‹ Le théâtre des marionnettesChapitre 36 sur 135 · SCENE X FLORE, LEDRU · texte numérisé non relu

SCENE X FLORE, LEDRU

FLORE

En voila un futur que je n'h^site pas a qualifier de cornichon ! Maman dit qu'il est tres riche, mais j'en aimerais mieux un autre.

SCfeNE DIXIEME, 91

LEDRU, venvnt de la maisoai h part.

Mon parraia a, je le vois, quelques invites eh ce moment... Mais o£i est-il fourr^? (voyam Fiore.) Ah ! la bonne !... jolie fille, ma foi ! Bonjour, mignonne I

FLORE, k part.

Mignonne? ce militaire est familier... c'est un beau gar^onl (naut.) Bonjour, militaire...

LEDRU, h part,

Elle a Fair de connaitre son monde. (Haut.) Pour Yous servir, ma jeune beauts.

FLORE, riant; k part.

Sa jeune beaute ! (Haut.) Que desirez-vous?

LEDRU

Comment vous appelez-vous ?

FLORE

Flore.

LEDRU

La deesse des fieurs... moi, Horace, pas Codes du tout, car j'ai deux bons yeux pour voir toutes les beautes qui vous perfectionnent.

FLORE, k part.

Pas trop bfite, ga! (Haut.) Monsieur Horace...

LEDRU

Ne m'appelez done pas monsieur, je suis sergent.

FLORE

Eh bien, monsieur le sergent.

LEDRU

C'est la mtoe faute! Dites Horace tout court, c*est plus gentil; je suis de la maison et je suis content de la trouver habitue par une aussi jolie fille ! Je m'en donne pour un quart d'beure d'etre amoureux do vos yeux, de votre petit bee rose et du reste. .

FLORE

Taisez-vous done!

LA VOIX DE MADAME GRATIN, de la coulisse.

Flore! viens-tu?

FLORE

Qui, maman, dans un instant.

LEDRU

Vous avez voire mhve ici?

FLORE

^a VOUS parait singulier ?

LEDRU

Mais non, ^a m'est 6gal, 6 la plus jolie des bobonnes !

FLORE, riant.

Bobonne ! Vous me croyez femme de chambre ?

LEDRU

Et je te retiens pour faire la m^enne. (n u prend par la

taille.) Dis, VeUX-tU?...

FLORE, riant.

Quelle plaisanterie ! laissez done !

LEDRU

J'ai six mois a passer ici...

FLORE

Yous allez done rester six mois ici en billet de logement?

LEDRU

Tu ne comprends pas, petite... mais je t'expliquerai ga plus tard... En attendant, tu vas me faire dejeuner... car je suis ici comme chezmoi...

FLORE, stupdfaite.

Comme chez vous?

LEDRU

Oui, nous dejeunerons mSme ensemble, car je ne suppose pas que mon parrain ait assez mauvais goClt pour te laisser manger & la cuisine...

sg£;ne onzieme. d3

FLORE, k part.

Je n'y suis plus du tout ! (Haut.) Qui dles-vous done?

LEDRU9 rembrassant.

Ton amoureux, si tu veux!

FLORE

Cessez de me tutoyer, et repondez-moi directement... Je suis la fille de la maison.

LEDRU

Yous seriez ma soeur en ce cas... car on pretend qu'il est plus que mon parrain*

FLORE

Mon papa serait le vdtre?

LEDRU

Ah g&! il s'est done mari6 en mon absenee...

FLORE

Mais oui, il y a trois ans...

LEDRU

Ah I le vieux sournois ne m'en a pas fait part. Apr^s qsiy la lettre court peut-^tre apr^s moi dans les deserts de FAfrique. Gh^re petite soeur, faut que je t'embrasse.

n rembrasse.

FLORE

Mais, mon fr^re... est-ce convenable?

LEDRU

Tout ce qu'il y a de plus... naturel,

FLORE

Si tu m'en r^ponds...

LEDRU

J'aimerais mieux que nous ne soyons pas parents... je te Tavoue; mais ga vaut encore mieux que de n'^tre rien Pun pour I'autre. Laisse-moi r^cidiver !

n rambrasBe encore.

9i I'LMiSTE OUBLl.

SCfiNE XI

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