SCENE xin
MARIANNE, GASTON, puis GERARD.
Gaston. — Madame votre mère est une personne :cn sympathique. ^
Marianne. — Oui, monsieur.
Gaston. — C'est la première fois que vous venez hez M. Bédollc?
Marianne. — La première.
Gaston, à fart. — Elle n'a pas beaucoup de conversation... {Haut.) Vous sortez beaucoup?
Marianne. — Beaucoup... pas autant que je re > ou-drais !...
Gaston, tirant un calepin qu'il consulte. — Ah! oui, vraiment ! V'oudriez-vous être assez aimable pour vous lever?
Marianne, se levant. — Voilà... Pourquoi?
Gaston. — Pour savoir... ou-i... la taille est bonne!... Vous pouvez vous asseoir!... Vous êtes blonde... ce n'est pas sérieux !
Marianne. — C'est très sérieux au contraire... je suis vraiment blonde.
Gaston, — Non. Je voulais dire : le blond man-
c de gravité. Pour la carrière!... Vous pi ri// Ho-î ingues étrangères?
Marianne. — Oui... l'espéranto... Mais pourquoi me demandez- vous tout ça?
Gaston. — Mon Dieu... voici...
GÉRARD, entrant de droite avec des verres. — Il n'y a pas... il faut que je rentre dans ce bal !...
Marianne. — Quelqu'un entre!
Gaston. — Le serveur !... Ça ne compte pas.
GÉRARD, à pari dans le buffet. — Elle!... Mais oui!... C'est elle! Avec un monsieur!... Elle flirte!... Mort de ma vie!...
Gaston, qui a essuyé son lorgnon. — Mademoiselle... Nous tournerions longtemps autour du pot... il vaut mieux dire les choses carrément. On vous a prévenue de ce qui m'amène?
GÉRARD, tendant V oreille. — Qu'est-ce qu'il dit?
AIarianne. — Non. Savez-vous danser la crampette? c'est très joli. On vient de me l'apprendre... un monsieur très aimable.
Gaston. — Plus tard... les choses sérieuses d'abord... On voudrait nous marier ensemble.
GÉRARD. — Hein?... Ah! c'est trop fort!...
Gaston. — On a parlé?
Marianne. — Oui, il m'a semblé.
Gaston. — Plus rien ! Je poursuis... Verriez-vous de l'inconvénient à m 'épouser?
GÉRARD. — Oh! Entendre ça!... Et ne pouvoir intervenir. Ruy Blas! comme je te comprends aujourd'hui !
r EXTRA 211
Gaston. — Vous ne répondez pas?
GÉRARD. — Ah ! tant pis !... {Il envoie un co7nfotier de mandarines à la tête de Gaston')
Gaston, vivement. — Oh!... faites donc attention!
GÉRARD. — C'est le compotier qui m'a échappé. {Bas à Marianne?) Marianne!... c'est moi!...
Marianne, à part. — Oh! M. d'Hennequeville!...
Gaston. — Allons! Ramassez ça! et laissez-
nous
GÉRARD, ramassant les fruits. — Voilà! Voilà!...
Gaston, — Où en étais- je? Ah ! oui... je vous demandais une réponse... Vous plais- je?
Marianne. — Mon Dieu, monsieur... je ne pu'S pas me prononcer... tout de suite
Gaston. — C'est fâcheux!... Je repars pour mon poste dans un mois... et je voulais ramener ma femme I...
Gérard. — Ah ! Par exemple !
Gaston. — Je vois dans vos yeux que vous voulez bien! C'est une affaire entendue?...
GÉRARD, tenant un siphon. — Oh !... Damnation ! (// presse la détente et inonde Gaston)
Gaston, — Ah! l'imbécile!... Vous m'avez trempé, espèce d'idiot !
GÉRARD. — Ça m'a échappé! Oh! puis péis tant d'histoires!... Allez vous sécher à la cuisine. On vous repassera!
Gaston. — Insolent !...
GÉRARD. — Comment! Insolent!... Voici ma carte.. Monsieur! (// lui tend le menu.)
Gaston. — Qu'est-ce que j'en ficherais!... Voyezvous cet olibrius !... (// sort?)