le public resta froid jusqu'au 4™ acte, et l'accueil qu'il fit au chef-d'œuvre de Meyerbeer ne laissait guère prévoir les succès futurs de cette partition.
Le lendemain, le plus autorisé critique écrivait :
Nous croyons que cet opéra, placé très haut à Paris, ne ouira jamais d'une fortune pareille à celle de Robert le Diable Au lieu de s'abandonner à la verve de ses inspirations, M. Meyerbeer s'est préoccupé de cette idée qu'il devait faire oublier aux spectateurs la faiblesse de son poème (!) par les détails précieux de sa musique.
La recette de la « première » s'éleva à 4,600 francs, déduction faite du prix des loges et autres places réservées aux actionnaires.
Le 5 janvier, Bériot reparaît en public pour la première fois depuis la mort tant regrettée de Mme Malibran, sa femme. Dans ce concert, M"e Pauline Garcia (devenue Mme Louis Viardot) se fit entendre devant une salle comble.
Cependant les nouveaux administrateurs s'aperçoivent du danger qu offre lexploitation du théâtre, grâce au chiffre toujours croissant des frais et à la concurrence redoutable du « Cirque Royal de
de Saint-Georges et de Leuven, musique de Hypolite Monpou ; — 13 février, au bénéfice de Mme Thénard, première représentation de la Marquise de Senneterre, comédie en 3 actes, de Mélesville et Duveyrier; première représentation de les Deux mariages, ballet en 1 acte, de Léon ; — 6 mars, au bénéfice de Roussel, première représentation de le Testament, grand opéra bouffe en 1 acte, d'après le Légataire universel, de Regnard» musique d'Ermel (une seule représentation); — 29 mars, première représentation de Anne de Boulen, opéra en 3 actes, musique de Donizetti ; — 3 avril, au bénéfice de Bouchet, première représentation de Hernani, drame en^5 actes et vers, par Victor Hugo ; — 5 avril, par ordre, première représentation de Une comédie en iSjj ', comédie en 4 actes et en vers, de Mahauden; — 18 avril, au bénéfice de Hanssens, première représentation de le Domino noir, opéra comique en } actes, de Scribe, musique d'Auber.
M. Loisset », installé depuis quelques mois à Bruxelles. Ils acquièrent la triste certitude que le fonds social est dépassé, ils annoncent leur retraite et clôturent, le 20 avril, par le Domino noir, au bénéfice de M. et Mme Baptiste.
Lemoigne est nommé directeur-gérant (21 avril); il entre en fonctions dès la saison d'été.
MM. LEMOIGNE, directeur-gérant.
Vanhove, inspecteur.
Monnier, premier régisseur.
Dedecker, deuxième régisseur.
Comédie, Drame, Tragédie et Vaudeville.
Messieurs :
Adolphe Bouchet, premiers rôles en tous genres.
Alfred Harmant, jeunes premiers, forts jeunes premiers, jeunes premiers rôles au besoin.
Robert, des jeunes premiers et jeunes premiers rôles.
Paul, des premiers rôles.
Delmary, seconds et troisièmes amoureux, jeunes premiers au besoin.
Alerme, troisièmes amoureux et seconds.
Baptiste, pères nobles, seconds premiers rôles.
Cossard, financiers, grimes, paysans, manteaux.
Baron, financiers, grimes, paysans, manteaux, des pères.
Bouchez, rôles de convenance, financiers au besoin.
Bosselet, troisièmes rôles raisonneurs, rôles de convenance.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Baptiste, forts premiers rôles, grands premiers rôles en tous genres.
Lemoigne, forts jeunes premières et jeunes
premiers rôles.
Thénard, ) . . ...
~ > jeunes premières, ingénuités.
Cossard, )
Schnetz, seconds premiers rôles, premiers
rôles.
Elisa Letur, jeunes amoureuses.
Henriette Bouchez, secondes amoureuses.
Thénard mère, caractères, rôles à paniers et
grimes.
Daudel, duègnes, caractères, mères nobles. Lebrun, premières soubrettes.
Messieurs :
Duprez, premiers comiques.
Victor, seconds comiques.
Folleville, pères nobles, rôles de convenance.
Grand opéra, Opéra comique et Traductions.
Messieurs :
Albert Dommange, premiers décors en tous
genres.
Audran, premiers ténors gracieux, Elleviou,
Ponchard, Chollet, amoureux.
Canaple, baryton, Martin, Solié et Chollet
revenant aux dits emplois.
Soyer, deuxièmes ténors, forts deuxièmes
ténors, premiers au besoin.
