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C. Bosselet, second chef d'orchestre

Abel, sous-chef d'orchestre et répétiteur des chœurs. De Greef, chef répétiteur de la danse.

Lion, répétiteur des chœurs.

Soixante musiciens.

La saison débute encore par des représentations italiennes; mais, comme l'année précédente, ces spectacles sont peu suivis.

Cette fois, rimpresario est Landi; le chef d'orchestre, Pedrotti.

Principaux artistes : MM. Ramos, Delvivo, Scapini, Stevan, Lanner.

Mmes Ramos, Rumini.

Répertoire : Norma, I Puritani, Il Giuramento.

Sept représentations.

La campagne théâtrale 1842-43 est féconde en représentations extraordinaires. Un grand nombre d'artistes connus se font entendre à Bruxelles.

C'est d'abord Baroilhet, le baryton de l'Opéra, qui chante la Favorite et Guillaume Tell.

Dejazet passe tout le mois de Juin à Bruxelles, et interprète, au Théâtre du Parc et à la Monnaie, les meilleurs rôles de son répertoire.

Puis, c'est Bouffé, du Gymnase Dramatique de Paris qui, en juillet et en août, attire la foule aux. deux Théâtres. « Bouffé », dit V Annuaire Dramatique, « est le seul artiste aujourd'hui qui fasse pleurer les hommes ».

Duprez reparaît dans la Favorite.

Mlle Rachel, pendant douze représentations, qui lui rapportent 30,000 francs, excite le plus vif enthousiasme. Ses trois premières recettes s'élèvent jusqu à 24,000 francs.

1842. — ier mai, ouverture; reprise de le Valet de chambre, le Maître de chapelle, opéras comiques ; — 2 mai, reprise de Moïse, opéra ; — 3 mai, dernière représentation de Chollet et de Mlle Prévost, V Eclair, la Perruche, opéras comiques ; — du 4 mai au ier juin, série de représentations de la troupe italienne, Norma, les Puritains, Il Giuramento ; — 10 mai, premiers débuts de Delafosse et Auguste, reprise de le Festin de Pierre, comédie en 5 actes; — 17 mai, premier début de M1U Solié, le Tyran domestique, comédie en 5 actes ; — 24 mai, rentrée de Mme Casimir, premiers débuts de M"e Kuntz, première chanteuse, de Altairac, premier ténor léger, rentrée de Laborde, fort ténor, Hermann- Lcon, première basse; reprise de Robert le Diable; — du 7 au 12 juin, série de représentations de Baroilhet, premier baryton de l'Académie de musique, la Favorite, Guillaume Tell, la Reine de Chypre; — du 14 au 21 juin, série de représentations de Mllc Déjazet, les Premières armes de Richelieu, Mademoiselle d'Angeville, Vert-Vert; — 20 juin, reprise de le Domino noir, opéra comique ; — 22 juin, début de Vial, basse taille, les Huguenots; — 29 juin, première représentation de le Diable à l'école, opéra comique en 1 acte, de Scribe, musique d'E. Boulanger; reprise de l'Abbé de l'Epèe, comédie en 5 actes; — 4 juillet, reprise de Brueys et Palaprat, comédie; — 7 juillet, première représentation d'Oscar, comédie en 3 actes, de Scribe; — du 13 juillet au 4 août, série de représentations de Bouffé, premier comique, le Gamin de Paris, Pauvre Jacques, les Enfants de troupe, le Père de la débutante, le Père Turlulutu, la Fille de l'Avare, les Merluchons, l'Oncle Baptiste, César ou le chien du château, Michel Perrin, le Muet d'Ingouville, V Abbé galant, le Bouffon du prince; — 15 juillet, au bénéfice d'Ed. Duprez, avec le concours de Duprez, premier ténor de l'Opéra, la Favorite; — du 22 juillet, série de représentations de M,le Rachel, les Horaces, Andromaque, Bajazet. Marie Stuart, Phèdre, Adrienne Lecouvreur, Ariane, Polyeucte, Tan-

Levassor revient, en août.

Frédérick-Lemaître, qu'on ne connaissait pas encore en Belgique, produit une très grande impression dans Kean, Ruy Blas, l'Auberge des Adrets, etc.

