‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 104 sur 137 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

MADAME ANGOT (seuU),

« Me v'ia donc à la veille d'être la mère d'nn chevalier. On a ben raison de dire qa'hazard fait tont. Il est vrai que l'argent ne nnit pas. Si M. Angot, défunt, ne m'avait pas laissé de ça, je ne me verrais pas aujourd'hui dans la passe de quitter mon commerce et je ne pourrais pas, de même comme ainsi est, marier ma fille à un homme de qualité. Ah t queu mot flatteur !

^ < Adieu donc pour la vie « Baquets et tabliers,

< Je nomme en compagnie

« Mon fils le chevalier (his), « Z'on viendra m'habiller, « Me caparaçonner

< Z'avec grand étalage,

< Des couleurs au visage,

< Suivant le bel usage ;

« Et puis sur mon genou « Bizou, bizou < Mon pHit chien, mon p'tit chien bizou (&ts).

« Voyez la comédie.

« Madame, dira-t-on, '

< Pour être bien, ma mie, ;

< Faut l'sapeau z'au ballon (Us).

« Au col le médaillon, - :

« Ruban pour ceinturon, « Riches blouques pendantes.

■^ Ll THEATRE DE LA HÉVOLUTIO». \

• Ses lévites traînantes

■ Et pois sur mon genou, etc.

• Toujours nouvelle mise

■ Sui\anl ous'quel'on va; > Dites, suls-je binn, Lise,

• Suis-je t'i bien comme ça (Au) f < Mulaijie paraîtra

• Z'en robe à l'Opéra,

• Et crmnm de n se

• AuK sauteurs mise,

• Et puis aur m ou

• Bizou, bizuL

• Uou p'tit chien, mon p'tit ;a bizou (bis). •

Hame An;;ot, malgré sa b< e volonté, se fourvoie. Elle rend Aupste (l'empereur) ir Auguste, le maître d'hôlii

I tct à c6U ' . Elle se donne • .licence • de présenter isa famille ■ au chevalier. Elle va allonger une lape à sa fille, elle en bit le geste, puis se contraint ridiculement pour preudre l'air k prétentions. Elle veut mâme lui donner un coup At pied, mais Nicolas l'arrête par-derrière en lui portant la robe. Le chevalier lui fait des compliments, lui parle d'Homère et de Venus. • Vous ne me ferez jamais croire, répliquet-elle, qneje suis t'une Vénus. Citait târement un milHaire qta cet Homère! > Etc., etc.

Au second acte, signalons une fort bonne scène, celle ot la cousine Bernard vient reprocher devant le faux chevalier i msilame Angot de méconnaître ses parents qui sont dans le commerce et de ne pas les inviter an mariage de sa fille.

lUDEHOISBLLE BERNARD (à Nanou).

• Dame I v'Ià ce que c'est que de faire fortune, ça vous gon- • de ; in»is je suis aussi ferme qu'elle pour le moins. Je mao-

« querions de tout que je ne lai empranterions pas nn son, « aussi bien ail' ne me Tprèterait pas peut-être... et qu'est

< ce qui sait ? Ce qui n'arrive pas aujourd'hui peut arriver « demain ; ainsi se passe la vie. Madame Angot sait ben « qu'aie n*a pas toujours eu des fauteuils pour se carrer et • a\ ant que son père défunt n'ait reçu la succession de son « grand-oncle, il était toujours prêt à tirer un liard avec les

< dents... dame, alors ta mère ne marchait pas la tête levée !

MADAlfB ANGOT.

(Avec colère et tout d fait en poissarde.) « Qu'appelles-tu, satanée^ je ne marchais pas la tête levée ?

< Sais-tu que la patience m'échappe à la fin ? Ai-je jamais dû « un sou à quelqu'un ? Dis donc, eh t langue de couleuvre ? « Apprends que de ma vie vivante je n'ai reçu d'assignation « et qui que ce soit n'a pu me dire dans la rue : paye-moi ce

< que tu me dois. Y'ia-ti pas un biau fruit de nature pour « venir insolenter le monde ?... On te connaît toi, pour ce « que t'es. C'est la discorde en personne et c'est, pardine, ben « désagréahia pour une famille d'y voir une harangère comme «toi!

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