‹ Le théatre français avant la période classique: (fin du XVIe et commencementChapitre 44 sur 130 · Pages 85 à 89. Cf. Despois, 1. III, ch. n, p. 189 sqq · texte numérisé non relu

Pages 85 à 89. Cf. Despois, 1. III, ch. n, p. 189 sqq

a l'hqtel de bourgogne, les poètes a gages 95

donner à chacun de ses acteurs, et il recevait l'argent lui-même à la porte * . » Comment aurait-il été moins embarrassé pour payer son poète que pour payer ses acteurs ? Certes, si les pièces de Hardy étaient payées comptant, leur prix n'a jamais approché des « 2 00 pistoles et au delà » que devaient rapporter celles de ses successeurs ; s'il était de part dans les représentations, sa part était loin d'être aussi importante que celle des Boyer ou des Pradon ?.

D'après les frères Parfait 3 , ce n'est qu'en i653 que fut institué l'usage d'accorder à l'auteur d'une pièce une partie de la recette de chaque représentation, « pendant le temps que cette pièce serait représentée dans sa nouveauté ». Auparavant, « les comédiens, depuis leurs, établissements à Paris, étaient dans l'usage d'acheter des auteurs les pièces de théâtre qu'on leur présentait, au cas que l'ouvrage leur convînt. Au moyen de quoi, le profit de la recette était en entier pour eux. » Hardy aurait donc été payé ainsi, et l'indication des historiens du Théâtre français est d'accord avec un passage- souvent cité du Segraisiana : « La Beaupré, excellente comédienne de ce temps-là, qui a joué aussi dan^ les commencements de la grande réputation de M. Corneille, disait : Monsieur « Corneille nous a fait un grand tort ; nous avions ci-devant « des pièces de théâtre pour trois écus, que Von nous faisait « en une nuit ; on y était accoutumé et nous gagnions « beaucoup ; présentement les pièces de Monsieur de « Corneille nous coûtent bien de l'argent, et nous gagnons « peu de chose 4 . »

Le chiffre de trois écus est évidemment trop faible 5 , et, à

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