I. A modem priesless of Isls, p
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Si SoIovioËF avait signé comme bien d'autres, il y eut pourtant quelques exceptions ; en effet, voici ce que le D"" Charles Richet écrivit à Solovioff le 12 mars 1898 : ((. J'ai connu M™' Blavatsky à Paris, en i884, par l'entremise de M""^ de Barrau... Lorsque je vous ai vu, vous m'avez dit : « Réservez votre jugement, elle m'a montré des choses qui me paraissent très étonnantes, mon opinion n'est pas faite encore, mais je crois bien que c'est une femme extraordinaire, douée de propriétés exceptionnelles. Attendez, et je vous donnerai de pins amples explications. » J'ai attendu, et vos explications ont été assez conformes à ce que je supposais tout d'abord, à savoir que c'était sans doute une mystificatrice, très intelligente assurément, mais dont la bonne foiétaitdouteuse. Alors sont arrivéesles discussions que la Société anglaise des recherches psychiques a publiées, et le doute n'a plus été possible. Cette histoire me paraît fort simple. Elle était habile, adroite, faisait des jongleries ingénieuses, et elle nous a, au premier abord, tous déroutés. Mais je mets au défi qu'on cite une ligne de moi, imprimée ou manuscrite, qui témoigne d'autre chose que d'un doute immense et d'une réserve prudente. A vrai dire, je n'ai jamais cru sérieusement à son pouvoir, car, en fait d'expériences, la seule vraie constatation que je puisse admettre, elle ne m'a jamais rien montré de démonstratif» *. Il eût été bien souhaitable que le D"" Richet continuât toujours à faire preuve d'autant de prudence et de perspicacité qu'à cette époque ; mais lui aussi devait en arriver plus tard à signer des procès-verbaux de phénomènes médiumniques qui valaient bien ceux de M'"® Blavatsky, et de « matérialisations » de tout point comparables à celles de John King et aux « Mahiàtmâs en mousseline » de Babula.
I. Il paraît cependant, au dire de M™« Blavatsky, cyie Solovioff et M™e de Barrau avaient décidé le D"" Richet, alors directeur de la Revue Scienlijigue, a. adhérer à la Société Théosophique (Le Lotus, juin 1887, p. i()!>) ; lorsqu'il eut ensuite pris parti contre M™^ Blavatsky, celle-ci le traita de « sorcier inconscient »(ic/., octobre-novembre 1888, p. 38g).
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Les informations de Soloviofif, confirmant le rapport d'Hodgson, provoquèrent la démission de M""^ de Morsier, de M. Jules Baissac et des autres membres les plus sérieux de la branche' parisienne Isis, qui avait été organisée en 1884 sous la présidence d'un ancien membre delà Commune, Louis Dramard, ami intime de Benoît Malon et son collaborateur à la Revue Socialiste * ; aussi cette branche ne tardât-elle pas à être obligée de se dissoudre, et Dramard attribua ce résultat aux menées des « cléricaux » -. Un peu plus tard, une autre branche fut constituée pour remplacer Ylsis par Arthur Arnould ^, ancien « communard » lui aussi (de même encore qu'Edmond Bailly, l'éditeur des publications théosophistes), et reçut le titre distinctif d'Hermès ; elle compta d'abord parmi ses membres le D"" Gérard Encausse (Papus), qui en était le secrétaire, et plusieurs occultistes de son école ^. Mais, en 1890, à la suite d'un différend dont les causes n'ont jamais été complètement éclaircies, Papus et ses partisans démissionnèrent ou furent expulsés ; Papus lui-même prétendit ensuite que, alors qu'il avait déjà donné sa démission, il avait appris des faits particulièrement graves qui l'auraient déterminé à demander son expulsion ^. Quoi qu'il en soit, cette affaire provoqua encore la dissolution de V Hermès, qui fut décidée le 8 septembre 1890, et une autre réorganisation eut lieu presque aussitôt ; la nouvelle branche, appelée Le Lotus, fut aussi présidée par Arthur
I. La Revue Socialisle fut spécialement recommandée aux théosophistes dans le Lucifer, i5 mai 1888, p. 229.
3. Lollro du 8 mars 188G, publiée dans le Lolus Bleu du 7 septembre i8go ■ C'est ce même Dramard qui écrivait dans une autre lettre : « Rien de bien ne peut nous venir du Christianisme, quelque déguisé qu'il puisse être » (Z.e Lotus, janvier 1889, p. 633).
3. Arthur Arnould avait pris, nous ne savons pour quelle raison, le pseudonyme de Jean Matthéus ; c'était le nom d'un négociant de Rouen, qui avait été nommé, en 178C, Grand^Iaître Provincial de I'm Ordre Royal d'Ecosse » pour la France.
/( Papus et quelques autres avaient déjà précédemment quitte Vlsis {Le Lolus, juillet 1888). mais non la Société Théosophique.
b. Le Voile d' Isis, ii et 18 février 1891.
Arnould, « sous la haute direction de M"^^ Blavalsky », et elle devait à sou tour, en 1892, être transformée en « Loge Ananta ». Par la suite, les théosophistes accusèrent à maintes reprises les occultistes français de « faire de la magie noire» ; leurs adversaires ripostèrent en leur reprochant leur « orgueil » et leur « ivresse mentale ». Du reste, les querelles de ce genre sont loin d'être rares entre les différentes écoles que l'on peut appeler « néo-spiritualistes », et elles sont presque toujours d'une violence et d'une âpreté inouïes ; comme nous le faisions déjà remarquer précédemment, tous ces gens qui prêchent la « fraternité universelle » feraient bien de commencer par faire preuve de sentiments un peu plus « fraternels » dans les rapports qu'ils ont entre eux ^ .
Pour ce qui est spécialement de l'accusation de « magie noire », elle est celle que les théosophistes portent le plus habituellement, et à peu près indistinctement, contre tous ceux qu'ils regardent comme leurs ennemis ou leurs concurrents ; nous avons déjà vu cette accusation formulée contre les membres de !'« Ordre de la Rosée et de la Lumière », et nous en trouverons encore un autre cas plus loin, cette fois dans une dispute entre théosophistes. D'ailleurs, M'"^ Blavatsky elle même fut la première à donner l'exemple d'une semblable attitude, car, dans ses ouvrages, elle fait de fréquentes allusions aux « magiciens noirs », qu'elle appelle aussi Dougpas et « Frères de l'Ombre », et qu'elle oppose aux « Adeptes » de la h Grande Loge Blanche ». En réalité, les Dougpas sont, au Thibet, les Lamas rouges, c'est-à-dire les Lamas du rite primitif, antérieur à la réforme de Tsongkhapa ; les Lamas jaunes, ceux du rite réformé, sont appelés Gelougpas, et il n'y a d'ailleurs aucun antagonisme entre les uns et les autres. On peut se demander pourquoi M'"^ Blavatsky avait voué aux Dougpas une telle haine ; peut-être
I. Voir Traité méthodique de Science Occulte, par Papus, pp. 997-998, 102 1- 1023 et 1061,
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est-ce tout simplement qu'elle avait échoué dans quelque tentative pour entrer en relations avec eux, et qu'elle en avait ressenti un profond dépit ; c'est du moins, sans que nous puissions rien affirmer d'une façon absolue, l'explication qui nous paraît la plus vraisemblable, et d'ailleurs la plus conforme au caractère colère et vindicatif que ses meilleurs amisn'ont pu s'empêcher de reconnaître à la fondatrice de la Société Théosophique.