‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 28 sur 160 · Scène comique entre ces deux personnages et Pierrot · texte numérisé non relu

Scène comique entre ces deux personnages et Pierrot

Poulailler demande à déjeuner.

Entre un jeune homme bien vêtu qui demande également à déjeuner.

A la vue du jeune homme. Poulailler conçoit de suite, lldée de s'emparer de sa montre et de la belle chaîne qui pend à son côté.

En effet, il profite du moment où le jeune homme va accrocher sou chapeau  un clou, pour lui enlever le bijou qull convoite.

Comme il n'a pas été vu du jeune homme, il fait semblant de sortir et d'entrer pour la première fois. On sert le jeune homme qui se met à table. Poulailler en fait autant de son côté.

Deux dames arrivent. Elles demandent un bouillon et du vin. On les sert. Elles déjeunent et s'entretiennent avec chaleur.

Poulailler, pendant ce temps> fait à sa maîtresse un cadeau qui consiste en quelques mouchoirs volés.

Poulailler qui a remarqué le ridicule d'une de ces dames sur la table, tire de sa poche une ficelle au bout de laquelle il attache une épingle. Il va, sans être remarqué, la fixer au ridicule.

Pour s'emparer du ridicule sans qu'on puisse entendre le bruit quil ferait en tombant, il renverse sa table et profite du désordre que cela occasionne, pour attirer le 9ac à lui.

Le calme étant rétabli, cette dame s'a[)erçoit du vol. Le jeune homme, à son tour, déclare qu'on lui a enlevé sa montre et accuse Pierrot qui est venu plusieurs fois près de lui.

Celui-ci se défend et prend son maître à témoin.

Pendant ce temps, Poulailler fait approcher son compagnon, auquel il remet Iç sac, en lui ordonnant de sortir au plus vite.

Cette scène n'est remarquée de personne.

Une des deux dames dit qu'elle a vu Poulailler se lever de table ; que lui seul peut être coupable.

Poulailler est invité à se laisser fouiller, et n'apporte qu'une faible résistauce k cette proposition ; mais au moment de s'approcher du maître d*hôtel, il s'aperçoit qu'il a oublié de donner la montre à son compagnon. Il trouve de suite un expédient.

Il vient se placer en face du restaurateur, il lève les deux bras en Tair, et, tenant la montre dans une de ses mains, il l'accroche au dos de celui qui le fouille. L'opération terminée, il reprend la montre et de plus le mouchoir de poche du restaurateur.

Poulailler, justifié, s'en va très mécontent de l'affront qu'il a reçu.

On se réunit et l'on sort pour aller faire sa déclaration à l'autorité.

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Le théâtre représente une place publique. A droite une maison à deux étages avec une enseigne portant ces mots : Marchand de toiles. Vis-à-vis une boutique de joaillier. Près de la fenêtre^ une borne.

On voit le joaillier triivaillant dans sa boutique.

Poulailler arrive déguisé en marchand de salade.

11 désigne la boutique du joaillier ; observe autour de lui pour voir .«i personne ne le suit.

Alors, il vient déposer sa hotte sur la borne ; le joaillier sort de chez lui en colère et invite le marchand à retirer sa hotte qui lui masque le jour.

Poulailler prend un air suppliant, se plaint d'une extrême Tatigue et obtient de reprendre haleine. 11 entame une conversation, relative à sa malheureuse existence.

Pendant ce temps, son compagnon sort la tête, puis tout le corps, de la hotte. Il détache un carreau de la fenêtre et enlève tout ce qui se trouve à sa portée ; après quoi il reprend son poste.

Poulailler salue le joaillier, le prie de Taider à remettre sa hotte sur son dos et s'éloigne ensuite doucement.

Le joaillier rentre chez lui, s'aperçoit du vol et court après Poulailler auquel il raconte . son malheur, sans concevoi# comment on a pu le voler puisque tous deux étaient à la porte de la boutique.

Poulailler le plaint, l'engage à faire sa déclaration et s'éloigne.

Pendant cette conversation, Pierrot est entré chez le joaillier avec un panier contenant son dîner, y sort au moment où le marchand va pour rentrer chez lui.

Celui-ci, étonné, soupçonne Pierrot qui ouvre ses vêtements pour faire voir qu'il n'a rien sur lui. 11 montre le dfner qu'il vient d'apporter. On lui en paye le prix et il sort.

La nuit arrive. Le joaillier ferme sa boutique et rentre chez lui.

Poulailler arrive en redingote, suivi de son compagnon.

Il a une lanterne sourde. 11 s'approche de la maison du marchand de toiles; écoute et annonce que tout est calme.

Tous deux se félicitent de leur expédition chez le joaillier.

A cette occasion, le compagnon remet à Poulailler un portefeuille qu'il a pris chez le joaillier et qu'il a oublié de lui remettre avec les autres objets.

Poulailler ouvre le portefeuille et fait voir qu'il ne contient que des papiers de sûreté. Il vient ensuite à la porte du marchand de toile, et en enlève un panneau par lequel il fait introduire son compagnon dans la maison.

Une patrouille vient à passer.

Poulailler veut l'éviter ; mais Arlequin, qui en est le chef l'arrête et lui demande ses papiers.

11 prend le porte-feuille du joaillier et en sort une carte qu'il présente à Arlequin.

Celui-ci lit et se tournant tour-à-tour vers Poulailler et la boutique.

— C'est donc là que vous demeurez ?...

Il répond affirmativement. Arlequin lui remet sa carte.

Poulailler propose à Arlequin de prendre une goutte chez lui.

Arlequin remercie. La patrouille s'éloigne.

Poulailler retourne à son poste.

Son compagnon jette par la fenêtre du second étage différents objets que Poulailler met en sûreté.

On entend du bruit dans la maison.

Le compagnon envoie, par la fenêtre, le bout d'une pièce de toile, que Poulailler va attacher autour d'une borne. Le compagnon se laisse glisser jusqu'en baa le long de la toile.

Le marchand de toiles paraît à la fenêtre et tire un coup de pistolet sur les voleurs, qui s*échappent.

La patrouille revient. Le marchand de toiles et le joaillier se plaignent à Arlequin

Différentes personnes, parmi lesquels Pierrot, viennent également faire leur déposition.

Le jour parait.

Poulailler arrive en vieille femme pour se plaindre aussi d*avoir été volé ; affectant un désespoir jusqu'à Tévanouissement.

Le marchand de toiles et le joaillier lui portent secours. Ils lui passent les bras autour de leur coi ; mais ces bras sont postiches. Poulailler utilise les véritables, pour prendre ce qu'il trouve dans les poches de ceux qui raccompagnent.

Ils entrent chez le marchand de toiles. Tout le monde regarde à la porte.

Un grand bruit se fait entendre dans la maison. Poulailler en sort, bousculant tout ce qui se présente devant lui. Il jette ses vêtements de vieille femme à droite et à gauche.

Il saute par dessus la tête de Pierrot, qui veut s'opposer à son passage, et s'échappe. On le poursuit.

A peine le monde est-il sorti, que Poulailler rentre en scène, toujours poursuivi ; il n'a que le temps de quitter son habit, de le retourner et de le remettre au plus vite, ce qui le rend méconnaissable.

Tout le monde revient en courant et demande à Poulailler s'il a vu le voleur.

Il indique une fausse direction. On continue la chasse.

Pierrot seul est resté. 11 le reconnaît. Après quelques lazzis, Poulailler s'échappe.

Aux cris de Pierrot, tout le monde revient. H rend compte de ce qui lui est arrivé.

Le marchand de toiles entre chez lui et en sort, en déployant cette inscription :

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