‹ Le théâtre français sous Louis XIVChapitre 28 sur 132 · Depping, Correspondance administrative, t. II, p · texte numérisé non relu

Depping, Correspondance administrative, t. II, p

îe père l'a connu, et même il a entendu plusieurs fois sa messe1 ».

Quanta la cause de la suppression définitive de la comédie italienne en 1697, elle est trop connue, surtout depuis la publication des Mémoires de Saint- Simon, pour qu'il soit nécessaire d'y insisler. Ils s'étaient « avisés de jouer une pièce qui s'appelait la Fausse Prude, où M,,ie de Maintenon fut aisément reconnue. Tout le monde y courut; mais après trois ou quatre représentations qu'ils donnèrent de suite parce que le gain les y engagea, ils eurent ordre de fermer leur théâtre et de vider le royaume en un mois. Cela fit grand bruit, et, si ces comédiens y perdirent leur établissement par leur hardiesse et leur folie, celle qui les fit chasser n'y gagna pas par la licence avec laquelle ce ridicule événement donna lieu d'en parler ».

On prit même des précautions extraordinaires pour s'assurer de leurs manuscrits. Le lieutenant de police d'Argenson, accompagné d'une troupe nombreuse de commissaires et d'exempts, se transporta à l'hôtel de Bourgogne, et fit apposer les scellés sur toutes les portes, même sur les loges des acteurs. On supposait que c'était dans ces loges qu'ils tenaient leurs manuscrits. Il va sans dire que le motif ostensible de cette suppression fut l'intérêt prétendu de la morale publique, et non une offense contre Mme de Maintenon : le motif réel, en pareil cas, est toujours celui que l'on n'avoue point. L'honnête et prudent 'marquis de Dangeau, dans son journal, se borne à dire qu'on les renvoie

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