‹ Le théosophismeChapitre 123 sur 163 · CHAPITRE XXII L'ANTHROPOSOPHIE DE RUDOLF STEINER · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII L'ANTHROPOSOPHIE DE RUDOLF STEINER

Les théosophistes n'ont vraiment pas eu à se louer de leurs rapports avec les soi-disant Rosicruciens allemands : nous avons parlé précédemment des démêlés de M™® Blavalsky avec le D"^ Franz Hartmann ; nous venons de voir comment, au début deigiSet àpropos de l'affaire Alcyone, le D"" Rudolf Steiner, secrétaire général de la section allemande de la Société Théosophique, se sépara entièrement de M""" Besant ^. Pour se venger, celle-ci, prenant prétexte de ce que Steiner (né en 1861 à Kraljevic, en Hongrie) appartient à une famille catholique (et non juive comme certains l'ont prétendu), l'accusa d'être un Jésuite - ; si cela était vrai, il faudrait reconnaître qu'elle avait mis quelque temps à s'en apercevoir, car Steiner faisait partie de sa Société depuis une quinzaine d'années, et que sa « clairvoyance » ne lui avait guère servi en la circonstance. Cette accusation toute gratuite de « jésuitisme » est presque aussi courante que celle de « magie noire » dans les milieux m néospiritualisles)).et elle ne mérite certes pas qu'on s'y arrête; il y a des occultistes pour qui la crainte des Jésuites ou de leurs émissaires plus ou moins déguisés est devenue une

1. Voir, au sujet de ceconflit, M"" Annie Besant et la Crise de laSociélé Théosophique, par Eugène Lévy.

a. Theosophist, ja.nvieT igiS.

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véritable obsession. D'autre part, certains auteurs, et parmi eux M"® Blavatsky (qui avait peut-être emprunté cette idée à l'écrivain maçonnique J. -M. Ragon), n'ont pas hésité à attribuer aux Jésuites la fondation du grade de Rose-Croix dans la Maçonnerie écossaise ; d'autres prétendent que les Jésuites s'introduisirent au xviii^ siècle dans diverses organisations rosicruciennes et les détournèrent de leur but primitif ; d'autres encore, allant plus loin, veulent identifier les Rose-Croix du xvii^ siècle eux-mêmes avec les Jésuites: autant de fantaisies pseudo-historiques qui ne résistent pas au moindre examen, et que nous ne mentionnons que t our montrer que, sous ce rapport, M°i" Besant n'a rien inventé ; voyant se dresser devant elle un adversaire qui était d'origine catholique et se recommandait d'une école rosicrucienne (d'ailleurs imprécise et peut-être inexistante), elle ne pouvait manquer de le dénoncer comme un Jésuite ^. Quelquesuns ont cru que cette querelle entre Steiner et M™* Besant n'avait été qu'une simple comédie- ; bien qu'il faille toujours se méfier des apparences, isous ne pensons pas qu'il en soit ainsi, et, à notre avis, il y eut là au contraire une scission véritable, qui, outre l'affaire qui en fut l'occasion avouée, et sans parler de la que-stion de rivalité personnelle, peut bien avoir eu aussi quelques motifs politiques ; sans doute, de part et d'autre, on s'est toujours défendu de faire de la politique, mais nous verrons plus loin que la Société Théosophique n'en a pas moins servi fidèlement les intérêts de l'impérialisme britannique, dont ses adhérents allemands étaient sans doute fort peu disposés à faire le jeu, étant allemands avant d'être théosophistes

Nous avons dit que Stèiner donna à sa nouvelle organisation le nom de « Société Anthroposophique » , avec une in-

1. Ajoutons à ce propos que Steiner n'a jamais été prêtre, comme Ta écrit par erreur le P. Giovanni Busnelli {Gregorianum, janvier 1920).

3. Le D' Rudolf Sleiner et la Théosophie actuelle, par Robert Kuentz (articles publics dans le Fea, octobre, novembre et décembre 191 3, et réunis ensuite en une brochure).

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