M"c Catinka Heinefetter chante la Juive, Robert le Diable, et reste définitivement attachée à la troupe.

Enfin, paraissent dans divers spectacles : Mme Damoreau-Cinti, de TOpéra-Comique, — Ligier, du Théâtre-Français, — M,le Nau, de l'Opéra, — Achard, du Palais-Royal, — Mme Treillet-Nathan, de l'Opéra, — M"e Mequillet, de l'Opéra, — Inchindi, de l'Opéra- Comique, etc.

Signalons encore l'arrivée de danseurs grotesques, MM. Deulin, Dailey, Anderson et Staffort, des Théâtres Drury-Lane et Saint- James (Londres).

Les « premières » furent nombreuses.

Il faut enregistrer, pour la musique seulement, cinq ouvrages : le Duc d'Olonne, la Double échelle, Bélisaire, le Code noir, le Roi d'Yvelot.

xMais l'année théâtrale fut également fertile en réclamations et en procès.

crède, Cinna; — 2 août, premier début de Mme Crécy, le Secret du ménage, l'Ecole des femmes, comédie; — 7 août, reprise de Anne de Boulen, opéra, Giselle, ballet; — du 23 au 30 août, série de représentations de Levasseur, Un bas-bleu, les Trois dimanches, la Meunière de Marly, Endymion, la Sœur de Jocrisse, Tire la ficelle, ma femme ; — 31 août, première représentation de Robert d'Evreux, opéra en 3 actes, traduit par E. Monnier, musique de Donizetti; — 4 septembre, reprise de Lucrèce Borgia, opéra ; — 6 septembre, reprise de Don Juan d'Autriche, comédie en 5 actes; — du 12 septembre au 10 octobre, série de représentations de Frédérick-Lemaître, Kean, ou Désordre et génie, Ruy Blas, Trente ans, ou la vie d'un joueur, Richard d'Arlington, V Auberge des Adrets, Othello, Robert-Macaire ; — du 22 septembre, série de représentations de MUe Heinefetter, premier sujet de l'Académie de musique, la Juive, Robert le Diable, les Huguenots, la Muette de Poriici; — 27 septembre 1842, représentation de Hurteaux, baryton, Guillaume Tell; — 10 octobre, au bénéfice des pauvres, Robert Macaire, la Tour de Nesle (6me tableau), avec le concours et pour les adieux de Frédérick-Lemaître; — 13 octobre, reprise de l'Ecole des vieillards, comédie en 5 actes; — du 16 octobre au 29 novembre, série de représentations de Inchindi, première basse-chantante, Guillaume Tell, Robert le Diable, le Chalet; — 19 octobre, première représentation du Duc d'Olonne, opéra comique en 3 actes, de Scribe et Saintine, musique d'Auber; — 25 octobre, rentrée de Hermann-Léon, la Juive; — du 27 octobre au 10 novembre, série de représentations de Deulin, Steffard, Dailey et Anderson, danseurs grotesques des Théâtres Royaux de Drury-Lane et Saint-James, à Londres; — 3 novembre, le Barigel, opéra en 1 acte, de Oppelt et de Peellaert ; — 7 novembre, première représentation de Un voyage à Pantoise, comédie en 3 actes, d'Alph. Royer et G. Vaez; — 15 novembre, reprise de les Diamants de la couronne, opéra comique ; — 17 novembre, rentrée de

Le 2 novembre, les abonnés et habitués écrivent au bourgmestre pour se plaindre des administrateurs, et lui soumettent une liste des griefs qu'ils reprochaient à ceux-ci :

i° Monotonie insupportable, et limite beaucoup trop restreinte du répertoire. 20 Empiétement de plusieurs artistes sur des rôles pour lesquels ils sont trop faibles et ne se sont pas présentés lors de leur engagement et de leurs débuts. 30 Absence de plusieurs artistes.

4° Composition incomplète de la troupe, et réduction de l'orchestre. 50 Nullité de la mise en scène.

6° Scènes tumultueuses aux débuts, et menaces contre les abonnés.