Alerme, troisièmes ténors, Colins. Paul, Philippe, Gavaudan et rôles annexés. Renaud, premières basses-tailles chantantes. Poppé, secondes premières basses-tailles.
Baptiste, fortes secondes basses-tailles, des
premiers comiques et autres.
Genevoise, secondes basses-tailles.
Dessonville, Juillet, Laruette, Vizentini, etc.
Quarante-huit chor
Mesdames et Mesdemoiselles :
Jawureck, ) .,
„ 1 premières chanteuses.
Casimir, )
Biltel, fortes secondes chanteuses, fortes Dugazon, premières chanteuses en tous genres.
Sciinetz, mère Dugazon, forte Dugazon.
• Génot, première Dugazon.
Elisa Letur, seconde et troisième Dugazon.
Thénard mère, Gonthier, Desbrosses, Lemesle, Boulanger marqués, rôles à paniers, caricatures et grimes.
Desrociies, premières duègnes, fortes secondes, des mères Dugazon.
Monsieur Victor, Trial et Féréol.
istes et coryphées.
Albert, maître des ballets.
Guillemin, premier danseur sérieux et premier rôle mime.
James, | premiers danseurs demi-
Saint-Léon, ) caractère.
Lerouge, ) .
\ seconds et troisièmes.
Hamel, )
Hippolyte Philippe, premier danseur comique.
Rouquet, second danseur comique.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Varin, premières danseuses.
Montassu, première danseuse demi-caractère. Gautier, fortes secondes danseuses, premières au besoin.
Péroline, troisième danseuse.
Nique, premier rôle mime, à baguette.
Monsieur Stroyiiaver, troisième danseur et coryphées.
Orchestre.
MM. HANSSENS, chef d'orchestre du grand théâtre. Bosselet, second chef, répétiteur.
Daussy, chef d'orchestre de vaudeville, répétiteur. Degreei, chef d'orchestre pour le ballet.
Soixante musiciens.
La nouvelle direction tenait à ce que nul intervalle, — iùt-il de quelques jours seulement, — ne séparât la clôture de la réouverture. Elle comptait réparer ainsi, avant le départ de la « bonne société », les pertes fâcheuses de la saison précédente. Mais la maladie soudaine de Thénard dérangea ces calculs, et la campagne commença avec des spectacles assez irrégulièrement composés.
Thénard mourut, après un mois de souffrances cruelles (8 mai 1838), et fut remplacé par Audran, alors âgé de vingt et un ans, et qui débuta avec éclat dans la Dame blanche.
Dès les premières soirées, les récriminations des abonnés, au sujet de l'augmentation du prix des places, recommencent. Voici ce qu'écrit le feuilletoniste de 1 Indépendant :
L'abonné vient de donner une nouvelle preuve de son grand esprit de domination en s'adressant au directeur de nos théâtres royaux pour le sommer de faire connaître ses intentions relativement aux représentations d'artistes étrangers, le menaçant de toute sa rigueur dans le cas où il tiendrait bon pour la négative. Il trouve, l'abonné, qu'on ne lui donne point assez pour son argent ; les premiers sujets à vingt-cinq et trente mille francs d'appointements rassemblés dans le seul but de lui plaire ne sont point encore ce qui convient à un juge aussi éclairé qu'il a la prétention de l'être. Il lui faut Nourrit, Duprez, Mme Damoreau pour la petite somme qu'il verse chaque mois à la caisse du théâtre. Que le directeur se ruine à ce beau jeu, ce n'est point son affaire. Si on lui dit qu'en assurant une forte prime à l'artiste étranger ou en partageant avec lui la recette totale, l'entrepreneur n'a plus pour chaque soirée qu'une somme inférieure à celle de ses recettes habituelles et que le théâtre est ensuite abandonné pendant une longue suite de représentations, il répondra : Qu'importe! Il n'y a point à raisonner avec l'abonné. Il s'informe s'il n'entendra pas la troupe allemande qui donne en ce moment des représentations au Théâtre de Liège. Il est vrai que, pour payer toute une troupe d'opéra, le directeur devrait faire l'abandon du produit brut de ses recettes, sinon ajouter quelque chose de sa poche, mais que cette considération est de peu de valeur, et comme il serait récompensé de ses sacrifices par le plaisir de contenter ses chers abonnés, qui le siffleraient à la première occasion !
Pour l'anniversaire des Journées de Septembre, exécution d une cantate de B.-C. Fauconier. Solistes : MIle Jawureck, MM. Albert, Canaple, Renaud.
