Nouv. imaginations, p
a. Éd. Fournier, la Farce et la Chanson, p. xcvj.
3. Les fr. Parfait, t. IV, p. S27, disent que Gaultier Garguille « est l'auteur de plusieurs prologues et d'un recueil de chansons »; mais, s'ils donnent le titre du recueil de chansons, ils n'indiquent pas où se trouvent les prologues. Celui même qu'ils citent, sur le mensonge (p. 327-829), n'est que la réunion, fort négligemment faite, de divers passages de Bruscambille. Il en est de même pour les fragments que cite Dulaure. t. VI, p. 65. Nous ne connaissons qu'un prologue dont Bruscambille ne soit pas 1 auteur et dont il soit fait une mention authentique : celui que Laporte a prononcé à Bourges en 1607. Voy. ci-dessus, p. 22. n. 1.
4. Révélations de l'ombre de Gaultier Garguille, i634- (Chansons, p. 176.)
5. Pour faire place aux harangues de Y orateur. Le premier orateur de la troupe royale fut sans doute Bellerose qui, avant l'arrivée de Floridor, s'acquitta de ces fonctions avec un grand succès. (Chappuzeau, 1. III, ch. lvi. p. 376 ; Lemazurier, t. I, p. i^9 ) On voit quelle révolution s'était accomplie, puisque Bruscambille était remplacé par Bellerose, et le prologue facétieux
3l8 LE THÉÂTRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE
Nous n'avons pas à. étudier longuement le style et le caractère de ces prologues ; peut-être nos citations les ontelles déjà trop fait connaître. Il y a là un mélange singulier d'esprit alerte et d'absurde galimatias, d'érudition indiscrète et d'obscénité grossière, qui fait invinciblement songer à Rabelais, là où Rabelais n'est pas excellent. Certains des sujets sont sérieux, sinon sérieusement traités : de ramitié, de la folie, de la misère ou de V excellence de V homme, de la colère , de V honneur ; d'autres sont simplement plaisants : nihil scientiapejus, en faveur du mensonge, des puces, à la louange des poltrons, harangue funèbre du bonnet de Jean Farine; mais que de titres aussi se refusent à la citation et en disent long par cela même sur le public devant qui on les développait * ! Tels quels, ces prologues,
débité au commencement du spectacle par la harangue sérieuse prononcée à la fin. — Nous n'avons pu, malgré de très longues recherches, trouver un opuscule qui figurait au catalogue de la vente Tavlor en i8q3 sous le n° 2967 : te Duel du sieur Mistanguet contre Bruscambille pour un vieux chapeau, auquel ledit Mistanguet soustient que son père le premier comédien a faict le premier prologue sur Vhostel de Bourgongne..... 1619, in- 12, 48 p. Mais la contestation même dont il est fait ici une plaisante mention prouve à quel point le prologue était considéré comme étant le monopole de Bruscambille. Sur un ouvrage dont la lecture parait infirmer nos conclusions, et qui porte pour titre : Recueil des pièces du temps , voy . la note vu de l'Appendice. 1. Cette diversité était rendue nécessaire par la diversité même du public, et Bruscambille ne laissait pas d'être quelquefois embarrassé pour savoir quels sujets et quel ton il devait adopter : « Je sais », dit-il en tète de ses Facecieuses Paradoxes, « je sais que les jugements en seront divers, les uns aimant le mol, les autres le dur; ceux-ci désireux d'une plus ample polissure. ceux là blâmant l'auteur de n'avoir embrassé une matière plus sérieuse et de meilleur exemple... Mais tel peut agréer à plusieurs, qui ne saurait plaire à tous. Ceux qui le verront de bon œil ne seront pas les moins avisés, ce me semble. » — Nous n'osons citer le recueil suspect des Pensées facecieuses : il contient, p. 186-188, un curieux prologue en forme de galimatias au sujet d'un reproche qu'on avait fait que Bruscambille devenait trou sérieux dans ses discours prologinues.
(ON DBS SPECTACLES 3ï3
ivaît nier la corruption du théâtre ivatt garde d'accepter la peu séuscambille, la farce continuait à ns continuaient à recommander tes pièces gaillardes, capables de s et pleurer en riant, et de leur aehe comme Vorifice d'un four
assez pour les spectateurs, et la jr paraissait pas comble. Il fallait aclc par une chanson; Gaultier c avec un succès immense, et ni n'auraient permis qu'il y m anchansons de Gaultier Garguille?
r en parcourant le recueil que ce eme, et qu'Éd. Fournier a réim-
prement, après une ample collation, infiture t » Ce qui suit est légèrement changement fort important : a Que ricieui dans son action, il se soumet il respectera toujours les jeux aussi ologie de Guillot Gorju, p. a3-a4
disait au sujet des pièces des Gelosi, paillardise et adultères et ne servaient jeunesse de tout sexe de la ville de •"""■ »*«'.. P- 74-
307. Les frères Parfait ont reproduit tive » de l'Hôtel de Bourgogne, t. IV, ie Turtupm en l'autre monde..., trois autres : la Malle de Gaultier; et Tire la corde, j'ai la carpe.