L'Annuaire Dramatique nous fournit la relation du premier procès intenté aux directeurs :

Après avoir fait ses deux premiers débuts au milieu d'une vive opposition, Mlle Montassu, deuxième danseuse, se décide à tenter une troisième épreuve, le 26 mai, dans le divertissement de la Favorite. Des sifflets acharnés, mêlés à des applaudissements bien nourris, accueillent cette artiste, dès son entrée en scène : bientôt une véritable lutte s'engage dans la salle, qui se transforme pendant quelques instants en une arène de pugilats : force horions se distribuent de part et d'autre; les colloques les plus étranges s'établissent; enfin la police intervient, on expulse quelques siffleurs récalcitrants, et l'ordre se rétablit.

M. Monnier, le régisseur, vient consulter le public sur l'admission ou le rejet de la danseuse, sans qu'il lui soit possible de proclamer le résultat au milieu des oui et des non qui se croisent dans la salle.

Mme Dufflot-Maillard, Anne de Boulen, opéra; — 19 novembre, Bernard, Léon jeune, du Gymnase de Paris; — du 21 novembre, série de représentations de Alizard, premier sujet de l'Académie de musique de Paris, Guillaume Tell, la Favorite, Lucie de Lammermoor, les Huguenots (Saint-Bris), la Juive, Robert le Diable, Moïse, Bèlisaire (création à Bruxelles) ; — 23 novembre, au bénéfice de Delafosse, première représentation de Mathilde, drame en 5 actes, de Félix Pyat et Eugène Sue; reprise de le Comte Ory, opéra; — du 24 novembre au 30 décembre, série de représentations de Mme Cinti-Damoreau, V Ambassadrice, le Domino noir, les Diamants de la Couronne ; — du 28 novembre au 6 décembre, série de représentations de Ligier, premier rôle du Théâtre-Français, Louis XI, Hamlet, les Enfants d'Edouard, Manlius, le Tartufe ; — 29 novembre, concert de Joseph Artot;

— du 7 décembre, série de représentations de Mlle Nau, première chanteuse légère de l'Opéra, Lucie de Lammermoor, les Huguenots ; — 11 décembre, reprise de les Pages du duc de Vendôme, ballet en 1 acte ; — 12 décembre, reprise de la Fille du régiment, opéra comique; — 15 décembre, première représentation de la Double échelle, opéra comique, de Planard, musique d'A. Thomas ; reprise de les Fausses confidences, comédie;

— 25 décembre, le Songe du comte d'Egmont, scène lyrique, d'Ed. Duprez et de G. Duprez. 1843. — 13 janvier, au bénéfice de Laborde, premier ténor, première représentation de Bili-

saire, opéra en 4 actes, d'il. Lucas, musique de Donizetti (traduction); au bénéfice de M. et Mme Page, Bèlisaire; — 26 janvier, reprise de le Mariage de Figaro, ou la folle journée, comédie en 5 actes ; — du 30 janvier au 8 février, Mmc Cinti-Damoreau, V Ambassadrice, le Barbier de Séville, le Bouffe et le tailleur, le Domino noir ; — 8 février, au bénéfice de Mme Cinti-Damoreau, le Barbier de Séville, le Bouffe et le Tailleur; — 15 février, au bénéfice de Mme Casimir, première représentation de le Code noir, opéra comique en 3 actes, de Scribe, musique de Clapisson ; reprise de le Capitaine Charlotte, vaudeville

Le lendemain, l'administration fait distribuer aux abonnés et habitués l'avis suivant : « D'après l'opposition qui s'est manifestée aux trois débuts de M1Ie Montassu, l'administration a considéré cette artiste comme tombée. En conséquence, elle a fait toutes les tentatives possibles pour la déterminer à résilier son engagement. Jusqu'ici Mlle Montassu s'y est refusée : l'administration croit devoir en prévenir MM. les abonnés et habitués du théâtre, afin d'éviter tous reproches et le retour de désordres de la nature de ceux qu'elle déplore. »

Mlle Montassu, qui ne se considère pas comme tombée, demande l'exécution de son contrat devant le Tribunal de Commerce; mais celui-ci, à son audience du 21 juin, déclare la danseuse non recevable en sa demande, et la condamne aux dépens.

Canaple, profitant d'un congé, avait débuté à l'Académie Royale de Musique, et y avait contracté un engagement. Il retourna ensuite à Bruxelles. Le directeur de l'Opéra l'ayant fait mander, Canaple part pour Paris, après avoir payé le dédit stipulé de 7,200 francs à l'administration de la Monnaie. Mais celle-ci refuse un tel arrangement et porte l'affaire devant les tribunaux, qui donnent gain de cause à l'artiste fugitif.

