SCÈNE IX
LE GOUV^ERNEUR, portant la sentence, E.NRICO
LE GOUVEUNEUR
J'entrerai seul. Les geôliers et les gardiens resteront dehors. (Au jjrisonyiîer.) Enrico.
ENRICO
Que me voulez-vous ?
LE GOUVERNEUR
C'est dans les moments critiques que le courage se laisse voir. L'heure est venue de montrer votre vaillance. Ecoutez-moi.
ENRICO
Parlez.
LE GOUVERNEUR, Cl JiCl^t
Aucun trait de son visage n'a bougé. {Haut.) Dans le procès engagé entre les parties : d'une part le procureur général, poursuivant au nom de Sa Majesté, et de l'autre, Enrico, accusé et convaincu d'assassinats, de pillage, de vols à main armée et de mille autres forfaits ; vu la nature perverse et incorrigible du coupable, vu les circonstances générales et particulières de la cause ;
Arrêtons et disons :
Nous deVons condamner et condamnons le dit Enrico à être tiré de la prison où il est enfermé et, la hart au cou, précédé de crieurs qui proclameront ses crimes, à être conduit à la place publique où sera dressée une potence haute de trois cannes au-dessus du sol pour qu'il y soit pendu naturellement, et que personne n'ait la hardiesse de l'en détacher sans notre permission et commandement. Et ainsi avons prononcé et ordonné, jugeant en dernier ressort et sans appel ni recours.
:¿r>Ci LE THKATRE EDIFIANT
EN K ICO
Et je t'ai écouté !
LE GOUVERNELK
Que dis-tu ?
ENRICO
Saches, ignorant, que tu es un adversaire trop faible pour mes bras invincibles ; sinon, je te ferais...
LE GOLVEKNEUR
Larrog^ance ne remédie à rien, Enrico. Ce qui t'importe, maintenant, c'est de faire la pai.x avec Dieu.
ENRICO
Il ne te suffit pas de me lire la sentence. Faut-il encore que tu viennes me prêcher? Vive Dieu, canailles infâmes, je veux en finir avec vous.
LE GOUVERNEUR
f^e diable te garde.
{Il sort.)