‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 113 sur 140 · L.\ MISE EN SCÈNE ET L*ART DRAMATIQUE Na · texte numérisé non relu

L.\ MISE EN SCÈNE ET L*ART DRAMATIQUE Na

Ne faut-il pas beaucoup de fermeté et de désintéressement au poète pour se retenir sur une pente où tout l'attire ? pour resserrer son action dans le plus petit nombre de lieux et dans le plus court espace de'temps qu'il est possible ? pour éviter les changements trop brusques ? pour préparer et faire souhaiter par les spectateurs tous ceux qu'il se permet ? Or, tout cela est nécessaire, si l'on ne veut pas que le plan des pièces soit décousu, le sujet malaisément saisissable dans son ensemble, les détails euxmêmes dépourvus de clarté.

S'il fallait en croire d'Aubignac, ce serait justement à ce résultat qu'aurait abouti le drame libre ! <c 11 ne fallait T ' point demander combien de temps durait une action que > l'on représentait, en quel lieu se passaient toutes les choses \ que Ton voyait, ni combien la comédie avait d'actes. Car ; ^ on répondait hardiment qu'elle avait duré trois heures, ! -, i que tout s'était fait sur le théâtre, et que les violons en ! \ j \ avaient marqué les intervalles (J^s actes. Enfin, c'était ; j ! assez pour plaire qu'un grand nombre de vers récités sur • ' un théâtre portât le nom de comédie*. » Ces paroles sont instructives, mais le jugement est trop sommaire et d'une impertinente sévérité.

chap. IV, p. 139. note); voyons ce qui se passait au xvii^ diaprés un historien du Théâtre des Jésuites : « Bien que les Pjres, qui avaient mission d'alimenter les théâtres des collèges, connussent mieux que personne les modèles anciens, cependant ils n ont pas laissé tout d'abord de s'en éloigner sensiblement. Ils ont pris ^vec les règles les plus grandes libertés, et certains de leurs ouvrages, sous le rapport de la conte\ture, ont une i!lure qui les rapproche beaucoup plus de Shakespeare que de Sophocle ou de Sénèque. Ces poètes, au commencement du xviie siècle, ne craignaient pas de changer plusieurs fois dans un même acte le lieu de la scène. Ils faisaient voyager leurs personnages de Tlude en Europe, en passant par l'Afrique. » Boysse. p. a5. — Sur la richesse de la figuration et du spectacle dans les comédies de collège, voy. le homan comique, i^^ partie, ch. x ; t. I, p. 81. ' ^

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