SCENE XI
GERARD, M">« MACREUSE, puis JUSTIN.
GÉRARD. — Mademoiselle Mariarme est charmante, c'est la jeune fille la plus accomplie que je sache !...
M°* Macreuse. — Monsieur, vous flattez mon amour-propre de mère !
GÉRARD. — Du tout... madame. Et la mère qui a une pareille fille peut être fière de son œuvre!
M""* Macreuse. — Mon Dieu! monsieur, je ne sais comment répondre. . (A part.) Il est très bien, ce jeune homme!...
GÉRARD. — Permettez-moi de m'enhardir au point de vous adresser une prière-
M" Macreuse. - Comment donc! Monsieur!
r-iîhairdissez-vous !..
GÉRARD. — Madame! j'aime votre fille!-. Voulez-vous m 'accorder sa main?
M"" Macreuse, embarrassée. — Ah!... monsieur, ;<■ suis très ennuyée... il y a déjà quelqu'un!... un candidat. Il faudrait voir M. Macreuse...
Justin, entraiti de droite avec des glaces. — Ah ! ça, c'est trop raide!...
GÉRARD, à fart. — Justin !... Sapristi !...
Justin. — Au lieu de passer les sirops, tu causes avec le monde?
M""" Macreuse, furieuse. — Comment?...
GÉRARD, bas. — Tais-toi donc !...
Justin. — Pardon, madame'.... Cet extra-là n'a pas d'usage?... Il vous mange dans la main!...
M"" Macreuse, sortant jurieuse. — Un extra!... Et il me demande la main de ma fille!... Où est M. Bédolle!... {Elle sort)
GÉRARD. — Perdu !... Je suis perdu !...
Justin. — Comment!... T'y as demandé la main de sa fille?... Eh bien! mon colon, pour un extra, t'as pas la trouille!...
GÉRARD. — Elle m'aime, je te dis qu'elle m'aime!... Elle me Ta presque avoué!...
Justin. — Pas possible!... Tu vas bien... Mon vieux, si j'ai un conseil à te donner, c'est de ne pas moisir ici et de prendre la porte, si tu ne veux pas qu'on te sorte!
GÉRARD. — Non !... Elle est là... Tant qu'elle y sera, je resterai !... Je veux la voir, lui parler... lui dire la vérité.
Justin. — Possible!... Dans ce cas, aide-moi... j'ai laissé du vieux bordeaux à tiédir dans la cuisine... Apporte-le moi, avec des gâteaux et des siphons.