‹ Le théâtre des marionnettesChapitre 106 sur 135 · SCENE PREMIERE JUSTINE, puu BOQUILLON · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE JUSTINE, puu BOQUILLON

JUSTINE, paraissant car le haul de rescalier.

Qu*est-ce qui miaule comme 9a? quelque chatte folle? a chat! achat!

BOQUILLON, du dehors.

Cest moi, Boquillon... ouvre done, v*la I'orage!

Tonneri-e.

JUSTINE

Boquillon, le plus joli homme de Viremollet! (ehc ouTre.) Quoi que vous voulez?

BOQUILLON, ua bouquet h ia main.

Brouffl Jeune Justine, c'est aujourd'hui la fete et je te porte z'uq bouquet de roses en boutons, embleme de la jeunesse et de Tinnocence...

JUSTINE

Merci, monsieur Boquillon ; mais ma mere est pas encore lev6e et je peux pas Faccepter sans sa presence. Alle a peur du tonnerre et alle se cache sous sa couvarte.

BOQUILLON

EUe se prelasse^ lant mieux! Puisque nous sonunes seuls, z'en tSte d, t^te, je peux t'eutrelenir de mes sentiments imperp^tueux. Laissc-moi d^poser un baiser sur tes beaux yeux bleu faience I... tu ne veux pas? sur ta jolie n'oreiJle gauche, en attendant le mariage,

JUSTINE

Vous voudriez m'epouser? Cest-il bien vrai?

BOQUILLON

J*en jure sur mon drapcau territorial. Accepte mon bouquet.

Elle prend le bouquet.

JUSTINE

Vous me confusionnez. J'en suis toute rouge. Je dis pas noni mais plus tard. Je suis trop'jeunette. J'aurai que douze ans aux pommes.

BOQUILLON

Ah I maman Sainte^Breloque, ^a ne fait rien... dans une ame bien nee, la valeur n'attend pas le nonibre

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des ann^es. £t puis, volla le prin temps qu'arrive avcc des feuilles et pis des fleurs et tout le tremblement. Tout parlout dans la nature on s'enroucoule. Les pelits t'insectes ils se courent apres comme des mdlins en berdouillant dans les herbages, les papillons farfouillent dans les fleurs, les z'hannetrons grimpent deux a deux sur les arbres et les coeurs sensibles poussent des souplrs 6pastrouillants. (n soupiro.) Ah ! ah ! c*est vrai que lo printemps ram^ne aussi les punaises dans les bois... de lit, et les punaises c'est des mauvalses affaires quand il y en a des gros tas. Nous sons aussi dans la saison des rOses et des rosieres et, d'apres la couronne que je vols ici pr^sente, m'est avis que le maire et son conseil vont proceder aujourd'hui au choix d'une postulante.

JUSTINE

C'est malheureux tout de m^me que j'aie pas PAge pour concourirl

BOQUILLON

Pourquoi que tu ne serais pas rosi^rc? tu rempiis (outes les conditions. La vertu fait tout ! Et puis avcc des protections. 11 n'y a que c^a. aujourd'hui. D'ailleurs M. le maire qu'est un pfere pour loi, c*cst-a-dire une mere, c'est le maire de ses sujets, non ! le pere... v'la que je m'embistrouilie !...

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