T. VU. p
4- On sait comment les a parodiés Molière dans V Impromptu de Versailles, se. i. Le Testament de feu Gaultier Garguille, i634 {Chansons, p. 157) fait un legs à « notre Beau Chasteau, qui ne trouve point de chasteté capable de lui résister, qui n'est vu que pour être aimé, qui, jaloux de son métier, est exact jusqu au dernier point ». Si les Beauchâteau étaient à 1 Hôtel en lôSa et en i663, il est certain cependant qu'ils ont été — ou, du moins, que la Beauchâteau a été — plus ou moins longtemps au Marais dans l'intervalle ; a D. Urraque n'y est que pour faire jouer la Beauchâteau », dit Scudéry dans les Observations sur le Cid (Corneille, t. Xll, p. 45o). — sur François Chastelet sieur de Beauchâteau on peut consulter l'article Beauchâteau de Jal.
5. Voy. Tallemant, t. VII, p. 171 ; et Segrais, loc. cit, — Le mariage de Bellerose et de « Nicole Gassot, comédienne, veuve de feu Mathias Meslier, aussi comédien, depuis peu arrivé de Calais )7, eut lieu le 9 février i63o. Voy. Jal, p. 190. — La Valliote, comme dit Tallemant. c'est Mlle Valliot ou Vaillot.
l80 LE THÉÂTRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE
gement achève de s'opérer. Les farceurs mômes de THôtel de Bourgogne vont maintenant se recommander au public de « la mignardise et gentillesse d'un Bellerose, de M*^' Beaupré, de M"® Valliot et des autres * ». Le nombre des actrices augmente, ainsi que leur influence sur le public*. Il est bien temps que les farceurs meurent, puis— qu^ls ne peuvent plus être la joie et l'ornement essentiel de leur théâtre.
Non que la farce disparaisse et que l'Hôtel de Bourgogne renonce à un genre auquel le public ne renonçait point. Plus ou moins récemment, il s'était adjoint « le seigneur Boniface, le docteur de la troupe » et « le vaillant capitaine Fracasse, de qui — dit le Testament de Gaultier Garguille *
1. Apologie de Guillot Gorju addressée à tous les Beaux: Esprits, i634, p. i3 (loyeusetez). — « Je prie Bellerose de conserver toujours ses douceurs amoureuses, ses délicatesses de théâtre qui ne sont presque connues que de lui. la facilité de s'expliquer dans les amours, et la grâce qu'il a en louant ce qui lui plaît. » Le Testament de feu Gaultier Garguille, i634. (Chansons^ p. i54-i55.) Bellerose gardait ce caractère même à la farce. Voy. plus haut, p. 178, n. i. — Quant à M"®* Beaupré et Valliot, elles figurent dans la Comédie des comédiens de Gougenot (i632), mais elles devaient être à l'Hôtel depuis quelque temps déjà ; ce n'est qu'après avoir parlé d'elles que Tallemant ajoute : (c Mondory commença à paraître en ce temps-là. »
2. La Comédie des comédiens, acte 11. se. 11 : « Turlupin : Quelque peine que puisse prendre le meilleur acteur du monde, on donne toujours 1 avantage aux femmes. — Guillaume : Il est vrai. J'étais l'autre jour à l'Hôtel de Bourgogne, où j'entendaismille^ voix, dont les unes disaient : Ha ! que voilà une femme qui joue bien ! et les autres : celle là fait encore mieux. » — « Nosactrices, qui, à l'envi les unes des autres, font des merveilles, continueront toujours leurs louables jalousies. » Le Testament de feu Gaultier Garguille, i634, p- i58. — On lit encore dan» le Songe arrivé à un homme d'importance, i634 (^Gaultier Garguille, p. 198) : « La belle Valliot. dont les yeux disputent fort et ferme avec Jupiter de la puissance du foudre, nous a servi pour faire venir plus de monde à l'Hôtel de Bourgogne que ne fera jamais Guillot Gorju ni un bouchon bien vert du meilleur cabaret de Paris. »