I. Voy. le chap. iv, le Répertoire de l'Hôtel de Bourgogne
bonde et flottante sur un océan de misères, n'a dans le ciel de la France vu d'astre favorable, qui la pût préserver de naufrage, que le vôtre, Monseigneur. » La pauvre muse vagabonde rentre enfin à l'Hôtel de Bourgogne dans les derniers mois de 1628, et y produit ses dernières œuvres jusqu'à sa mort, survenue en i63i ou i63a.
Les deux tiers de sa vie avaient été employés à travailler pour le théâtre ; et quel travail que celui de Hardy, produisant sans relâche au milieu de difficultés de toutes sortes !
Dans quelles conditions mettait-il ses pièces au jour ? quels étaient ses engagements avec les comédiens ? Fonlenelle ne nous apprend pas grand'chose à ce sujet ' ; mais, dès i684t le Mercure galant avait donné des renseignements plus précis : on y lisait que Hardy était « associé pour une part avec les comédiens, à qui il devait fournir six tragédies tous les ans 2 ». La plupart des auteurs qui suivent se passent de l'un à l'autre les assertions du Mercure. « La pauvreté ne lui permettait pas de mettre la dernière main à ses ouvrlges, écrit Beauchamps en 1735 3 ; réduit pour subsister de fournir par an six tragédies aux comédiens qui l'avaient mis de part, avec quelle précipitation était-il obligé de les composer !» — « Il en fournissait jusqu'à six par an », disent en 1775 les auteurs des Anecdotes dramatiques*. Et de Mouhy, vers la même