. (Chansons, p. i53), Gaultier Garen faveur de Guillot Gorju, a à la les jours de comédie d'une chanson pages et aux laquais, sauf le droit que srga avait édité Isa chantons.
De quoi se composait-elle ? Bruscambille ne parle jamais que d'une seule pièce ; mais c'est qu'il n'a à recommander aux spectateurs que celle qui va suivre son discours. Un passage que nous aurons à citer ' suppose qu'une farce faisait partie de toute représentation, et le berger extravagant de Sorel assiste à la représentation d'une pastorale et d'une farce. Il est donc probable qu'on donnait toujours deux pièces, comme dans les anciens spectacles des pois, piles : la grande, c'est-à-dire une tragédie ou une comédie 2 , et la petite, c'est-à-dire une farce. Mais il n'y avait pas d'ordre immuable, et ce n'était pas toujours une pièce sérieuse qui suivait le prologue de Bruscambille 3 .
Nous ne dirons rien de la grande pièce, puisque nous cherchons à comprendre ce qu'elle pouvait être dans le milieu où elle se produisait ; mais il nous faut dire un mot de la farce. Dédaigné par les érudits, mais nullement oublié du public au xvi e siècle, ce genre semble avoir été, au commencement du xvn e , l'objet d'un engouement tout particulier. Ce n'est pas qu'on écrivît beaucoup de farces nouvelles, mais on en reprenait beaucoup d'anciennes, dont on rajeunissait le style, dont on renouvelait
i. Voy. ci dessous, p. 232.
2. C'est la division qu'indique le passage suivant : « Vous transportant depuis yotre logis jusques & notre théâtre, vous le trouverez disposé, tantôt à la représentation d'une tragédie, portrait véritable et animé de 1 inconstance journalière des grandeurs à la louange des sages, et, par conséquent, au vitupère des fols. Maintenant une comédie vous produira aux yeux... » Nouv. imaginations, p. 65 {du loisir'). La tragédie comprenait la tragicomédie ; la comédie semble avoir compris la pastorale et la grande farce en cinq actes.
3. Ed. Fournier dit le contraire (la Farce et la Chanson, p. xcvj). Mais Bruscambille annonce une tragédie dans les Fantaisies, p. 65, ainsi que daos \e& Nouv. imaginations, p. 2o3; une
{>astorale dans les Nouv. imaginations, p. 199 ; une farce dans es Fantaisies, p. i48, 175, 207 ; une petite farce gaillarde dans les Nouv. imaginations, p. 44-
l'organisation ups SPECTACLES 22 1
les allusions, dont on ravivait ainsi l'intérêt *. Des canevas pouvaient d'ailleurs suffire à la troupe, à laquelle les Italiens avaient sans doute appris l'improvisation ; et que ne pouvait-on pas faire entrer dans ces canevas ! le scandale du jour, le dernier bon tour d'Angoulevent 2 , la mésaventure d'un spectateur que ses amis voulaient ihystifier 3 , des plaisanteries à propos de la tragédie nouvelle 4 , que sais-je encore ! La satire politique même se faisait sa place dans les farces, mais c'en était un élément bien dangereux. Était-on sûr que le roi commanderait toujours à ses commissaires et à ses sergents d'avoir de l'esprit, et de désarmer après avoir ri B ?
Mais ce qui se trouvait le plus constamment et le plus abondamment dans les farces, c'étaient les mots orduriers, les plaisanteries grossières, les situations scabreuses. D'aucuns s'en plaignaient 6 , la plupart s'en réjouissaient; que faire? « Nos détracteurs, s'écrie Bruscambille, disent
i. On peut voir dans Éd. Fournier, la Farce et la Chanson, p. lis et lx, les titres de quelques farces anciennes, réimprimées et rajeunies en ce temps. Celles-là et bien d'autres ont pu paraître sur la scène.
a. ' Los bons tours d'Angoulevent
Valleran emprunta souvent Pour faire la sauce i ses farces.
Le Banquet des Muses ou les diverses satires du sieur Auvray, à Rouen, chez David Ferrand, i636, in-8, p. 325 (le Tombeau d'Angoulevent).
3 • La Fleur ferait une plaisante farce De ton courroux ,
lit-on dans les Épigrammes de M. de Mailliet, Paris, 1620, in-8 (p. 71, épigr. 238). L'usage des personnalités au théâtre se conserva longtemps encore. Voy. Despois, p. i05-i66. — Sur tous ces points, cf. Éd. Fournier, la Farce et la Chanson, p. xj-xv.