‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 41 sur 140 · I. Y<jy · texte numérisé non relu

I. Y<jy

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Ainsi Hardy était dès le commencement du xvii* siècle le fournisseur ordinaire de la troupe de Valleran ; il Tétait encore à la fin de sa vie ; et nous avons vu qu'il Tétait à certaines dates intermédiaires. Avons-nous le droit de conclure que. pendant tout ce temps, il ne Ta pas quittée ? Non, sans doute, mais il est naturel de le supposer, et les séparations, s*il y en a eu, n*ont jamais été bien longues. Comment les comédiens se seraient-ils privés volontiers d'un collaborateur que personne ne pouvait remplacer?

A partir de i6!i3, il est vrai, les troupes qui n'avaient pas à leur disposition cette veine intarissable, ont peu à peu acquis le droit de représenter certaines œuvres, à mesure qu'elles paraissaient en librairie : le Pyrame de Théophile, les Bergeries de Racan, les tragédies, les tragi-comédies et les pastorales de Hardy lui même et de quelques autres. Mais c'était peu encore ; et auparavant, que pouvaientelles ? Garder les œuvres démodées de l'ancien répertoire, ou accommoder tant bien que mal à la scène des productions de l'école classique, ou se procurer indûment quelques pièces de Hardy, ou enfin se faire fabriquer par des dramaturges plus ou moins habiles des drames que la postérité ne devait pas connaître. Dans une large mesure, on peut le croire, l'infériorité de leur répertoire contribua à rendre leurs séjours à Paris éphémères et à les faire battre par leur rivale, la troupe de Valleran.

Pour Hardy, admettons qu'il a toujours suivi Valleran, si nous voulons nous faire une assez juste idée de sa carrière. Figurons-nous-le, quittant la province en 1699 S arrivant à Paris plein d'espérances, et s'efiorçant d'y établir, comme disent Valleran et Gaultier Garguille. les genres nouveaux qui avaient eu tant de peine à y péné-

I . Il se peut d'ailleurs qu'il ait fait à Paris quelques apparitions — mais très courtes — avant cette date, en mai 1 596, par exemple, ou bien en avril 1597. Voy. chap. 11, p. 44-45.

trer *. Cette tentative prématurée ne réussît pas. Au bout de quelques mois, Hardy retourne en province. Mais pour des comédiens ayant habité THôtel de Bourgogne et joué devant. le Roi, la province, c'était l'exil ; aussi se hâtentils de la quitter. Dès l'année suivante ils sont à Paris, et ils y séjournent environ trois ans. Vers i6o4. les courses à travers la France recommencent, cependant la troupe est bien décidée à y renoncer. A la fin de 1606, elle est de nouveau à Paris, et donne quelques représentations rue Saint-Antoine sur une scène improvisée, comme en province, à l'enseigne du Sabot d'or. Mais, sur un petit comme sur un grand théâtre, on est toujours tributaire des Confrères ; ne vaudrait-il pas mieux jouer sur le seul vrai théâtre de Paris, où l'on pourrait attirer le public, plaire à Sa Majesté, et reprendre ce beau titre de « comédiens français ordinaires du Roi », déjà pris momentanément il y a sept ans P La troupe se transporte donc rue Mauconseil, où elle restera de longues années. C'est là que Hardy prend le titre de poète de Sa Majesté, là que sa réputation se fait ou s'étend. Ses pérégrinations semblaient même terminées et sa vie devenue définitivement calme, lorsque survient la brouille entre les comédiens du Roi et les Confrères. Les comédiens quittent l'Hôtel de Bourgogne remontent sur a le char de ïhespis »,%t le promènent pendant six ans à travers Paris. La province même semble les avoir revus, car, en i6a3 et en 1634» aucun document ne nous signale leur présence dans la capitale. Ils y sont en i6a5 et en 1627, luttant contre les Confrères et attirant sur eux-mêmes les sévérités du Châtelet ; mais, entre ces deux années orageuses, 1626 est calme ; Hardy publie à Rouen, chez du Petit- Val, le tome quatrième de son Théâtre, et, dans l'épître qui le commence, il parle ainsi à Monseigneur le Prince : « Ma pauvre muse, vaga-

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