SCENE XVIII
POCHARD-VAGISSON, puis MACREUSE
et GASTON.
Macreuse. — Mon bon ami!... on vous croyait disparu...
Pochard-Tagisson. — Mes plus plates excuses ! Une mission que l'on m'avait donnée...
Macreuse. — Nous avons travaillé sans vous... M. Gaston Malétroit, M. Pochard-Vagisson... Monsieur est le jeune homme..
Pochard-Vagisson. — Ah! le consul de quatrième classe?
Gaston, furieux. — De troisième, monsieur!..
Pochard-Vagisson. — A Luœme... un pays bien malsain !...
Gaston. — Comment! on y envoie les malades!
Pochard-Vagisson. — Justement, c'est plein de malades, ça n'est pas sain pour les autres.
Macreuse. — Monsieur demandera son changement.
Pochard-Vagisson. — Je vous en prie., laissezmoi discuter, je suis votre notaire!.. Monsieur ne peut quitter un poste où il s'est fait envoyer f>our raison de santé! 11 n'est pas fort ce garçon-là!
Gaston. — Il aMnmence à m 'ennuyer, votre nota irrî . Il va boite.)
Pochard-Vagisson. ~ Et il boit!... (A Gaston) Alors, monsiçtir, vous acceptez les cent cinquante mille francs de dot...
Gaston. — Trois cents. M. Macreuse m'a dit trois cents...
Pochard-Vagisson. — Pardon,, il vous a trompé.. Il ne peut donner plus !
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Macreuse. — Mais !...
V0U6 discutez !... Brisons là !... Vous êtes un homme
Pochard-Vagisson, à Gaston. — Quoi, monsieur, d'argent !...
Gaston. — Ah mais! Ah mais!...
Pochard-Vagisson. ^- Epousez-vous mademoiselle Marianne pour sa dot?
Gaston. — Sapristi ! Pourquoi voulez- vous donc que je l'épouse?
Pochard-Vagisson. — Bon... vous l'avouez!
Gaston. — J'en ai assez! vous savez!... Si c'est pour ça qu'on m'a invité ! J'avais mieux chez moi !...
Pochard-Vagisson. — Je ne vous reticins pas!..
Macreuse. — Pochard!,.. Voyons!...
Gaston. — Parfait! A cet été sur la glace! (// sort^
Macreuse. — Qu'est-ce vous avez fait?
Pochard-Vagisson. — Le bonheur de votre fille !... J'ai uji autre mari pour elle et un mari qui l'adore!
Macreuse. — Allons donc!
Pochard-Vagisson. — Connaissez-vous le baron Gérard d'Hennequeville, vieille noblesse... deyx cents mille francs de rentes !•..
Macreuse. — Mâtin!... quatre millions!
Pochard-Vagisson. — Plus!
Macreuse. — Sacrédié!... Je ne donne plus de dot!...
Pochard-Vagisson. — Naturellement... II est fou de votre fille ! C'est mieux qu'un Consul L.
?vIacreuse. — C'est un Prêteur ! Quand l'amenez-vous ?
Pochard-Vagisson. — Il est dans cette maisoa^ do moins il y étciit sous le déguisement d'un maître d'hôtel.
Macreuse. — Quoi!... C'est lui!... le garçon qui s'est permis des familiarités!...
Pochard-Vagisson. — C'était lui !... Il est bien, n'est-ce pas?
Macreuse. — Je ne l'ai pas regardé... mais madame Macreuse lui a manqué de respect !...
Pochard-Vagisson. — Ça ne fait rien!... On pardonne tout à une future belle-mère... on lui rendra ça le lendemain des noces! Ecoutez!... Je vais m'in former à la cuisine... Vous, montez la garde devant le buffet... 7/ sorC^