Mlle Kunth, première chanteuse, après d'heureux débuts, avait rencontré une assez forte opposition dans le public. L'administration lui fit signifier qu'en présence de « cet état de choses » elle suspendait ses appointements. Un procès s'engage, mais, avant l'issue de l'affaire, un arrangement intervient, et MUe Kunth reçoit une partie du dédit convenu.

en 2 actes; — 22 février, première fête de nuit ; — 23 février, au bénéfice de Mme Varin, première représentation de Une révolution pour rire, comédie en 3 actes, de Louis Labarre ; Moïse, 2me et 3me acies ; — 2 mars, au bénéfice de Hermann-Léon, reprise de les Puritains, opéra; première représentation de Marco Bomba, ballet; — 4 mars, au bénéfice de Desroches, contrôleur, première représentation de MUe de Bois-Robert et de le Sire de Baudricourt, ou le chevalier de Malte, vaudeville en 2 actes, de N. Fournier ; — 18 mars, au bénéfice de Monnier, régisseur, première représentation de le Menuet de la Reine, vaudeville en 2 actes; reprise de Madeleine, drame en 5 actes; — 20 mars, reprise de Un chef-d'œuvre inconnu, drame en 1 acte, concert de Delabarre, premier hautbois de l'Opéra; Clapisson, accompagnateur; — 22 mars, au bénéfice des victimes de la Guadeloupe, les Puritains ; — 24 mars, au bénéfice de Mme Guichard, Moïse ; — du 28 mars, série de représentations de Mme Treillet-Nathan, les Huguenots, Lucie de Lammermoor, Robert le Diable; — du 27 mars, série de représentations d'Achard, du Palais- Royal, la Famille du fumiste, Indiana et Charlemagne, Farinelli ou le bouffon du roi, V Amour en commandite, Trianon, Pascal et Chambord, Bruno lefileur, le Roi d'Yvetot. — 5 avril, au bénéfice d'Altairac, la Juive; — 10 avril, au bénéfice d'Achard, première représentation de le Roi d'Yvetot, opéra comique en 3 actes, de Leuven et Brunswick, musique d'A. Adam; — 13 avril, représentation de MUe Méquillet, premier sujet de l'Académie de musique, les Huguenots ; — 20 avril, au bénéfice de Solomé, régisseur, première représentation de le Diable amoureux, ballet-féerie en 3 actes, de St-Georges, Mazilier, musique de Benoist et Reber ; — 25 avril, au bénéfice de Petipa, maître de ballet, le Diable amoureux, ballet, V Ambassadrice ; — du 26 au 29 avril, série de représentations de MUe Méquillet, première chanteuse de l'Académie de musique, les Huguenots, la Juive; — 30 avril, clôture, le Diable amoureux, ballet, Anne de Boulen, 2 derniers actes.

Hermann-Léon plaide contre ses directeurs pour obtenir le rôle de Bélisaire — dans l'opéra de ce nom — qui fut créé par Alizard. Le Tribunal de Commerce le déboute de sa demande, « attendu que les directeurs étaient parfaitement dans leur droit en confiant à M. Alizard, tenant l'emploi de baryton, le rôle de Bélisaire; d'autant plus que M. Hermann-Léon n'avait pu se charger du rôle en question par suite de maladie ». L'indisposition d' Hermann-Léon devait certainement peser sur la décision du tribunal. Cependant, puisqu'elle l'avait empêché de se charger du rôle, il est assez clairement indiqué que ce rôle lui avait été distribué, et qu'il était de son emploi. De plus, Bélisaire est noté comme première basse, et Alizard figure sur le tableau de troupe en qualité de baryton, quoiqu'en réalité ce fût une basse, et une basse célèbre. Il eût fallu, pourtant, s'entendre un peu...

Voici un état comparatif des troupes engagées au Théâtre de la xMonnaie pendant les dix années qui viennent de s'écouler. On pourra y faire cette invraisemblable constatation que, loin d'être plus nombreux en 1843 que dix ans plus tôt, le personnel est réduit de plus d'un tiers.

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