Tallemant, t. VII, p
4. Il l'était sans doute. déjà en i6a6. A cette date, en effet, le
Celle-ci, Marie Venier, demoiselle Laporte, est une des premières femmes qui aient monté sur la scène. Marolles l'appelle « cette fameuse comédienne », et dit qu'en 1616, « elle se faisait admirer de tout le monde avec Valleran '^». Dans quel genre ? il ne le dit pas, mais les noms de Perrine et de Gaultier, qu'il ajoute aussitôt, font supposer qu'il s'agit encore de la farce.
^ous avons attendu jusqu'ici pour parler de Robert Guérin, quoiqu'il fût à l'Hôtel de Bourgogne dès 1600: c'est que nous n'avions pas le courage de le séparer d'Hugues Guéru, signalé seulement en i6i5, et de Henri Legrand, dont nous ne trouvons pas le vrai nom avant l'année 1622 '. Ces trois acteurs ont si longtemps joué
Débauché de Courval-Sonnet, chargé par les comédiens de leur servir de portier, dit (t. II, p. 102) :
Ainsi fit de son temps le renommé La Porte.
Voy. ci-dessous la note iv de l'Appendice.
2. Fournel écrit dans son Hist. de l'Hôtel de B> (^Contemporains de Molière, t. I, p. x.xxvin) : « On trouve, en i6o4» La Fontaine.., associé avec Gaultier Garguille "et Marie Vernier. » Où trouve-t-on cela ? Dans Lemazurier, t. I, p. 4o ; une telle autorité ne saurait suGBre.
3. Fournel dit que Turlupin et Gros-Guillaume figurent ensemble dans les gravures de plusieurs farces antérieures à 16 18, où Gaultier ne figure pas lui-même. (^Contemporains de Molière, t. I, p. XXXVIII.) Cela se peut; mais Tallemant dit positivement: « Belleville, dit Turlupin, vint un peu après Gaultier Garguille. » (T. YII, p. 171.) — Un plaquette facétieuse de 1618, qui porte pour titre: le Tocsin des filles d'amour (voy. Éd. Fournier. Variétés, t. II, p. 265-273), est signée Turlupin et Pierre Dupuis. Pierre Dupuis était un fou, peut-être aussi un acteur de l'Hôtel de Bourgogne (voy. la note iv de l'Appendice) ; Turlupin est sans doute le bouffon du même Hôtel, qui revenait de voyager avec une troupe comique : « Sachant bien qu'il était permis de mentir à ceux-là qui viennent de loin, j'ai tracé ces plaisantes nouvelles », p. 265. — « Il est arrivé un grand miracle dans Monceaux, lorsque j'étais à la suite de la cour », p. 266. — Plus loin, une querelle s'émeut dans une hôtellerie de Soissons, « querelle qui eût été de durée, si je ne fusse arrivé avec mes compagnons, qui faisions en nombre douze ou treize écuyers, sans le régiment
LES ACTEURS l']S
côte à côte, ils formaient un groupe comique si étroitement uni dans Timagination de leurs contemporains, ils sont morts à des dates si rapprochées*, qu'il était naturel de ne point les séparer. Robert Guérin jouait dans les pièces sérieuses, et portait alors le nom de La Fleur. Mais de La Fleur aucun souvenir n*est resté, tandis que mille témoignages nous parlent encore du Gros Guillaume : c'est Gros-Guillaume qui amusait Henri IV^ ; que le public venait voir à THôtel ; dont le dessin représenta souvent et la bouffonne personne et le costume ^. Démesurément gros et, comme dit Jal, a coupé en deux hémisphères par
de nos goujats », « et de ceci, experto crede Roherto ». Y auraitil là une allusion plaisante à Robert Guérin ? Et le voyage auraitil été fait par la troupe même de l'Hôtel de Bourgogne ? — De Soissons on se rend à Reims, et de Reims on rentre à Paris. — Disons enfin qu'il est question de Turlupin dans les Plaisantes idées du sieur Mistanguet, i6i5 : « Bruscambille. Turlupin, Garguille et Mars », p. 89. — « Turlupin se peut vanter d'être à nous (Mistanguet et Bruscambille); Jean Farine, Goguelu. Guéridon, le Philour son premier frère, et Robinette, avec les enfants de Margoton, etc. ; et quant à Pierre Du Puys et Mathurine, ils sont nos alliés, mais d'une autre branche. . . ; Garguille, notre allié », p. 58. Rien ne prouve péremptoirement que ce Turlupin soit un acteur de l'Hôtel de Bourgogne, le nom de Turlupin étant depuis fort longtemps employé :
Gomme il ressent son gueux de race... I Oo le prendrait pour Turlupin, A voir sa façon et sa mine.
(Godard, les Déguisés^ iSgi, acte III, se. 7.) Cf. une longue note dans le Molière des Grands Ecrivains, t. III, p. 3i3.
I. Pas autant cependant que le voudrait la légende. Hugues Guéru est mort en décembre i633 et Robert Guérin l'année suivante (Éd. Fournier. la Farce et la Chanson, p. cvj), Henri Legrand en 1637. (Voy. Jal, art. Legrand.)