Sçarron, Rom. com. f i re partie, ch. 1 ; t. I, p
a 3a LE THÉÂTRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE
chapeaux à plumes 1 . Quelques détails de costume distinguaient seulement les rôles les plus particuliers. À côté des grands, dont le chapeau était orné de plumes, les rois de tous pays portaient une couronne, ou une façon de bourrelet qui en tenait lieu ; avec cela une belle robe, une chaîne et une médaille en façon d'or. Les bourreaux avaient une barbe ; les ermites une robe, un mantelet et un bourdon. On reconnaissait les bergers à leurs houlettes, les gueux à leurs manteaux et à leurs chapeaux, les cochers à leurs manteaux et à leurs fouets. Les différents dieux avaient aussi leurs signes distinctifs : aux ac- Icessoires figuraient un sceptre pour Pluton, des ailes pour Ëole, un chapeau, un caducée et des talonnières pour . Mercure, des peaux couvertes de poil pour Pan 2 .
Parfois, cependant, il semble qu'on se préoccupât da- * vantage de donner aux personnages un extérieur conforme à la vérité historique. Dans la Sophonisbe de Mairet, Masinissa reconnaît un Romain à son « costume », c'est-àdire à quelque détail particulier de son. costume 3 ; et les soldats turcs portent des turbans 4 . Mais' ceci n'était que l'excepÛon, et c'est comme par hasard que le costume et le personnage se trouvaient en harmonie. D'ordinaire, auteurs et spectateurs étaient sur ce point d'une grande indifférence : « Si Von veut, il faut des turbans pour des Turcs », dit quelque part le mémoire de Mahelot 5 . Rete-
i. Voy., dans le frontispice du Théâtre de Hardy, t. IV, les cartouches consacrés à Alexandre et à Frégonde.
a. Voy. le frontispice déjà cité ; Mahelot, passim ; Scarron, Roman comique, i re partie, ch. n ; t. I. p. i5 ; le Testament de Gaultier Garguille, p. i58 ; Courval- Sonnet, Exercices de ce temps, sat. ix, t. II, p. io4- Voyez notamment ce dernier passage, où le Débauché examine « le meuble » # des acteurs de l'Hôtel de Bourgogne et en dresse un inventaire.