1838 — 5 août, première représentation de le Bourgeois de Gand, drame en 5 actes, en prose, par Hippolyte Romand; — 10 août, première représentation de le Pirate, opéra en 3 actes, d'Edouard Duprez, musique de Bellini ; — 14 août, Céphire, ballet en 1 acte, de Hullin ; — 23 août, première représentation de Louise de Lignerolles, drame en 5 actes en prose, de Prosper Dinaux et Legouvé ; — 8 septembre, première représentation de les Scènes contemporaines, scènes d'imitations, parLhérie; — 20 septembre, première représentation de Louis de Bedford, drame en 3 actes et 5 tableaux, par Victor Joly ; — Ier octobre, première représentation de les Indépendants, comédie en 3 actes, par Eugène Scribe; — 6 novembre, première représentation de Faute de s'entendre, comédie en 1 acte et en prose, de Charles Duveyrier ; — 14 novembre, première représentation de Louis de Maie, grand opéra en 4 actes, de Vanderbelen, musique de de Peellaert; — 19 novembre, par ordre, Robert le Diable ; — 27 novembre, concert instrumental donné par Vieuxtemps; — 29 novembre, première représentation de le Ménestrel, comédie en 5 actes, par Camille Bernay ; — 25 décembre, au bénéfice de M. et Mme Baptiste, première représentation de le Perruquier de la Régence, opéra comique en 3 actes, de Planard et Duport, musique de Amb. Thomas.
2Q2 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1 8 38- 39.
En novembre, M"c Jawureck fut victime d'une petite vengeance : chaque fois que des applaudissements se faisaient entendre à son adresse, on pouvait aussi percevoir le bruit d'un chut — d'un seul chut — ■ mais d'un chut opiniâtre. On s'informa, et on apprit que l'auteur de cette méchanceté était un Anglais, amoureux fou de la chanteuse, et repoussé par elle, — beau cavalier cependant, vingt-deux ans, et nanti d'une fortune de cinq à six millions. Peste! Mlle Jawureck était difficile, et sa vertu aurait pu devenir légendaire...
Le 25 novembre, la représentation, qui avait commencé de façon fort calme, se termine par un scandale épouvantable. Alerme, sifflé à la fin d un air des Voitures versées, quitte brusquement la scène. Un moment après, il rentre, et fait au public des excuses qu'on accepte très bien. Mais il ajoute : « Je vais vous dire qui me siffle. C'est un monsieur à qui j'ai donné des soufflets! » et il désigne, en effet, son ennemi, au balcon. Il est inutile d'insister sur l'effet produit par cette boutade, et le tumulte qu'elle causa.
Deux jours après, concert de Vieuxtemps. Le jeune talent du célèbre artiste ne pouvait alors être comparé ni à celui de Bériot ni à celui de Paganini, quoiqu'on retrouvât dans son jeu la science de l'un et la verve de l'autre, avec des sons plus purs, plus moelleux. A la fin du second morceau qu'exécuta le prodigieux virtuose, une couronne tombe à ses pieds. Audran vient la poser sur la tête de Vieuxtemps, et lire des vers qui y étaient attachés. La salle entière s'associe à cette ovation.
1839. — 7 janvier, première représentation de Ruy blets, drame en 5 actes, de Victor Hugo ; — 10 janvier, expérience de langue musicale, par Sudrc et Mlle Victorine ; — 29 janvier, icance de physique, par M. Anguinet et sa fille ; — 3 février, les Dayadères ; — 10 février, première représentation de le Corsaire, ballet-pantomime en 3 actes et 6 tableaux, de Albert, musique de Bochsa ; — 11 février, au bénéfice de Mme Casimir, première représentation de la Figurante ou l'amour et la danse, opéra comique en 5 actes, paroles de Scribe et Dupin, musique de Clapisson ; — 6 mars, première représentation de Otello ou le more de Venise, grand opéra, de J. Lecomte et Bosselet, musique de Rossini ; — 16 mars, première représentation de le Dîner de Monseigneur, vaudeville en 1 acte, de Mélesville ; — 23 mars, au bénéfice de Baptiste, première représentation de l'Enfant du faubourg-, drame en 3 actes, mêlé de couplets, par Deslandes et Didier; — 25 mars, première représentation de Une journée à Naples, ballet en 1 acte, de Albert et Costa; — ier avril, première représentation de le Brasseur de Preston, opéra comique en j actes, de Leuven et Brunswick, mui-ique d'Adam ; — 6 avril, au bénéfice de M. Robert, première représentation de Un ange, ou le diable dans la maison, comédie en 3 actes, mêlée de chant, par A. -Th. Van Hecke (une seule représentation).
Voici encore un spectacle bizarre
THEATRE ROYAL
Aujourd'hui Jeudi 10 Janvier 1839
16e Abonnement courant