‹ Le théosophismeChapitre 23 sur 163 · L'Occultisme dans la Nature, p · texte numérisé non relu

L'Occultisme dans la Nature, p

2. P. bli de la traduction française d'Aniaravella (E,-J. Coulomb). — Le traducteur de ce livre (qui a d'ailleurs, comme bien d'autres, fini par quitter la Société Théosophique) n'a rien de commun, si ce n'est le nom, avec les époux Coulomb que M™^ Blavatsky avait connus au Caire, et qu'elle retrouva dans l'Inde comme nous le verrons plus loin.

3. Abrégé de la vie des plus illustres philosophes de l' antiquité, publié en iSaS.

LE Tu£osoi'aisiiE, 4

5o LE THÉOSOPHISME

il est dit que le philosophe Pythagore avait été auparavant le pêcheur Pyrrhus, et qu'il avait passé pour le fils de Mercure, et on ajoute que « le rapprochement est intéressant » ^ ; il doit l'être en effet pour les théosophistes, qui croient fermement que leur c< Maître » Koot Hoomi est la réincarnation de Pythagore.

Les théosophistes regardent les « Adeptes » comme des hommes vivants, mais des hommes qui ont développé en eux des facultés et des pouvoirs qui peuvent paraître surhumains : telle est, par exemple, la possibilité de connaître les pensées d'autrui et de communiquer directement et instantanément, par « télégraphie psychique », avec d'autres « Adeptes » ou avec leurs disciples, en quelque lieu qu'ils se trouvent, et celle de se transporter eux-mêmes, dans leur forme « astrale », non seulement d'une extrémité à l'autre de la terre, mais même sur d'autres planètes. Mais il ne suffit pas de savoir quelle idée les théosophistes se font de leurs « Mahâtmâs », et même ce n'est pas là ce qui importe le plus ; il faudrait encore, et surtout, savoir à quoi tout cela correspond dans la réalité. En effet, quand on a fait la part très large de la fraude et de la supercherie, et nous avons montré qu'il faut la faire, tout n'est pas encore dit sur ces personnages fantastiques, car il est peu d'impostures qui ne reposent pas sur une imitation ou, si l'on préfère, sur une déformation de la réalité, et c'est d'ailleurs le mélange du vrai et du faux qui, lorsqu'il est habilement fait, les rend plus dangereuses et plus difficiles à démasquer. La célèbre mystification de Léo Taxil fournirait à cet égard toute une série d'exemples fort instructifs ; et il y a là un rapprochement qui se présente assez naturellement à la pensée -, parce que, comme Léo Taxil a fini par déclarer qu'il avait tout inventé, M™^ Blavatsky a fait de même,

1. De l'an 23000 avant Jésus-Christ à nos jours, par G. Revel, p. 28A.

2. L'idée en est d'ailleurs venue aussi à d'autres qu'à nous (voir un articlo de M. Eugène Tavernier dans le IS'oavellisle du Nord et du Pas-de-Calais, agjuin igai).

LA. QUESTION DES MAHATMAS 5l

quoique moins publiquement, dans certains moments de colère et de découragement. Non seulement elle a dit dans un de ses derniers ouvrages que l'accusation d'avoir imaginé les « Mahâtmâs » et leurs enseignements, loin de lui porter préjudice, fait un honneur excessifà son intelligence, ce qui est d'ailleurs contestable, et « qu'elle en est presque venue à préférer que l'on ne croie pas aux Maîtres » * ; mais encore, en ce qui concerne les « phénomènes », nous trouvons sous la plume d'Olcott cette déclaration fort nette : « A certains jours, elle se trouvait dans des dispositions telles qu'elle se prenait à nier les pouvoirs mêmes dont elle nous avait donné le plus de preuves soigneusement contrôlées par nous ; elle prétendait alors qu'elle avait mis son public dedans ! » -. Et Olcott se demande à ce propos « si elle n'a pas voulu parfois se moquer de ses propres amis » ; c'est bien possible, mais est-ce lorsqu'elle leur montrait des « phénomènes » qu'elle se moquait d'eux, ou lorsqu'elle les prétendait faux P Quoi qu'il en soit, les négations de ]y|me Blavatsky faillirent bien dépasser le cercle de ses familiers, car elle écrivit un jour ceci à son compatriote Solovioff : « Je dirai et publierai dans le Times et dans tous les journaux que le « Maître » (Morya) et le « Mahatma Koot Hoomi » sont seulement le produit de ma propre imagination, que je les ai inventés, que les phénomènes sont plus ou moins des apparitions spiritualistes, et j'aurai vingt millions de spirites derrière moi » ^. Si cette menace n'avait pas suffi à produire l'effet voulu sur certains milieux qui devaient être visés à travers le destinataire de cette lettre, M™^ Blavatsky n'aurait sans doute pas hésité à la mettre à exécution, et ainsi son équipée aurait fini exactement comme celle de Taxil ; mais celui qui a trompé en afl&rmant la vérité de tout ce qu'il racontait peut bien

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