‹ Le théosophismeChapitre 117 sur 163 · CHAPITRE XXI LES TRIBULATIONS DALCYONE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI LES TRIBULATIONS DALCYONE

Dans l'affaire dont nous allons parler maintenant, ce n'est plus Pythagore ou Koot Hoomi qu'il s'agissait de manifester, sans doute à titre de « précurseur », mais bien le Bodhisattwa Maitreya lui-même ; et le jeune homme qu'on élevait à cet effet n'était plus un Anglais, mais un Hindou, Krishnamurti, dont M""^ Besant s'était instituée la tutrice, ainsi que de son frère Nityânanda, qui devait avoir aussi quelque mission accessoire à remplir ; on les désignait habituellement par les pseudonymes astronomiques d'Alcyone et de Mizar. Tous deux accompagnèrent M™^ Besant dans le voyage qu'elle fit à Paris en 191 1, et parurent à ses côtés à la conférence qu'elle donna à la Sorbonne, le i5 juin, sous la présidence de M. Liard. le vice-recteur d'alors (qui, il est bon de le noter, était protestant), et dont le sujet était « le message de Giordano Bruno au monde actuel » ^. Pour comprendre ce titre, il faut savoir que M™^ Besant prétend être la réincarnation de Giordano Bruno, de même qu'elle prétend avoir été précédemment la philosophe Hypathie,

I. Tout dernièrement, la 26 juillet 1921, M'"* Besant, venue à Paris pour présider le Congrès théosophique, a fait de nouveau une conférence dans lo grand amphithéâtre de la Sorbonne; le vice-recteur actuel, M. Appell,>tpai a dû donner cette fois l'autorisation nécessaire à cet effet, et qui figurait d'ailleurs au premier rang de l'assistance, n'est-il pas également protestant ? — Voir à ce sujet un article de M. Eugène Tavernier dans la Libre Parole du aS juillet 192 i.

LES TaimjLAïio?<s d'alcione 2o3

fille du malhénialicien Théon d'Alexandrie ; autrefois, elle donnait à ce sujet une tout autre version, car elle a affirmé expressément, comme M""^ Blavatsky, « qu'elle avait été hindoue dans sa vie antérieure » ^ ; de telles variations sont vraiment bien peu faites pour inspirer confiance, et c'est là encore une contradiction à ajouter à toutes celles que nous avons déjà eu l'occasion de relever jusqu'ici.

A l'époque où il vint à Paris pour la première fois (on devait l'y revoir en mai 191 4), Alcyone était âgé de seize ans ; il avait déjà écrit, ou du moins on avait publié sous son nom, un petit livre intitulé Aux pieds du Maître, pour lequel les ihéosophistes témoignèrent la plus vive admiration, bien que ce ne fût guère qu'un recueil de préceptes moraux sans grande originalité -. M. Gaston Revel terminait un article consacré à ce livre par ces mots significatifs : « Demain, l'Annonciateur sera Dispensateur de nouveaux bienfaits ; puissent-ils être en grand nombre, puissent-ils être multitude, les cœurs qui suivront son Etoile ! » ^. Auparavant, il avait paru un ouvrage des plus bizarres, ayant pour titre Déchirures dans le voile du temps, « par les principaux instructeurs théosophes : M°'^ Annie Besant, M. G, W. Leadbeater, en collaboration avec plusieurs autres personnes » : c'était une sorte de roman, digne de l'histoire des anciennes races humaines, et provenant de la même source, où l'on racontait les trente incarnations successives d'Alcyone, les trente dernières du moins, car on assurait qu'il en avait eu bien d'autres avant celles-là *. En règle générale, on doit naturellement admettre que l'homme ne garde aucun souvenir de ses vies antérieures ; mais il paraît que les

Page 1