‹ Le théâtre des marionnettesChapitre 86 sur 135 · MADEMOISELLE ROSALIE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE ROSALIE

ROSALIE, s'eveillant en sursaut.

Yoila, madame ! Tiens ! c'est vous, Nannette ? C'est-il b^te de r^veiller comme qsL le monde en peur. Pourquoi que vous n'^tes pas a voire cuisine?

NANNETTE

Comment, vous dormiez? Et dans la chambre de madame de Bonbricouland encore ! vous ne vous g^nez gu6re.

ROSALIE

C'est vrai, je m'^tais oubli6e un instant la sur ce fauteuil... c'est si mocUleux.

NANNETTE

Dites done, c'est-y vous qu'^tes charg^e de loger ce monsieur?

ROSALIE

Quel monsieur?

SC6NE TROlSlftME. 249

NANNETTE

Ce monsieur qu'est eorhume du cerveau, qu'est venu avec madame Corisande, la soeur h madame.

ROSALIE

Ah ! M. Balandard ! c'est bien vrai, je Tavais oubli^. ce monsieur.

NANNETTE

C'est que \o\\h ses affaires qu'^taient resides dans ma I cuisine.

' ROSALIE

Posez-les li, je vas les porter dans sa chambro.

NANNETTE

I Les v'Jd... Je m'en vas !.

Elle ort.

SCfiNE III ROSALIE, pais MADAME DE BONBRiCOULAND.

ROSALIE

Pourquoi done que madame Corisande a amen6 ce monsieur?... ce serait»y pas le remplagant de d^funt son mari?... e'est qu'ils ont Fair de se connailre joliment... Dansent-ils la dans le salon ! En voild unenocc ^aie... Et du monde ! tout ce qu^il y a de plus comme il faut dans le pays... M. le sous-pr^fet... le maire... le commandant...

Elle »'endort.

MADAME DE BONBRICOULAND.

Eh bien ? Qu'cst-ce que vous failes Ik, pdronnelle ?

ROSALIE, s'dTeillant.

Mndnme... je... c'est que... je... m'en vas.

ioO LA CHAMBKK ULKl E

SCfiiNE IV

CORISANDE, HYBL^A, MADAME DE BONBRICOULAND.

HYBLilA.

An ! ce M. Balandard, il est amusant, il est atmable et il dansel... il valse surtout dans la perfection.

MADAME DE BONBRICOULAND.

C'cst bon, c'est bon ! tu n'as pas besoin de te monter la tSte pour lui, ma fille. Te voila marine, et les beaux danseurs, ^a ne teregarde plus.

CORISANDE

Celui'la n'est pas beau ; mais il a de Tesprit, il est gai, bon gargon. 11 plait i tout le monde.

MADAME DE BONBRICOULAND.

Je ne dis pas. 11 me plait aussi & moi; mats enfin c'est un homme de rien.

HYBLEA.

Ah ! maman, si je n'ai plus le droit de regarder ceux qui dansent bien, tu n'as pas celui de dedaigner les gens de rien, car te voila belle-m^re d'un vilain, et par consequent m^re d'uiie vilaine.

MADAME DE BONBRICOULAND.

Tu es jolie et ton mari est laid; mais tu Tas voulu comme ga et j'ai dd c6der.

HYBLEA.

11 n'est ni joli, ni jeune, j'en conviens; mais il est riche,

CORISANDE

Et la petite est positive.

HYBLEA.

Je suis do mon siecle.

SCl'M' ULATRIKME. 251

CURISANDE.

11 u'est pas riant, ton siMe.

HYBL^A.

Dirait-on pas que tu as quatre-vingts ans !

CORISANDE

Oh 1 moi, je risde lout pour ne pleurer de ricn.

HYBLEA.

11 t'est facile d'etre gaie, petite tante, tu es ricbe.

CORISANDE

Ce n'est pas le mariage qui m'a enrichie^ au contraire.

HYBLEA.

Enfin, ton oncle t'a laiss^ trente millelivres derenle, ct nous nous sommes pauvres. Mon grand-pere ne nous laissera rien, non plus qu'a toi.

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