Hist. du Th. fr. t t. III, p. a
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lieux et places licites et commodes qu'ils pourront trouver pour cet effet, si bon leur semble * ».
Les comédiens ne se tiennent pas pour définitivement battus ; ils prétendent que le roi n'a adjuge l'Hôtel de Bourgogne aux maîtres que « pour trois ans seulement, par provision..., attendant l'arrêt du principal », et, avant l'expiration de cette période, deux ans environ plus tard, ils s'empressent de revenir à la charge dans des Remontrances au Roi et à Nos Seigneurs de son conseil, pour l 'abrogation de la confrérie de la Passion en faveur de la troupe royale des comédiens 2 .
Ce sont bien les mêmes acteurs qui parlent :
« Vos comédiens, Sire, qui par leurs bonnes qualités ont acquis des amis assez puissants pour leur faciliter l'entrée de votre cabinet, et assez zélés en leur intérêt pour les favoriser de leur présence, ils s'adressent de plein vol à Votre Majesté, sans aucune autre recommandation ni assistance que leur bon droit, dans lequel ils ont établi l'espérance de leur victoire.
« Leurs prétentions, Sire, à présent, ne sont autres que celles mêmes qui ont donné lieu au différend qui s'émut, il y a quelque temps, à votre conseil, entre les comédiens et les soi-disant maîtres de la confrérie de la Passion, lors duquel Votre Majesté trouva bon- d'adjuger à ceux-là l'Hôtel dit de Bourgogne, pour trois ans seulement, par provision et aux charges portées par l'arrêt, attendant la décision du principal, laquelle vos comédiens poursuivent aujourd'hui. »
Ces remontrances sont datées par les frères Parfait de la fin de l'année i6i4 ou du commencement de i6i5, et sans doute fort justement.
Quels en étaient les signataires ? Il est fâcheux qu'on
i. Recueil des principaux filtres, p. 5i-3. Cf. End. Soaiîé, p. i56.
a. Hist. du Th. fr. f t. III, p. a58 a a65.
n'ait pas jugé à propos de nous le dire ; mais je nommerais parmi les principaux : Valleran, Laporte et sa femme, Robert Guérin, François Vautray et Hugues Guéru dit FI échelles, l'inimitable Gaultier Garguille. Robert Guérin est nommé dans une sentence du Châtelet, qui condamne les comédiens à payer aux maîtres 36 livres ; la sentence est du i3 mars i6i3 et la mauvaise volonté des comédiens à cette date s'explique peut-être par leur récente réclamation contre les confrères. — Hugues Guéru est nommé dans une sentence du 16 janvier i6i5, amenée par des difficultés du même genre et qui peuvent s'expliquer par des raisons analogues. — Quant au nom de François Vautray, qui figure dans les deux pièces, il forme comme un trait d'union entre les autres noms que nous avons cités, et confirme notre hypothèse.
De i6i5 à iôaa, aucun document juridique ne fait mention de la troupe royale ni de ses membres. Elle est donc toujours à l'Hôtel de Bourgogne ; si elle s'était transportée ailleurs, les confrères auraient vite protesté f .
Et c'est précisément ce qu'ils font en 1622. Le 1 6 février, et par une sentence contradictoire, « Etienne Rufin dit Lafontaine, Hugues Guéru dit Fléchelles, Robert Guérin dit La Fleur, Henri Legrand dit Bel le ville, et f autres, leurs compagnons comédiens, représentant en \ l'Hôtel d'Argent (l'Hôtel de Bourgogne étant lors occupé V \ par d'autres comédiens), sont condamnés payer auxdits \ doyen, maîtres et gouverneurs, trois livres tournois par «chacun jour de représentation, et aux dépens 2 . »
i. Elle y était certainement en 1619, puisque Dulaure (t. VI, p. 68) cite de cette date un Advis de Gros-Guillaume sur les affaires de ce temps..., où on lit: « Si on s'amusait à aller ivrogner aux portes, adieu l'Hôtel de Bourgogne. »
9. Recueil des principaux tiltres, p. 68. Cf. Eud. Soulié, p. 157-8.
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Pourquoi la troupe royale a-t-elle ainsi quitté l'Hôtel de Bourgogne ? On ne peut que le conjec tur er, et nous le ferons tout à l'heure. Mais la date de son départ nous parait bien indiquée ; celle que nous avons posée pour !>. * son arrivée est au moins probable ; elle était donc restée * chez les confrères environ quinze ans, de 1607 à i6ai.
Qu'on nous permette maintenant de revenir en arrière ; nous allons trouver la première mention de ce « théâtre du Marais », dont nous nous étions informés inutilement plus haut.
On a vu que Laporte, après un court séjour à l'Hôtel de Bourgogne, l'avait quitté avant le commencement de 1608. Revint-il en province ? Gela est probable ; mais Paris l'attirait, et il abandonna la province encore une fois. Le 13 novembre 1609, une ordonnance de police parle de deux théâtres *, et, le i3 mars 1610. le Chàtelet rend une sentence entne les confrères, d'une part, « Mathieu le Febvre, dit Laporte, et damoiselle Marie Yenier, sa femme, et leurs compagnons comédiens, d'autre, par laquelle appert iceux comédiens, qui jouaient lors en la maison appelée l'Hôtel d'Argent, avoir été condamnés payer solidairement aux demandeurs soixante sols par chacun jour qu'ils avaient représenté et représenteraient audit Hôtel d'Argent, et icelle sentence être déclarée commune avec tous les autres comédiens qui pourraient jouer ci-après en cette ville de Paris. »
Y a-t-il rien dans ce texte qui suppose l'existence avant