‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 114 sur 160 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le Cabinet du Directeur

Uo directeur ne sait à quel saint se vouer pour faire de Targent; quand un auteur se présente et lui offre une pantomime, eu 12 tableaux intitulée : Len trois Pierrots. Dans cette pantomime, on s'est efforcé de sortir des chemins battus. On ne s*est point borné comme dans toutes les pantomimes passées et présentes à faire courir Léandre après Isabelle, Arlequin après Colombine, et Cassandre après tout le monde ; mais, ou y trouve des caractères tracés, une intrigue suivie, des situations, des péripéties. Le Directeur est enchanté et croit avoir trouvé sa poule aux œufs d'or.

Et voilà I

Malheureusement, la pièce, après lecture de la brochure, ne répond pas aux promesses, faites par Tauteur, dans son prologue.

Certainement, ce ne sont pas les sentiers battus qu'il a parcourus; seulement, cen sont d'autres, que je trouve plus crevassés, plus rocailleux, plus bordés d*épines, que les battus.

Il n'y a ici ni fées, ni gnomes^ ni sauvages, ni brigands, c'est vrai ; mais il y a « La Bonne Destinée » et « La Mauvaise Destinée » qui me semblent fort avoir mis un faux nez pour que l'on ne puisse reconnaître en elles Le Satan et La Fée des Bruyères, consacrés par Charles Charton et ses prédécesseurs.

Enfin, le but ou la fin couronnant Tœuvre, Les Trois Pierrots furent un succès immense.

Le 15 novembre : Michel le noceur^ vaudeville en 2 actes.

Le i8 novembre : Cest le Diable, vaudeville en 1 acte.

M. Billion — tourmenté par Jouhaud qui, après ses deux triomphes dans la pantomime, avait pris une grande importance au Théâtre et une incontestable influence sur son directeur, — M. Billion, dis-je, se décida à monter une seconde revue, malgré le quasi-insuccès qu'avait obtenu celle de Tannée précédente.

Le 16 décembre mit au jour: Les Haricots malades^ revue en 3 actes et 10 tableaux.

DISTRIBUTION

Soissons !•' MM. Alexis.

Flageolet Mousseron.

Panaché Samson.

Le Père Gargot Victor.

Paillasse Paul Legrand.

Le chevallier RoUac Philippe.

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C'est pourquoi, ayant pu être quelque chose, il ne sut pas être quelqu'un et se résigna à n'êire presque rien.

Deburau ne jouant pas dans la revue, M. Billion s'empressa de lui faire reprendre une vieille pantomime.

Le 25 décembre, on donna : Fra Diavolo, pantomime en 4 tableaux, créée par Deburau père, en 1844.

Pour terminer Tannée, j*ai à citer une bonne action de M. Billion.

Alexandre Guyon venait de tirer au sort. Il avait amené le numéro 4.

— Tu ne partiras pas, lui dit son directeur.

Et il lui donna un bénéfice qui rapporta 600 francs.

Aidé par un oncle, qui lui fournit le complément de la somme nécessaire, Alexandre put s'acheter un remplaçant.

Charles Deburau avait tiré en même temps qu'Alexandre et avait amené le numéro 517. Exempt.

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