SCÈNE V
•^ théâtre représente la grande salle d'un antique château où ^ I>uc veut donner une audience solennelle d tous ses vassaux.
LE DUC (seul).
• ^h quoi ! je n'aurai donc reçu de mes aïeux un nom, des
* privilèges, des prérogatives,que pour les voir le jouet d'une ' ^''e populace 1... Le serpent redresse quelquefois sa tête, il
* pousse des sifflemens, il menace ; mais il n'intimide que
®8 â.mes pusillanimes... un faible enfant marche droit à lui ^'un léger coup de baguette le terrasse. Telle est la supé-
rioritë de la noblesse sar le Tiers-État. Les clameurs étourdissent d^abord; mais le son s'en perd dans le^ airs... Qm pourra donc contre nous cet essaim d'insectes, qui rampent à nos pieds, qui nous doivent leur ei^^istence et qui attendent tout de nous.... sans nous que deviendrait le Peuple? il périrait de misère et de faim. Si tous les seigneurs agissent comme moi, nous aurons bientôt fait rentrer le Peuple dans le devoir... Avertissez mon intendant ! »
SGÉNÉ il.
LB DUC {à l'intendant), i Que dit-»on ds mon arrivée ?
L'tPmBNDANT.
< Monseigneur, tous vos vassaux en sont étonnés. Jd leur « ai porté vos ordres et je pense qu'ils se rendront à votre
< audience à Theure indiquée. Us ne parailsent pat ioti- « midés.
LE DUC
« Qui donc peut les rassurer contre ma juste colère ?
l'intendant.
* Tout semble annoncer une Révolution.
LE DUC
« Je n'en vois qu'une. Elle est immanquable : celle qui affir-
< mera de plus en plus les privilèges de la noblesse, qui for- « cera le Tiers-État à payer et qui le rendra plus esclave « encore de notre puissance et de noire autorité. *
Le Duc espère que les États généraux rendront à la noblesse sa première autorité et rétabliront le servage des vassaux. L'Intendant cherche à le détromper, en l'assurant qu'on a tué son gibier, que les esprits sont montés contre lui avec une
unftaimitB vraiment effrayante, l^e Pue entre en fureur rt
•aite ses vassaux de gredins. L'Intendant essaie de le calmer. iB Dac le chasse en disant : « Je trouverai assez d'autres inmdants. >