‹ Le théâtre incompletChapitre 32 sur 74 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

PAQUERETTE, DON ZEPHYR,

puis LE GENERAL, POURAILLE,

puis MARGENCY.

DON' ZÉPHYR, sortant à droite. — • Qui est-ce qui m'a encore chipé mes ciseaux ! c'est dégoûtant à la fin!

Le général, entrant. — Qu'est-ce que tu as ?

Don Zéphyr. — On me chauffe mes ciseaux, on me chauffe mes pains à cacheter, on me chauffe ma colle, il n'y a plus moyen d'écrire dans ces conditions-là.

PoURAILLE, entrant. — Une nouvelle! Margency est dcins nos murs... Il arrive, il arrive!

{On voit -paraître an fond Margency)

PaqueeieTTE. — Et toujours frais! Un ban à Margency !

Margency, allure d'officier en civil. — Bonjour mes enfants !.. Quoi de neuf?

Pâquerette. — La situation se maintient; rien dans la caisse, pas un sou, même étranger.

Don Zéphyr. — Cette fois, c'est la fin. (// sort)

Le général. — Quoi! on ne paraîtra pas demain?

Pouraille. — Dame! j'en ai peur

ON LIT D'AXS LE c FORBAN » 129

Margency. — Allons donc ! un journal ne meurt pas, il se transforme!

Pâquerette. — Ecoutez... Il est venu tantôt une lettre chargée pour le patron... Zéphyr l'a vue...

Margency. — Je connais mon Blavière, il tâchera d'étouffer la galette.

POURAILLE. — Je l'en empêcherai bien, je t'assure.

PAQUERETTE. — Il doit y avoir une belle somme, ça vient du Midi.

Margency. — Je ne sors pas de la boîte avant le retour du facteur.

PoURAiLLE. — Ton voyage s'est bien passé?

Margency, ati milieu du cercle. — A merveille. J'ai été reçu par le corps des officiers; j'étais logé chez le maire... J'ai présidé le concours... une belle cérémonie... On m'a offert un banquet ; le député a été très correct; il a dit : « Quoique radical, je iiouhaite la bienvenue à M. le comte de Mai^ency. Devant l'épée tous sont égaux, il n'y a ni rpture ni noblesse. )>

Le général, étourdiment. — Oh! d'ailleurs, ta noblesse !

M/VRGENCY, s' avançant. — Plaît-il?

Le GÉNÉRAL, intimidé. — Ils prétendent que tu t'appelles Margency tout court.

Pâquerette. — C'est ce qui te trompe. Il s'appelle Leçon te tout court

Margency, vexé. — Vous êtes stu'pides, mes parents étaient bien de Margency.

Pâquerette. — Oui... ils s'appelaient Leconte, virgule, et ils étaient de Margency, en Seine-et- Oise.

Margency. — Dieu merci, j'ai prouvé mes quartiers.

Pâquerette. — Le quartier Saint-Antoine et le quartier du Temple?

Margency, menaçant. — Assez là-dessus. Je n'aime pas qu'on m'échauffe les oreilles, et je sais la manière d'imposer silence au;?^ mauvais plaisants.

Pâquerette, intimidé. — Es-tu chatouilleux? Si on ne peut plus rire à présent !

Margency, lui portant des bottes avec sa canne. — Un petit battez dégagez... tiens, là!... tu m'en diras des nouvelles. C'est avec ça que j'ai tué ce pauvre B^aron,

Le gf!;nÉRAL, ouvrant la fenêtre. — Allô... j'aperçois la voiture de Blavière. {Tous se grou-pent^j

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