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Lettre à Solovioff, février

2. Si nous nous en rapportons à certains renseignements qui nous ont été communiqués, mais qu il ne nous a pas été possible de vérifier directement, ce Metamon serait le père d'un autre personnage qui fut quelque temps à la tête du (( cercle extérieur » de la H. B. of L. (société secrète dont nous parlerons plus loin), et qui, depuis lors, a fondé une nouvelle organisation d'un caractère assez différent.

3. C'est là qu'elle connut Dunglas Home, le médium de Napoléon III, dont il sera question plus loin.

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que le « Mahatma » Morya, lui aurait alors fait connaître le rôle qu'il lui destinait. La conséquence de cette rencontre aurait été un voyage dans l'Inde et au Thibet, où M*"^ Blavatsky aurait fait un séjour de trois ans, pendant lequel les « Maîtres » lui auraient enseigné la science occulte et auraient développé ses facultés psychiques . Telle est du moins la version qu'a donnée la comtesse Wachtmeister ^, pour qui ce séjour fut suivi d'un autre stage accompli en Egypte ; il ne peut s'agir ici que du second voyage que M™^ Blavatsky fit dans ce dernier pays, et dont nous parlerons un peu plus loin. D'un autre côté, Sinnett déclare que « M™^ Blavatsky couronna une carrière de trentecinq à quarante années d'études mystiques par une retraite de sept ans dans les solitudes de l'Himalaya » *, et il semble placer cette retraite presque immédiatement avant son départ pour l'Amérique ; or, même s'il en était ainsi, comme M™^ Blavatsky n'avait que quarante-deux ans lors de ce départ, il faudrait conclure qu'elle avait dû commencer ses « études mystiques » dès sa naissance, si ce n'est même un peu avant ! La vérité est que ce voyage au Thibet n'est qu'une pure invention de M™^ Blavatsky, et il faut croire, d'après ce qu'on vient de voir, que les récits qu'elle en fit à difiFérentes personnes étaient loin d'être concordants ; elle en écrivit pourtant une relation, dont M'"^ Besant possède le manuscrit, et, quand on prouva que le voyage n'avait pu avoir lieu à la date indiquée, M"^ Besant prétendit que la relation n'était pas réellement de M""^ Blavatsky, car celleci l'avait écrite sous la dictée d'un « Mahatma » et l'on n'y reconnaissait même pas son écriture; on a d'ailleurs raconté la même chose pour certaines parties de ses ouvrages, et c'est là une façon assez commoded'excuser toutes les contradictions et les incohérences qui s'y rencontrent. Quoi qu'il en soit, il semble bien établi que M™* Blavatsky n'alla

I. Lolus Bleu, 27 juin 1894 ; cf. Réminiscences of H. P. Blavatsky, ch. tiii. a. Le Monde Occalte, p. 45 de la traduction française de F.-K. Gaboriau.

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jamais dans l'Inde avant 1878, et que. jusqu'à cette époque, il ne fut jamais question des « Mahâtmâs » ; la suite en fournira des preuves suffisantes.

Vers i858, M'"'' Blavatskyse décida à retourner en Russie; elle se réconcilia avec son père et demeura auprès de lui jusqu'en 1 863, époque où elle se rendit au Caucase et y rencontra son mari. Un peu plus tard, elle est en Italie, où elle avait vraisemblablement été appelée par un ordre carbonariste ; en 1866, elle est avec Garibaldi, qu'elle accompagne dans ses expéditions ; elle combat à Viterbe, puis à Mentana, où elle est grièvement blessée et laissée pour morte sur le terrain ; elle s'en remet cependant et vient achever sa convalescence à Paris. Là, elle fut quelque temps sous l'influence d'un certain Victor Michal, magnétiseur et spirite ^, dont le nom a été parfois défiguré dans les récits qui se rapportent à cette partie de sa vie '• certains l'ont appelé Martial, d'autres Marchai -, ce qui l'a fait confondre avec un abbé Marchai qui s'occupait aussi d'hypnotisme et de recherches psychiques. Ce Michal, qui était journaliste, appartenait à la Maçonnerie, de même que son ami Rivail, dit Allan Kardec, ancien instituteur devenu directeur du théâtre des Folies-Marigny et fondateur du spiritisme français ; c'est Michal qui développa les facultés médiumniques de M'"" Blavatsky, et, par la suite, il ne parlait jamais sans une sorte d'effroi de la « double personnalité )) qu'elle manifestait dès cette époque, et qui rend assez bien compte des conditions très particulières dans lesquelles elle composa plus tard ses ouvrages. M""^ Blavatsky était alors spirite elle-même, elle le disait du moins, et elle se donnait précisément comme appartenant à l'école d' Allan Kardec, dont elle garda ou reprit par la suite quelques idées, notamment en ce qui concerne la « réincarnation » . Si nous semblons mettre en doute la sincérité

I. Né à Grenoble en i8ai, mort à Paris 'en i88g. 3. Light, de Londres, 28 août 1S97 et 27 mai 1809,

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du spiritisme de M'"^ Blavatsky. malgré ses multiples affirmations de la période antérieure à la fondation de sa Société ^, c'est que, par la suite, elle déclara qu'elle n'avait jamais été « spiritualiste » ^ (on sait que ce mot, dans les pays anglo-saxons, est souvent pris comme synonyme de spirite) ; il est donc permis de se demander à quel moment elle a menti.

Quoi qu'il en soit, ce qu'il y a de certain, c'est que, de 1870 à 1872, M"^® Blavatsky exerça la profession de médium au Caire, où elle avait retrouvé Metamon, et où, de concert avec lui et avec des hôteliers français, les époux Coulomb, dont nous aurons à reparler, elle fonda son premier « club à miracles». Voici en quels termes cette fondation fut annoncée alors par un organe spirite : « Une société de spiritualistes a été formée au Caire (Egypte) sous la direction de M"^'' Blavatsky, une Russe, assistée de plusieurs médiums. Les séances ont lieu deux fois par semaine, le mardi et le vendredi soir, et les membres seuls y sont admis. On se propose d'établir, conjointement avec la société, un cabinet de lecture et une bibliothèque d'ouvrages spiritualistes et autres, de même qu'un journal qui aura pour titre La Revue Spiritualiste du Caire, et qui paraîtra les i^*" et i5 de chaque mois » ^. Cependant, cette entreprise ne réussit pas, car, au bout de peu de temps, M.'"" Blavatsky fut convaincue de fraude, comme, un peu plus tard, elle devait l'être encore à plusieurs reprises en Amérique, où elle se remit à exercer le même métier *. Ce cas est fort loin d'être rare parmi les médiums professionnels ;

1. Notamment dans ses lettres à A. N. ÂksakoQ (1874-1876), qui furent publiées par Solovioff.

a. Light, 19 février 1881, 11 octobre et 11 novembre i884.

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