‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 179 sur 181 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

ALBERTO, GIL, le corps d'EUSEBIO ALBERTO

Jarrive de Rome et, dans l'indécision de la nuit silencieuse, je me suis de nouveau perdu en traver-

LA ÜÉVOTKi.N A I.A CROIX ¿49

sant cette forêt. Cet endroit est bien celui où Euscbio m'accorda la vie. J'ai peur de ses soldats. Le danger que je cours est extrême.

EISEBIO

Alberto :

ALBERTO

D'où s'élève ce lé^a'r souflle. doù vient la voix craintive qui a Îrùlé mes oreilles, qui a pr<-»noncé mon nom.

EUSEBIO

Alberto !

ALBKKTu

C'est bien mon nom qu'elle a répété et il ma paru qu'elle sortait de ce fourré.

GIL

Dieu saint ! C'est Eusebio. Pour le coup, ma peur est la plus grande de toutes les peurs.

Alberto !

ALBERTO

La voix est moins éloignée que je ne l'aurais cru. O voix que le vent rapide emporte et qui a dit mon nom. qui es-tu ?

EUSEBIO

Je suis Eusebio. Viens, Alberto, viens de ce côté, j'y suis enseveli. Soulève ces branches. No crains rien.

ALBERTO

Pourquoi aurais-je peur?

GIL

.Moi. la frayeur métoulTe.

{A Ihcrlo découvre le corps d'Kuschio.)

ALBERTO

Te voici délivré des branches qui te couvraient. Au nom de Dieu, que me veux-tu?

35o LE THEATRE ÉDIFIANT

EUSEBIO

C'est bien en son nom que je l'ai appelé. Je te supplie de mentendre en confession avant que je n'expire. Il y a un moment que j'aurais dû mourir. Mais si le coup terrible asséné par la mort féroce a libéré l'âme et rendu le corps inhabile à la ressaisir, elle ne les a pas encore séparés. (// se lève.) Viens avec moi, Alberto, en un endroit où je puisse te confesser mes péchés plus nombreux que les grains de sable de la mer, que les atomes du soleil. Tel est le pouvoir que la dévotion à la croix a sur le ciel.

ALBEKTO

Je te cède toutes les pénitences que j'ai accomplies jusqu'à ce jour afin qu'elles servent au rachat de tes fa vîtes.

{Ensebio et Alberto sorteyit.)

Par Dieu, il s'en va ! Et sur ses pieds encore ! Pour le mieux regarder, le soleil découvre ses rayons. Je cours raconter ce prodige à tout le monde.

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