‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 124 sur 181 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GIL

Ah ! bourrique de mes entrailles ! Tu fus la bourrique la plus honnête de tout le village. Jamais personne ne te rencontra en mauvaise compagnie, jamais tu ne fus une coureuse de rue. Tu aurais mieux aimé rester devant ta crèche que flâner sur les chemins lorsqu'on te menait dehors. Etait-elle coquette et légère? Je n'hésiterais pas à jurer que jamais un baudet ne la vue à la fenêtre. Sa langue elle-même ne mérite aucun blâme, car je puis affirmer que jamais non plus elle na dit, dans une mauvaise intention : € Ce râtelier est le mien. » Quand sa ration excède son appétit, elle donne le superflu â quelque bourrique pauvre. {Bruit au dehors.) Mais, quel est ce bruit? Lâ-bas, deux hommes descendent de cheval et s'avancent de mon côté après avoir attaché leur monture. Pâles et venus aux champs dès l'aurore! La chose est claire : ce sont des mangeurs de terre ou des gens qui ont des obstructions intestinales. Ne seraient-ce pas des voleurs? Oui sait? Advienne qu'advienne, je

me cache ici. Ils vont, ils courent, ils approchent, ils arrivent.

(// se cache.)

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