MADEMOISELLE ROSALIE
ROSALIE, s'eveillant en sursaut.
Yoila, madame ! Tiens ! c'est vous, Nannette ? C'est-il b^te de r^veiller comme qsL le monde en peur. Pourquoi que vous n'^tes pas a voire cuisine?
NANNETTE
Comment, vous dormiez? Et dans la chambre de madame de Bonbricouland encore ! vous ne vous g^nez gu6re.
ROSALIE
C'est vrai, je m'^tais oubli6e un instant la sur ce fauteuil... c'est si mocUleux.
NANNETTE
Dites done, c'est-y vous qu'^tes charg^e de loger ce monsieur?
ROSALIE
Quel monsieur?
SC6NE TROlSlftME. 249
NANNETTE
Ce monsieur qu'est eorhume du cerveau, qu'est venu avec madame Corisande, la soeur h madame.
ROSALIE
Ah ! M. Balandard ! c'est bien vrai, je Tavais oubli^. ce monsieur.
NANNETTE
C'est que \o\\h ses affaires qu'^taient resides dans ma I cuisine.
' ROSALIE
Posez-les li, je vas les porter dans sa chambro.
NANNETTE
I Les v'Jd... Je m'en vas !.
Elle ort.
SCfiNE III ROSALIE, pais MADAME DE BONBRiCOULAND.
ROSALIE
Pourquoi done que madame Corisande a amen6 ce monsieur?... ce serait»y pas le remplagant de d^funt son mari?... e'est qu'ils ont Fair de se connailre joliment... Dansent-ils la dans le salon ! En voild unenocc ^aie... Et du monde ! tout ce qu^il y a de plus comme il faut dans le pays... M. le sous-pr^fet... le maire... le commandant...
Elle »'endort.
MADAME DE BONBRICOULAND.
Eh bien ? Qu'cst-ce que vous failes Ik, pdronnelle ?
ROSALIE, s'dTeillant.
Mndnme... je... c'est que... je... m'en vas.
ioO LA CHAMBKK ULKl E
SCfiiNE IV
CORISANDE, HYBL^A, MADAME DE BONBRICOULAND.
HYBLilA.
An ! ce M. Balandard, il est amusant, il est atmable et il dansel... il valse surtout dans la perfection.
MADAME DE BONBRICOULAND.
C'cst bon, c'est bon ! tu n'as pas besoin de te monter la tSte pour lui, ma fille. Te voila marine, et les beaux danseurs, ^a ne teregarde plus.
CORISANDE
Celui'la n'est pas beau ; mais il a de Tesprit, il est gai, bon gargon. 11 plait i tout le monde.
MADAME DE BONBRICOULAND.
Je ne dis pas. 11 me plait aussi & moi; mats enfin c'est un homme de rien.
HYBLEA.
Ah ! maman, si je n'ai plus le droit de regarder ceux qui dansent bien, tu n'as pas celui de dedaigner les gens de rien, car te voila belle-m^re d'un vilain, et par consequent m^re d'uiie vilaine.
MADAME DE BONBRICOULAND.
Tu es jolie et ton mari est laid; mais tu Tas voulu comme ga et j'ai dd c6der.
HYBLEA.
11 n'est ni joli, ni jeune, j'en conviens; mais il est riche,
CORISANDE
Et la petite est positive.
HYBLEA.
Je suis do mon siecle.
SCl'M' ULATRIKME. 251
CURISANDE.
11 u'est pas riant, ton siMe.
HYBL^A.
Dirait-on pas que tu as quatre-vingts ans !
CORISANDE
Oh 1 moi, je risde lout pour ne pleurer de ricn.
HYBLEA.
11 t'est facile d'etre gaie, petite tante, tu es ricbe.
CORISANDE
Ce n'est pas le mariage qui m'a enrichie^ au contraire.
HYBLEA.
Enfin, ton oncle t'a laiss^ trente millelivres derenle, ct nous nous sommes pauvres. Mon grand-pere ne nous laissera rien, non plus qu'a toi.