EAQUE
Passons, passons. Est-ce vous, grande foUe, qui avez introduit ici Taccus^?
LA CHIMEHE.
Oui, gi'os cochon!
MINOS
Et... dans quel but?
LA CHIMERE
Une fantaisie... Pour rire un instant et me moquer de Pluton, qui a fait son temps, qui ennuie son Spouse Proserpine et qui me semble aussi nul qu'inutile.
LES DEMONS
Oui, la Chim^re parle bien! A bas Pluton, vive la Chi mere!
MINOS, aax juges.
Messieurs, ga sent la revolution, consultons-nous.
Us 86 oonBoltent.
LA CHIMERE
Pluton, au lieu de me recevoir dans ton empire avec les honneurs qui me sont dus, tu m'envoies des sales chiens pour m*emp6cher d'entrer, tu me le payeras !
LES DEMONS
Vive la Chim^re !
PLUTON, furieux.
A la chaudierel cette bete puante, ainsi que son prot^g^. Ce sont des libres pcnseurs, des importunistes»
TUOISlftME TABLEAU. 387
BALANDARD
Ah! II fmit par m'agacer. Proserpine, si je lui flanquais uae tripol^e, m'en voudriez-vous?
PROSERPINE
Oh! non, au contraire.
BALANDARD
Alors! c'esl moi qui vais te coller a la marmite.
LES DEMONS
Qui, oui, passez-nous-le. 11 y a assez longtemps qu'il nous emb^te.
BALANDARD
. Et moi qui croyais les Enfers un pays tranquille, c'est comme sur terre : « C'est pas toujours les monies qu*auront Tassiette au beurre. » Pluton, §, la chaudi^re! (n
prcnd Pluton qui rgsiste et I'envoie aax demons.) A la chaudi^re!
pilez-le, flambez-le avec les 6gards dus a une t^te couronn6e.
Pluton est enlev6 par les d6mons et jet6 dans la chaudiire ; tonnerre, gong.
MINOS
C'esl trfes bien! Mais 11 nous faut un roi. L'Enfer ne peut s'en passer, (a Baiandard.) Tu sembles fait pour r^gner, et puisque tu viens lei pour la reine des Enfers, la voici veuve, Spouse-la et tu seras roi.
BALANDARD
Aimable et irresistible Proserpine, prononcez sur notre sort commun.
PROSERPINE
J'aimerais mieux alter prendre un peu d'air de terre ; j'ai la nostalgie des blondes moissons de ma mere C6r^s et des rayons d'or du divin Apollon.
BALANDARD
Je vous comprends. Alors, je suls a vos ordres. Messieurs, vous demandez un roi, permettez-moi do vous
en offrir un de ma main. J'abdique en faveur de la Chim^re.
MINOS
La Chimere ? En effet, c*est une idee lumineuse ! La Chimfere rfegne aux Enfers. Viens ici, belle deesse, et accepte le sceptre !
LA CHIMIiRE; prenant la place de Pluton .
Balandard, j'accepte la fourche des Enters (EUe la brandit d'une main), ct je n'oublieral jamais que e'est a toi que je la dois.
PROSERPINE
Nous n'avons plus rien k faire ici. AUons- nous-en.
BALANDARD
Oui, partons?
SATANAS
Et Anacr^on, vous no Temmenez pas ?
BALANDARD
Ah! c'est juste! j'etais venu pour qn.,, (n cherche Anarrton.) Mais ou est-il passe ?
SATANAS) ramassant un bout d'homme ratatind.
Qdi doit ^tre lui, on la oubli^ pr^s de la chaudi^re. II est cuit et m^me rissol6 ; mais tu peux I'emporter.
BALANDARD
Et que veux-tu que je fasse de cette grillade? Je t'en fais cadeau. Ma foil Porel dira ce qu'ii voudra; mais au lieu de lui ramener un po^te grec, je lui rapporte unejeune premiere qui n'est pas des plus mal tourn^es.
Sifllet du chemin de fer.
PROSERPINE
D^pSchons-nous si nous ne voulons pas manquer le train.
TROISlfiME TABLEAU. 389
BALANBARD.
Proserpine s'lmpatiente et Ton ne doit jamais faire attendre les dames. Messieurs des Enfers, votre serviteur !
LA CHIMilRE.
Demons, reconduisez mon ami et sa compagne.
PROSERPINE
Inutile de d^ranger personne. Je connais le chemin.
Elle sort avec Balandard.
MINOS
Messieurs, Taudience est lev^e.
Feui de Bengale rouges. La toile tombe et se relfere presque d IMnstant pour laisser voir un coin de la villa et du jardin de Foln-la-Folie au premier tableau.
390 BALANDARO AUX Ex\FERS.
Qnatri^me Tableau*
BALANDARD, endormi sur un banc; La CuISINI£:RE.
LA CUISINlfeRE, enlram.
Yoild trois fois que je sonne I (a Baiandard.) Monsieur ne veut done pas dejeuner?
BALANDARD, B'Sveillant.
Hein ? Qu'est-ce que c'est ?
LA CUISINIJilRE.
C'est le dejeuner, votre c6telette est brftlee.
BALANDARD
Comme Anacr^on. Et Proserpine, ou est-clie?
LA CUISINI^RE.
Gonnais pas ces gens-lk.
BALANDARD
Ah ! j'ai rev6.
Ridcau.