SCÈNE XIV LES MÊMES, DON GIL, DON DIEGO
Est-ce que je rêve?
DON DIEGO, qui est entré peu après GIL
Bien, Don Gil. C'est la pénitence la plus digne, car, sans l'expiation, la faute subsiste entière.
DON VASCO
C'est lui : Don Diego ! Mort au traître !
(Les soldats abaissent leurs arquebuses et visent Don Diéfîo; \)t\n Gil se jette aux pieds de Don Vasco.)
DON GIL
Contre qui ces armes ? puisque [celui qui t'offensa solHcito la mort à tes pieds.
DON VASCO
Vive le Ciel! n'es-tu pas Don Gil?...
DON GIL
Don Gil de Mayorga : je le suis. C'est moi qui entevrii In fille bien-aimée et non Don Diego deMénésès,quetu vois ic\, plus juste que je n'étais alors. Car il s'est retiré dans vHW montagne, et moi, je fus, en ce même lieu, voleur d'honneur, de fortunes et de vies. Or, sachant que tu cherches \v coin
pable au nom de la Justice, je viens me livrer au châtiment. Mais par Dieu, par sa Passion sainte, par sa très illustre Mère, par les larmes que je pleure et qui ne sont plus de Peau, mais du feu, je te supplie de ne pas me tuer toimême. Jette-moi au bourreau : c'est par un supplice public que je dois m'acquitter de mes offenses envers les hommes. Je t'en conjure, ne me soustrais pas à cette ignominie !
DON VASGO
Ému par tes pleurs, mon cœur est plein, et la colère n'y pourrait trouver place. Mais je n'ai le droit de te faire grâce que comme ta partie. En tant que représentant de la Justice, je suis forcé de t'emmener prisonnier à Coïmbre. Il faut que ta cause soit examinée, élucidée, et que Ton certifie des événements si extraordinaires. Quels étaient ceux qui partageaient ta vie dans cette montagne ?
DON GIL
Ce pauvre homme était mon compagnon.
GOLONDRO
Moi? moi ?... prends garde, l'homme, à ce que tu avances ! Tu ne vois donc pas que je suis passé bienheureux? Laissemoi en paix méditer mes miracles.
BRITO
Des miracles?
GOLONDRO Eh bien ? quoi ? crois-tu que je fasse des saucisses ?
DON DIEGO
Veux-tu, Seigneur, t' assurer de la vérité? Personne mieux que ta fille ne peut nous l'apprendre.
DON VASCO Inès est vivante ?
DON DIEGO
Je vous mènerai tous où elle est.
SAN GIL DE PORTUGAL Sil
DON VASGO
0 mon Dieu ! allons vite !
DON DIEGO Tu verras en elle un portrait vivant de la Magdeleine.
DON VASGO
Ah! courons. Mon cœur déborde d'allégresse ! (Ils montent le sentier à gauche.)
DON GIL
Oh ! puissé-je par ma mort expier ma vie !
LE PAYSAN, montrant Golondro.
Qu'il vienne aussi, lui !
BRITO, Tempoignant.
Sois tranquille, camarade !
GOLONDRO
Frère Brito, ne nous pressons pas.
BRITO
Arrive tôt, au contraire.
GOLONDRO
Tout doux, frère ! Tout doux !... ou je fais un miracle ! Je vous convertis... en andouilles !
(Le paysan s'enfuit. Ils sortent tous.)